Génération Senior : Geneviève arrête la droguerie

Geneviève Delaunay, propriétaire de la droguerie Saint Clément à Nantes va partir à la retraite
Geneviève Delaunay, propriétaire de la droguerie Saint Clément à Nantes va partir à la retraite

La dernière droguerie de Nantes va changer de propriétaire. Geneviève avait repris ce commerce de la rue du Maréchal Joffre il y a plus de 20 ans. L'heure de la retraite a sonné mais ce sera difficile de quitter la boutique. 

Par Olivier Quentin

Il faut absolument pousser la porte de la droguerie Saint Clément, rue Joffre. Pour ses petits trésors et pour la patronne, Geneviève. La dernière droguerie de Nantes est l'endroit idéal pour se faire conseiller. Une tache rebelle, un parquet abîmé, une teinture à refaire... La patronne et son employée Ghislaine sont là pour vous conseiller et vous dénicher le produit miracle. Avec en plus un petit commentaire sur l'actualité ou la vie du quartier. 

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Génération Senior : Geneviève arrête la droguerie
La dernière droguerie de Nantes va changer de propriétaire. Geneviève avait repris ce commerce de la rue du Maréchal Joffre il y a plus de 20 ans. L'heure de la retraite a sonné mais ce sera difficile de quitter la boutique.  - Olivier Quentin

Ma clientèle m'apprend des trucs et des astuces...


Geneviève était dans le commerce non sédentaire avant d'arriver rue Joffre. Mais elle a voulu se mettre à l'abri des intempéries et a acheté cette droguerie qui fait face à l'église St Clément, pas loin de la place du Maréchal Foch.


C'était en 1994. Le commerce était à l'origine une ciergerie qui vendait aussi des objets de culte. Ghislaine qui était déjà là et a appris le métier à Geneviève qui s'est aussi formée au fil des ans auprès des fabricants de produits. "Ma clientèle m'apprend aussi des trucs et des astuces" nous dit-elle " pour bien tenir une droguerie il faut être soi-même bricoleur."

4800 références


Dans sa boutique d'une cinquantaine de m², Geneviève Delaunay vend plus de 4800 articles différents. De la brosse de balai à poils de soie au sac de billes, en passant par tous les produits ménagers. Certains sont même des antiquités comme ce filet à chignon dont l'emballage porte encore une étiquette en francs. "L'été, j'ouvre la porte et je fais brûler du papier d'Arménie, les clients sont attirés par ce drôle de parfum et entrent dans la boutique". C'est vrai qu'il y a un côté nostalgique dans cette droguerie. On y trouve des articles qu'on pensait abandonnés depuis longtemps. Comme cette brosse ronde en plastique qu'on cale dans la paume entre deux doigts, idéale pour les cheveux crépus. Les plus de quarante ans s'en souviennent. "Mais c'est le côté pratique de ces articles qui séduit surtout", rectifie Geneviève, excellente vendeuse.

Ça va me manquer.


Geneviève a peut-être trouvé un repreneur pour sa droguerie. Dans quelques semaines, si tout va bien, elle vendra son fond de commerce. La boutique évoluera sans doute mais gardera cet esprit de lieu où l'on trouve le produit miracle avec le conseil qui va bien. "Ne me demandez pas comment je vais prendre ce départ, nous glisse Geneviève, je vais pleurer. Ça va me manquer c'est sûr, les clients surtout". Les clients justement espèrent bien que le magasin restera une droguerie. C'est devenu si rare. Aujourd'hui, quand des enfants passent devant l'enseigne, il arrive que certains s'étonnent de cette drôle d'appellation. "Tiens, on vend de la drogue ici ?"

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