Loire-Atlantique : pour éviter de boire la tasse, plusieurs distributeurs de boissons cassent les prix sur leurs stocks

Avec la fermeture des bars et des restaurants depuis le 30 octobre dernier, c'est le principal débouché des distributeurs de boissons alcoolisées qui s'est tari. Confrontés à une chute libre de leur chiffre d'affaires, plusieurs professionnels ont décidé de brader leurs stocks de bouteilles.

Un millier de commandes enregistrées à  Carquefou près de Nantes pour le premier jour de  l'opération destockage de la société Atlantique Boissons
Un millier de commandes enregistrées à Carquefou près de Nantes pour le premier jour de l'opération destockage de la société Atlantique Boissons © Boris Vioche

Ce n'est pas le premier destockage mais à coup sûr le plus gros.

Situé à Carquefou, au nord de Nantes, l'entreprise Atlantique Boissons est un poids-lourd nantais du secteur de la distribution de boissons.

En temps normal, le site nantais emploie presque une soixantaine de personnes contre moins de 10 collaborateurs actuellement.

Le chiffre d'affaires de la société est en baisse de 95% car la clientèle est exclusivement professionnelle en temps normal.

Les bars, les restaurants mais aussi les salles de spectacle, les discothèques ainsi que les événements sportifs et culturels comme les festivals de la région.
 

Un destockage de bouteilles en drive pour éviter... les embouteillages

Le Hellfest de Clisson est ainsi le premier client d'Atlantique Boissons qui fournit les camions citernes qui viennent alimenter les bars du festival de musiques extrêmes.

"Cette année on est passé d'un chiffre d'affaires de 25 millions d'euros à moins de 12 millions d'euros en raison de la crise sanitaire" explique Fabrice Chiffoleau, le directeur du site nantais.

Grosse originalité dans ce déstockage : la possibilité pour les particuliers d'accèder aux promotions.

Une précédente opération d'un des cinq sites de l'entreprise basé à Rennes avait provoqué de sérieuses perturbations sur le périphérique ce qui a poussé le responsable du site de Carquefou à recourir à un systéme de drive, permettant une plus grande fluidité sur place.

"On est dans une zone délicate, dans une impasse avec des passages de poids lourds (à la proximité de la société Air Liquide, NDLR) c'est pour ça qu'on a opté pour le service en drive qui permet d'éviter d'engorger le secteur" détaille Fabrice Chiffoleau.

La commande  en ligne se déroule sur le site internet d'Atlantique Boissons.

Après la validation du panier, le service client fixe un rendez-vous sur place, en drive, à partir du lundi 15 mars. L'encaissement se fait ensuite sur place uniquement en carte bancaire.

Fabrice Chiffoleau, directeur Atlantique Boissons Nantes
Fabrice Chiffoleau, directeur Atlantique Boissons Nantes © Boris Vioche

"On a eu 1 000commandes d'enregistrées, on en a traité 150 sur notre système informatique et pour l'instant on en a livré par drive environ 70 jusqu'à présent.

Ces 1 000commandes représentent environ une journée et demie d'activité normale.

On a des commandes entre 25 euros jusqu'à 800 euros

Fabrice Chiffoleau, directeur d'Atlantique Boissons Nantes


Une date limite qui n'empêche pas la consommation

Le seul hic (sans mauvais jeu de mot) est que les bouteilles de vin, de bières ou de sodas ont des dates de durée minimale (ce qui correspond au sigle DDM sur l'emballage, NDLR) proches ou dépassées ce qui ne les rend pas pour autant impropres à la consommation assure Fabrice Chiffoleau.

une dates de durée minimales proches ou dépassées pour les produits destockés
une dates de durée minimales proches ou dépassées pour les produits destockés © Boris Vioche

"Vous savez c'est psychologique" détaille le responsable nantais d'Atlantique Boissons, "les boissons c'est pas comme du yaourt ou des produits ultra-frais".

"La date mentionnée c'est une date qui garantit au consommateur la perfection du produit par rapport au cahier des charges du producteur c'est tout."

"Si le consommateur consomme un produit au delà de cette date, il aura exactement la même chose sauf que le produit au bout de quelques mois ,voire quelques années, va changer très légèrement de couleur" termine Fabrice Chiffoleau.

L'alcool étant un conservateur, le professionnel assure que la teneur en alcool reste la même.
 

150 fûts écoulés en deux jours

Beaucoup plus au nord du département c'est en quantité plus modeste mais avec le même succès qu'une opération similaire s'est déroulée il y a quinze jours.

les particuliers sont venus en nombre à la brasserie Nao à Saint-Lyphard en Loire-Atlantique
les particuliers sont venus en nombre à la brasserie Nao à Saint-Lyphard en Loire-Atlantique © Fréderic Grunchec

La brasserie Nao produit sa bière artisanale à Saint-Vigneux de Bretagne mais c'est dans son entrepôt de Saint-Lyphard que s'est déroulée l'opération le week-end du 20 février.

"C'était au delà de nos espérances" analyse Ludovic Martel responsable de la brasserie Nao.

"On a écoulé environ 150 fûts de bière, ce qui représente 400 à 500 litres de bière" continue le gérant.

Ludovic Martel responsable de la brasserie Nao à Saint-Lyphard (Loire-Atlantique)
Ludovic Martel responsable de la brasserie Nao à Saint-Lyphard (Loire-Atlantique) © Fréderic Grunchec

Plus qu'une réelle retombée économique, l'opération est positive en terme d'image pour la petite brasserie qui, comme Atlantique Boissons, dépend quasi exclusivement des cafés, hotels et restaurants (le sigle CHR dans le jargon des professionnels, NDLR).

D'ailleurs annonce Ludovic Martel, "on reconduit l'opération le prochain week-end (vendredi 19 mars et samedi 20 mars de 13h30 à 17h30, NDLR)"

Une opération baptisée d'un nom évocateur :  "Evacuez la pression".

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