Loire-Atlantique : les crèmes solaires polluent abondamment l'océan

© Jonathan Konitz / Maxppp
© Jonathan Konitz / Maxppp

De nombreux chercheurs dénoncent l’impact des résidus de crème solaires laissés dans l’eau après la baignade. Cela met en danger les coraux et les crustacés. De la plage de La Baule aux laboratoires nantais, on tente de trouver des solutions. 

Par Pauline Thurier avec Boris Vioche

Protéger sa peau ou l’environnement : faut-il choisir ? La crème solaire, un incontournable de l’été, pollue massivement les océans. Selon le magazine National Geographic, 14 000 tonnes de cosmétiques solaires se déversent chaque année dans la mer en période estivale.

Les premières victimes de la pollution créée par les protections des rayons UV sont les coraux, dont le rôle est essentiel pour l’équilibre de la faune et la flore marine. D’après WWF, ils abritent 25% de la vie marine. Pourtant, certaines molécules présentent dans les crèmes solaires - notamment l’oxybenzone, le dioxyde de zinc et l’oxyde de titane - les mettent en danger. Louise Naïma Laing, biologiste aux îles Fidji précise : “les coraux deviennent stériles et les larves exposées à ces ingrédients de crèmes solaires chimiques peuvent mourir de déformation”. En outre, en blanchissant les coraux, ces molécules peuvent les faire mourir.

Présence de résidus dans les crustacés

Ces substances nocives sont également retrouvées dans les moules, les huîtres, les crevettes et mêmes des espèces plus grosses comme les dauphins, d’après Yann Aminot, chercheur au laboratoire IFREMER de Nantes. Lorsque l’on mange ensuite les crustacés, il est donc possible d’ingurgiter des résidus de crème solaires, qualifiés de perturbateurs endocriniens par Jean-Pascal Quod, président de Reef Check France, une ONG pour la conservation des écosystèmes marins.
 
Brune Poirson, secrétaire d’Etat à la Transition écologique, a décidé de saisir l’agence sanitaire française pour qu’elle fasse une étude détaillée de la question. Pour remédier à cette pollution des océans, les spécialistes souhaitent que l’Etat interdise ces composants pour qu’ils soient remplacés par des filtres UV moins néfastes pour l’environnement. Au laboratoire de sciences pharmaceutiques et biologiques de Nantes, on réfléchit notamment à créer des protections plus résistantes à l’eau pour limiter l’impact. Le gouvernement pourrait également décider, à l’instar d’Hawaï et des îles Palaos, de bannir complètement les crèmes solaires comportant les molécules dangereuses pour la faune et la flore marine.

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