A Grandchamp-des-Fontaines, près de Nantes, une entreprise va passer des 35h à 32h sans perte de salaire

Le patron de l'entreprise lyonnaise LDLC, spécialisée dans la fabrication et la distribution de matériel informatique, propose à ses salariés de réduire leur temps de travail de 35 à 32h par semaine en 2021, sans perte de salaire. Une centaine de salariés sont concernés à Grandchamp-des-Fontaines.
LDLC est une société dont le siège est à Lyon mais qui possède plusieurs sites dont un en Loire-Atlantique. Celui-ci emploie 130 personnes et une trentaine d'intérimaires.

LDLC fabrique chaque année 20 000 ordinateurs et envoie chaque semaine 10 000 à 24 000 colis de composants informatiques depuis ses entrepôts de Grandchamp-des-Fontaines. Les semaines les plus chargées étant celles qui précèdent Noël ou lors du Black Friday.
 

"Un salarié plus heureux au travail sera plus efficace"

En 2019, son patron, Laurent de la Clergerie, son fondateur, lit un article relatant une tentative de réduction du temps de travail réalisée par Microsoft au Japon. Tentative qui a semble-t-il fonctionné un mois mais qui n'a pas été prolongée. Microsoft aurait néanmoins constaté une amélioration de l'efficacité au travail.

"Est-ce que ce modèle-là peut marcher chez nous ? s'est demandé Laurent de la Clergerie. Ça ne peut faire que du bien, ça enlève du stress aux salariés. Je suis convaincu qu'un salarié plus heureux au travail avec moins de stress sera plus efficace."

Pour les postes qui ne peuvent pas accélérer la cadence, des embauches sont prévues, une dizaine sur ce site de Granchamp-des-Fontaines.

L'annonce a été faite aux salariés mais cette nouvelle organisation du temps de travail ne sera mise en place qu'en janvier 2021, après négociation avec les syndicats sur les évolutions à apporter.
 

"Un défi, ça se relève ! "

"C'est une belle surprise, reconnaît Jétémy Gautron, l'un des salariés de LDLC à Grandchamp-des-Fontaines. Pouvoir bénéficier d'une journée dans sa semaine tout en gardant le même salaire à la fin du mois, c'est un plus. On ne sait pas encore comment on va s'adapter sur les différents postes. Il faudra trouver des méthodes pour être plus efficaces dans le travail, peut-être plus concentrés, plus méthodiques, ça permettra de faire la même chose en 32 heures qu'en 35. Ça dépend de la bonne volonté de chacun. Un défi, ça se relève ! "
"C'est une super nouvelle, se réjouit également Élodie Callet, salariée aussi de cette usine. J'ai des enfants, ça va me permettre d'avoir du temps pour eux, moins de frais de route, moins de frais de garde. Ça donne envie de se donner encore plus pour la boîte."

Produire plus et mieux en moins de temps permettra, certes, de réduire la semaine de travail mais cela ne risque-t-il pas de densifier la journée et de la rendre plus stressante ?

Les représentants du personnel ne semblent pas s'en inquiéter.

"C'est vraiment des interrogations qui ne sont pas des inquiétudes, estime Thomas Vivier, représentant du personnel CFDT. Parce qu'on sait très bien qu'à chaque changement ça se passe bien. Ça s'est toujours bien passé et il n'y a pas de raison que ça ne soit pas le cas cette fois-ci."
 

"Un sourire au téléphone, ça vend !"

Mais cela aura un coût estimé à un million d'euros. Néanmoins, la direction espère booster les ventes.

"Le salarié qui aura un client au téléphone aura un sourire au téléphone assure Laurent de la Clergerie. On sait tous que ça s'entend et que ça vend".

La direction n'envisage pas de faire machine arrière.


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