Littoral Atlantique : pourquoi la mortalité des jeunes huîtres se développe-t-elle ?

Les huîtres creuses sont plus touchées que les autres / © Fred Dufour / AFP
Les huîtres creuses sont plus touchées que les autres / © Fred Dufour / AFP

C'est en reproduisant, en laboratoire, le processus de contamination des huîtres juvéniles que les chercheurs d'Ifremer commencent à comprendre leur mortalité précoce. Une mortalité que l'on continue d'observer en Loire-Atlantique. Mais en  baie de Bourgneuf on est rassurant. 

Par Evelyne Jousset

Depuis 2008, un virus et une prolifération de bactéries entraînent la mortalité des jeunes huîtres. L'herpesvirus OsHV-1, c'est son nom, s'introduit dans l'huître juvénile. Il va alors se multiplier très rapidement et toucher les cellules immunitaires de l'huître, la flore bactérienne, le microbiote est déstabilisé et des bactéries vont proliférer dans l'animal.  

Il suffit de 48h pour que ces bactéries envahissent l'huître et la tue. Les chercheurs ont découvert comment certaines familles d'huîtres pouvaient résister, car issues de parents ayant déjà survécu au virus. Mais cela ne signifie pas que les huîtres sensibles, victimes du virus, ne luttent pas.

Elles le font malheureusement après que le virus se soit développé et c'est trop tard. Elles ne se "vaccineront" pas naturellement. Ce qui est passionnant de constater, c'est qu'à l'image des humains, les huîtres résistantes ayant survécu en réduisant la force du virus le feront disparaître. Et survivront.   

C'est la variabilité climatique qui permet au virus de proliférer. Et au vu des changements climatiques on peut craindre que cette mortalité se développe encore plus dans les années à venir. Depuis 10 ans les huîtres creuses ont été les plus touchées. 

En baie de Bourgneuf  pas d'inquiétude
Du soleil, pas trop de vent, c'est le temps idéal pour les ostréiculteurs de la baie de Bourgneuf. En ce moment ils calibrent les huîtres qui sont remises dans les parcs 
pour qu'elles durcissent et soient fermées pour Noël. Ici, pas de danger de pénurie, rassure la profession, malgré un été ravageur dû à une eau dont la température a avoisiné les 30 degrés.  

► reportage Vincent Calcagni 
 



 
 

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