Insolite : Loire-Atlantique, le wallaby aperçu en forêt du Gâvre court toujours

C'est un automobiliste qui venait de déposer son enfant à l'école et passait par la forêt du Gâvre qui a aperçu l'animal le 29 mai sur la route, avant qu'il ne disparaisse en sous-bois dans la forêt du Gâvre. Depuis plus aucune trace du wallaby.

Le marsupial a surgi sur la route forestière devant l'automobiliste, s'est mis sur le côté puis est à nouveau entré en forêt
Le marsupial a surgi sur la route forestière devant l'automobiliste, s'est mis sur le côté puis est à nouveau entré en forêt © Fabrice Texier - tous droits réservés -
Depuis deux jours, date de son apparition, le Wallaby est devenu la star des réseaux sociaux. Sur Facebook, Twitter, You tube, il engrange des milliers de clics. Mais s'il fait virtuellemnt le buzz, sur le terrain personne n'a plus revu ne serait que le bout d'une oreille du marsupial.

"Les promeneurs nous demandent si nous sommes là pour le Walliby et si nous l'avons vu. Je leur explique que non. Ce serait un coup de chance extraordinaire dans une forêt aussi grande que celle là de l'apercevoir. Il est d'ailleurs possible qu'il ne soit plus là actuellement", explique Guislaine Archevêque, Directrice de l'agence régionale des Pays de la Loire de l'ONF.
Depuis deux jours, plus aucune trace du Wallaby, aperçu dans la forêt du Gâvre.
Depuis deux jours, plus aucune trace du Wallaby, aperçu dans la forêt du Gâvre. © Vincent Raynal_France Télévisions

 
Guislaine profite aussi de l'attention des curieux pour leur rappeler qu'il est en ce moment "impératif de rester sur les sentiers balisés et de tenir son chien en laisse pour éviter d'effrayer la faune locale, particulièrement sensible en ce moment. Il y a plein de petits partout", précise Guislaine Archevêque.

Ce n'est pas notre rôle d'essayer de le retrouver. D'autant que l'animal peut parcourir de sacrées distances chaque jour. Et puis ce n'est pas un élément perturbateur, il peut juste surprendre quelques chevreuils", ajoute Mickaël Ricordel, chef de projet environnemental à l'ONF des Pays de la Loire.


Une photo et une vidéo pour prouver qu'il n'a pas halluciné


Il était 8h15, ce vendredi 29 mai, lorsque cet automobiliste venait de déposer son enfant à l'école et passait par la forêt du Gâvre. L'animal est apparu sur la route puis s'est mis sur le bas côté, avant de repartir en sous-bois. Le papa a eu le réflexe photo et video pour prouver à ses enfants qu'il n'avait pas rêvé.

La forêt du Gâvre a plusieurs centaines d'années, elle a connu les chevaliers, les Ducs de Bretagne, les loups, mais elle n'avait sans doute encore jamais accueilli ce genre de mammifère se déplaçant sur deux pattes.

Ce marsupial, appartenant vraisemblablement à la famille des wallabies (wallaby au singulier), est apparu sur une route de la forêt du Gâvre ce 29 mai au matin.

Il était entre 8h15 et 8h30 lorsque cet habitant de Marsac/Don, de retour de l'école où il avait déposé son enfant, emprunte la route qui traverse la forêt du Gâvre, en direction du nord.

A l'approche du carrefour de Néricou qui se trouve à l'intersection de la route de Vay-Le Coudray et de celle de Blain-Conquereuil, l'automobiliste qui roulait, heureusement, à faible allure, a vu la silhouette d'un animal droit devant lui.

Devant le caractère insolite et improbable de ce qu'il voyait, il a décidé d'immortaliser la scène afin de prouver à tous qu'il n'était sujet à aucune hallucination.

L'animal était tout sauf en panique, même la voiture ne l'a pas fait vraiment fuir, il s'est posé sur le bas-côté herbé de la route, puis a rejoint le sous-bois pour être plus tranquille. Mais sans marquer le moindre effraiement.
Un wallaby en forêt du Gâvre ©FT
 

Qu'allait-il faire dans cette forêt ?

La question taraude aussi bien l'automobiliste, auteur de la photo et de la vidéo, mais aussi tous ceux qui ont écho de cette rencontre.

Le comportement de l'animal a tendance à montrer que la proximité de l'homme ne lui fait pas peur et qu'il n'a rien craindre de celui-ci.

Cette absence de crainte soulève néanmoins plusieurs hypothèses. Soit le marsupial s'est échappé d'un parc animalier, mais les plus proches sont quand même à une certaine distance. Soit, il appartient à un particulier et lui a faussé compagnie.

En tout état de cause, il trouve en forêt un décor parfait de camouflage. Sans mouvement, il est difficile de le repérer. Seul, le bruit de ses pas sur les feuilles sèches le trahit. Sinon, c'est un parfait et inoffensif Rambo à poche ventrale.

L'apparition a été signalée à l'Office National des Forêts afin de solliciter la vigilance des techniciens forestiers.
 

Que faire si on le voit ?

Surtout ne jamais toucher un animal sans connaître son caractère, son origine, son comportement. Il peut avoir une réaction de défense, être porteur de maladie, de parasites (tiques) ou être blessé. 

Il est recommandé en pareil cas de signaler le lieu et l'heure à la mairie la plus proche ou la gendarmerie qui dépêcheront les moyens humains adaptés (vétérinaire, équipe animalière des pompiers, parc animalier, etc.).


Des précédents ?


En 2017, un wallaby   avait été découvert mort le long de la route bleue à Pornic. Aussitôt, Planète Sauvage à Port Saint Père avait fait savoir que l'animal ne venait pas du Safari Parc.
Venait-il de chez un particulier ou un professionnel? Car on peut en posséder sur autorisation mais le wallaby doit être équipé d'une puce. Mais ce n'était pas le cas pour ce marsupial trouvé mort près de Pornic.

En tout cas, ce mammifière venu d'Australie s'est parfaitement habitué à nos régions et notre climat. On le rencontre en nombre et en liberté, par exemple, au Parc de Branféré, à 1h en voiture de la forêt du Gâvre.
Digérant la cellulose, comme les ruminants, il se nourrit d'herbes, feuilles de buissons, racines, écorces, bourgeons et fruits. Autant dire que la forêt du Gâvre est en mesure de lui assurer le gîte et le couvert pour toute la belle saison.

Mais, seul, il ne pourra se reproduire et essaimer sa descendance parmil les chênes et les hêtres, ce qui n'est pas vraiment regrettable, les introductions d'animaux non endogènes est souvent plus néfaste qu'autre chose car elles bousculent l'équilibre installé et perturbent la biodiversité locale.

Rencontres insolites en forêt

Mickaël Ricordel, chargé de projet Environnement à l'Office National des Forêts des Pays de la Loire, a été informé de ce signalement. Présent en forêt du Gâvre, il s'est rendu sur place pour tenter de voir si l'animal était encore visible dans le secteur.

Interrogé sur d'éventuels précédents, le technicien évoque quelques souvenirs forestiers : ''Dans les années 2006/2008, en forêt de Sillé le Guillaume, dans la Sarthe, un groupe de génisses s'était échappé de la ferme.
Elles n'ont été récupérées qu'au bout de 3 mois ! Elles étaient devenues vraiment sauvages, impossible de les attraper comme ça, il a fallu faire appel à des flèches hypodermiques.

Et dans les années 90, il y avait eu aussi un kangourou dans cette même forêt. Il s'était échappé d'un cirque. Il a parfois été aussi question de daims ou de cerfs Sika ayant eu raison des clôtures sensées les garder en lieux clos, et parvenus grâce à leur vitesse ou leur détente.

 
© Parc de Clères

 

Un wallaby à la maison, c'est possible


En tout cas, cela semble possible, puisque par exemple, il est possible d'acheter un kangourou en ligne ! Le couple de kangourous de Benett est proposé à 1 430 euros. Il faut cependant remplir une demande d'autorisation préalable de détention d'animaux après de la préfecture, à la Direction Départementale de la protection des Populations.

Et surtout avoir une réelle motivation et une infrastructure conséquence pour accueillir de tels animaux, et les conserver.

• Le reportage de notre rédaction à la recherche du kangourou perdu


 
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