Loire-Atlantique : les chasseurs ne veulent plus payer pour les dégâts des sangliers dans les exploitations

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Ce mardi se tient à Paris une Assemblée générale entre la fédération de chasse et les ministres de l'Agriculture et de l'Ecologie. En question, le coût des dégâts causés par les sangliers que les chasseurs ne veulent plus assumer. 

Par Evelyne Jousset

Les sangliers prolifèrent dans les campagnes, faute de prédateurs, causant des dégâts de plus en plus importants. Ce phénomène est général en Europe. Mais, rien qu'en France, 36 000 sangliers étaient tués au début des années 1970, en 2017 il y en avait 750 000.  

Comment expliquer cette prolifération ? 

Les hivers sont de plus en plus doux, la nourriture est abondante dans les campagnes (glands, maïs, châtaignes, faines) entraînant une baisse de la mortalité des petits. Leurs prédateurs naturels ont été éliminés et ils s'adaptent aux zones péri-urbaines. 
 

Qui doit payer ? 

Au lendemain de la guerre, on a régulé la chasse de cet animal, pour sa  préservation voire son développement. On interdisait de tuer les adultes reproducteurs, en particulier les laies, et en relâchant des sangliers dans la nature ou en les nourrissant. Conséquence : une augmentation des dégâts agricoles, en particulier sur le maïs, le blé tendre et les prairies.

Ce sont les chasseurs qui sont chargés d'indemniser les agriculteurs. Pour la saison de chasse 2016-17, ils ont ainsi payé 37 millions d'euros au titre de l'indemnisation "grand gibier", dont le sanglier est le principal responsable. En ajoutant les coûts d'estimations des dégâts, des gestions de dossier et d'actions de prévention, la facture grimperait à 60 millions, selon un rapport parlementaire.

Il existait un pot commun national pour ces indemnisations. Mais il vient d'être supprimé par le gouvernement au profit d'un système de dédommagements au niveau local, dans l'idée de responsabiliser davantage les fédérations de chasse départementales.
 

En Loire-Atlantique 

Ici aussi, faute de prédateurs naturels, la population des sangliers explose. Mais 40% du territoire est interdit à la chasse, en particulier les réserves naturelles devenues, selon les chasseurs, des sanctuaires pour les sangliers.

 Ils ne veulent, donc, plus payer pour les dégats de ces animaux. Ils avancent le chiffre de 700 000 euros, réglés récemment. Un chiffre qui double chaque année, explique Dany Rose, Président Fédération des chasseurs de Loire-Atlantique. Sébastien Relever, chargé de mission scientifique dans la réserve nationale de Grand-Lieu est plus nuancé: 

Les chasseurs sont, en partie, responsables de cette situation. Ils ont élévé et laché des sangliers pendant longtemps (pour les chasser) et c'est une situation qui leur échappe aujourd'hui

 

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