Loire-Atlantique : les aides-soignants à domicile, les oubliés du Ségur de la santé

Si leurs homologues des établissements hospitaliers et des Ehpad ont bénéficié d’une revalorisation salariale dans le cadre du Ségur de la santé, les professionnels de santé à domicile attendent toujours que leur rémunération soit revue à la hausse. Ils sont pourtant un maillon essentiel.

Manifestation d'aides-soignantes à Nantes, le 13 octobre 2020
Manifestation d'aides-soignantes à Nantes, le 13 octobre 2020 © Pauline Blanc / France Télévisions

Sur le territoire d’Ancenis, au nord de la Loire-Atlantique, elles sont trente aides-soignantes à intervenir quotidiennement au domicile d’une centaine de patients, principalement des personnes âgées en perte d’autonomie.

"Au même titre que les aides-soignantes à l’hôpital, nous assurons les soins de nursing, le lever et le coucher, les aides au transfert et la surveillance de l’état de santé général", explique Isabelle Hannesse, aide-soignante au Service de Soins Infirmier à Domicile (SSIAD Assiel) à Ancenis. "Nous dispensons des soins infirmiers exclusivement sur prescription médicale, nous se sommes pas des aides à domicile", précise-elle.

"Depuis un an, nous n’avons eu aucune revalorisation salariale", dénonce l’aide-soignante. Une situation d’autant plus injuste que le dispositif du Ségur de la santé a revalorisé par une prime de 183 euros les salaires des infirmiers et des aides-soignants travaillant en hôpitaux, en cliniques ou en Ehpad.

Pendant le confinement, nous étions sur le terrain, nous étions confrontés aux mêmes difficultés que nos collègues

Les faibles salaires, un frein au recrutement

"Le maintien à domicile est pourtant une préconisation de l’Etat, mais aujourd’hui, il n’y a plus d’aides-soignantes prêtes à travailler à domicile, du fait des différences salariales énormes. Les jeunes diplômés préfèrent aller travailler dans le secteur hospitalier ou dans les Ehpad où ils gagnent 200 euros de plus", s’inquiète Isabelle Hannesse.

A cette différence notable de salaire s’ajoute la difficulté de travailler en horaires coupés, de 8h à 12h et de 17h à 20h, sept jours sur sept. Une majorité des aides-soignantes travaillent de fait à temps partiel.

Après 11 ans d’ancienneté, j’arrive tout juste à 1 100 euros net par mois, pour 118 heures travaillées

Isabelle Hannesse

Face à ces difficultés de recrutement, certains SSIAD comme ceux de Saint-Nazaire ou Sainte-Luce sont même contraints de refuser la prise en charge de nouveaux patients. "Cet été nous allons prendre sur nos jours de repos pour remplacer nos collègues, ou alors on va fermer des tournées", anticipe déjà l’aide-soignante d’Ancenis.

Face au vieillissement de la population, ces services de soins sont pourtant un maillon essentiel afin de permettre aux anciens de vieillir à domicile. 

En avril dernier, Brigitte Bourguignon, ministre déléguée chargée de l’Autonomie, a annoncé une revalorisation des métiers de la santé à domicile. Les négociations viennent de débuter avec le ministère de la Santé mais des inquiétudes demeurent sur les modes de financement et le montant des revalorisations salariales.

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