Cancers pédiatriques : à Port-Saint-Père (Loire-Atlantique), une journée pour récolter des fonds et aider la recherche

Toujours mobilisés, les parents et familles regroupés au sein de l'association "Stop aux cancers de nos enfants" organise ce vendredi un concours de pétanque. Objectif : récolter des fonds pour aider la recherche.

Ils ne désarment pas les membres du collectif Stop aux cancers de nos enfants. Hors de question pour eux de baisser les bras. Et s'ils vivent un calvaire depuis des années, ils ont décidé de lutter avec le sourire et avec, pour une fois, un peu de légéreté. Alors ils ont organisé un tournoi de pétanque. Une journée pour sensibiliser le public, mais pas seulement. L'événement doit aussi permettre de récolter des fonds pour aider la recherche.

"Le mois de septembre est un mois de sensibilisation aux cancers de l'enfant. Il etait donc évident pour nous de se mobiliser. Autour de Saint-Pazanne 25 enfants ont déclaré un cancer depuis 2015. Aucune recherche n'a pu être faite pour trouver ce qui est train de se passer, alors que 7 enfants sont morts", explique Marie Thiébaut, co-fondatrice du collectif Stop aux cancers de nos enfants et mère d'un enfant atteint d'une leucémie.

Depuis 2015, 25 cas de cancers pédiatriques récencés et 7 décès

C'est à l'auberge du pays de Retz que la manifestation est organisée. Le concours regroupe 42 équipes de trois personnes, avec dress code obligatoire, chapeaux et tee shirts blancs. Le prix de la participation est de 150 euros. Et ils sont nombreux à a voir répondu présents, famille, chefs d'entreprises, sportifs, notamment les basketteurs de l'Hermine de Nantes, politiques également. Il faut dire que les chiffres parlent d'eux même. Dans la région de Saint-Pazanne depuis 2015, 25 cas de cas de cancers pédiatriques ont été recensés. 7 enfants en sont morts.

"Cette journée doit nous permettre de discuter, d'échanger, beaucoup d'élus seront présents. Et puis aussi de parler. Plus on en parle, plus on aura de soutiens, plus on aura de soutiens, plus on aura de chances de faire avancer les choses", ajoute Marie Thiébaut.

Les élus doivent se mobiliser tous ensemble. Certains nous suivent mais cela ne suffit pas. Il faut une mobilisation de masse pour dire stop. Ça ne peut pas continuer comme ça! Pour que ça s'arrête il faut chercher les causes des cancers de ces enfants.

"Nous sommes à l'âge de pierre sur la prévention"

"Nous sommes à l'âge de pierre sur la prévention" des cancers des enfants, avait déploré la députée Sandrine Josso, qui sera présente ce vendredi, dans une tribune publié cet été par Le Monde.

Engagée contre les cancers pédiatriques, la députée (MoDem) Sandrine Josso a signé le 3 août dernier une tribune dans Le Monde à propos des enfants décédés de cancers depuis 2015 à Saint-Pazanne, près de Nantes. L'élue de Loire-Atlantique exigeait à cette occasion de la part de l'État davantage de prévention de ces pathologies.

"La démission des responsables publics doit nous interroger," avait tonné la députée. 

"C'est silencieux et invisible, et ça nous tombe dessus sans prévenir." En quelques mots, Sandrine Josso avait résumé sa rencontre avec le cancer pédiatrique qu'on a diagnostiqué en 2012 à sa fille, qui y a survécu. 

Sept familles ont donc vécu cette expérience dramatique depuis 2015 aux alentours de Saint-Pazanne (Loire-Atlantique), en perdant un jeune enfant d'un cancer. La dernière est une fille de 11 ans, décédée à Villeneuve-en-Retz le 8 juillet 2021. "Nos enfants meurent et nous regardons ailleurs," avait alors déclaré Sandrine Josso en titre de sa tribune.

Résoudre le problème à sa racine

Comment ce cluster de cancers a-t-il été favorisé ? Par des polluants issus de l'industrie locale ? Des épandages agricoles chimiques ? "Tout est à identifier, nous n'avons pas de politique pour se renseigner là-dessusEn France, nous sommes très bons dans le curatif. Mais il faut trouver une solution à la racine, prévenir ces maladies. Sur cette question, nous sommes à l'âge de pierre. Nous ferions tellement d'économies !" regrettait Sandrine Josso.

En novembre 2020, Santé Publique France, saisie par l’Agence Régionale de Santé des Pays de la Loire avait conclu à l’absence de clusters de cancers d’enfants dans le Pays de Retz.

Le collectif Stop cancer attend toujours les résultats des analyses effectuées sur l’eau au début de l’été. Des prélèvements ont été effectués sur des nappes, des puits, des mares. ""Il faut faire des analyses, il faut croiser les données. On a des scientifiques et des chercheurs partout en France, on a des laboratoires. Nous réalisons des analyses mais le collectif ne peut pas tout faire seul. Il faut de l'institutionnel. Il faut que l'Etat s'engage réellement", conclut Marie Thièbaut.

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