Nantes : des arrêts de bus à la demande expérimentés la nuit dès le 1er novembre

© Christophe Turgis
© Christophe Turgis

La Semitan, qui gère pour Nantes Métropole les transports publics nantais, va expérimenter à partir du 1er novembre l'arrêt à la demande sur l'ensemble de ses lignes de bus de nuit, une mesure destinée à lutter contre le harcèlement dans les transports en commun.

Par Christophe Turgis

Toute femme - ou tout homme - souhaitant "éviter en soirée de trop longs trajets à pied", pourra, à partir de 22H30, descendre entre deux arrêts, après en avoir fait la demande de "vive voix" au conducteur de bus de nuit, qui décidera du "point précis de desserte", a expliqué le directeur général de la Semitan, Alain Boeswillwald, lors d'une présentation du dispositif à la secrétaire d'Etat aux Droits des femmes, Pascale Boistard.

Expérimentée pendant six mois et limitée dans un premier temps à la douzaine de bus de nuit desservant Nantes et son agglomération, la mesure
pourra être revue ou étendue si elle a "un impact réel" dans la sixième ville de France, qui n'est "pas insecure", a souligné M. Boeswillwald.  "Si cela touche 5% des gens" utilisant le service de nuit - environ 1.500 en semaine et 3.500 le samedi soir - "c'est déjà bien", estime-t-il.

"Je suis sûre que cette expérimentation va pouvoir améliorer la place des femmes dans l'espace des transports", a déclaré Mme Boistard, rappelant que d'autres pays avaient testé cette mesure, comme le Canada "dès 1991", avant de la pérenniser.

Le dispositif, qui entre dans le cadre du plan national de lutte contre le harcèlement sexiste et les violences sexuelles dans les transports en commun, présenté par le gouvernement le 9 juillet, pourra être étendu à d'autres grandes villes de France, "sur la base du volontariat", a indiqué la secrétaire d'Etat.

Dans un rapport remis au gouvernement en avril, le Haut conseil à l'égalité entre les femmes et les hommes (HCEfh) soulignait que 100% des utilisatrices de transports en commun ont subi au moins une fois dans leur vie du harcèlement sexiste ou une agression sexuelle, d'après des "consultations citoyennes" menées en mars 2015 auprès de 600 femmes de Seine-Saint-Denis et d'Essonne.

A lire aussi

Sur le même sujet

Chasse : les sangliers de la discorde

Les + Lus