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Notre-Dame-des-Landes : vers une reprise des travaux en 2016

Notre-Dame-des-Landes, dossier fleuve. Les promoteurs du projet ont envisagé les premiers mouvements d'avions en 2017. / © JEAN-SEBASTIEN EVRARD / AFP
Notre-Dame-des-Landes, dossier fleuve. Les promoteurs du projet ont envisagé les premiers mouvements d'avions en 2017. / © JEAN-SEBASTIEN EVRARD / AFP

Près de trois ans après l'arrêt total des travaux pour construire un aéroport à Notre-Dame-des-Landes près de Nantes, en raison de la guérilla juridique et de l'opposition sur le terrain des opposants, l'État a officiellement annoncé hier une reprise pour 2016.

Par Willy Colin

L'annonce de la préfecture de Loire-Atlantique, faisant suite aux déclarations en ce sens de Manuel Valls, avait été précédée, dès lundi, par le lancement d'un appel d'offre pour des "travaux de débroussaillage, de rétablissement d'accès et de clôtures de la desserte routière de l'aéroport du grand ouest à Nantes", à échéance du 23 novembre 2015 pour des travaux "en 2016".

Une rapidité qui contraste avec les nombreux délais qui ont progressivement fait prendre trois ans de retard à un aéroport déclaré d'utilité publique en 2008 et qui devait initialement être inauguré en 2017, une dizaine de km au nord de Nantes, afin de remplacer l'actuel aéroport de Nantes Atlantique situé au sud de l'agglomération.

- Intervention en octobre 2012 -
Une première intervention des forces de l'ordre de grande ampleur avait été lancée en octobre 2012 avec plus d'un millier de gendarmes mobiles. Les unes après les autres les fermes squattées ou les cabanes étaient expulsées puis démolies, mais le 24 novembre 2012, le gouvernement présidé par l'ancien maire socialiste de Nantes Jean-Marc Ayrault avait suspendu toutes les opérations.

Le temps que travaille une "commission du dialogue" mais aussi qu'aboutissent les nombreux recours juridiques, déposés systématiquement par les opposants à tous les stades du projet.

Alors que les partisans de l'aéroport, au premier chef desquels les collectivités locales de Loire-Atlantique et de Nantes, attendaient impatiemment la reprise des travaux, cette zone humide bocagère de quelque 1.600 hectares dédiée au projet n'a vu se construire que plusieurs dizaines de nouvelles cabanes d'opposants anticapitalistes.

Ils sont entre 100 et 300 installés sur place, rejoints à chaque tentative d'intervention par une opposition "institutionnelle" d'agriculteurs proches de la Confédération paysanne, d'élus écologistes. Quelque 200 comités anti-"NDDL" ont essaimé dans toute la France en 2012.

ZAD
La "Zone d'aménagement différé" délimitée dans les années 70 pour ce projet qui a connu vingt ans de pause avant d'être relancé au début des années 2000 est devenue une "Zone à défendre" (ZAD) peuplée de "zadistes" qui ont donné leur surnom à d'autres oppositions anticapitalistes en France, notamment à Sivens (Tarn) contre un projet de barrage où Rémi Fraisse, un opposant, a trouvé la mort en octobre 2014.

Démonstration de force
Dernière grosse démonstration de force, une manifestation anti-aéroport en février 2014 à Nantes avait rassemblé de 20.000 à 60.000 personnes, selon la police et les manifestants. Plusieurs centaines de radicaux, employant des méthodes "black blocks" avaient fait d'important dégâts en centre ville. Le gouvernement avait alors réaffirmé la nécessité d'attendre "la fin des recours".

En juillet dernier, le tribunal administratif de Nantes a rejeté l'ensemble des recours déposés contre les arrêtés préfectoraux qui autorisaient le lancement des travaux du futur aéroport par son concessionnaire Aéroports du Grand Ouest (AGO), filiale de Vinci.

Les opposants ont fait appel, mais celui-ci n'est pas suspensif et le 20 octobre le Premier ministre Manuel Valls a annoncé l'intention du gouvernement de "poursuivre le projet".

Les contents
"C'est une excellente nouvelle pour tout le Grand Ouest", s'est aussitôt  réjouie la direction de la CCI des Pays de la Loire, tout comme le candidat Les Républicains aux régionales Bruno Retailleau. 

Les mécontents
"Ce qui me met hors de moi, c'est la stratégie du gouvernement qui ne répond pas aux arguments de fond, leur oppose un silence opaque et, pire, pratique la rétention d'informations et même le mensonge", s'est insurgée Françoise Verchère qui préside le Cédpa, une des principales associations d'opposants. "Un État qui fait cela n'est pas respectable. L'État de droit n'existe plus dans notre pays". 

Dénonçant "la volonté du gouvernement de passer en force" et son "hypocrisie" à l'heure où il s'apprête à recevoir la COP21, un représentant des "zadistes" a fait part à l'AFP de leur intention de "s'opposer à toute tentative de reprise des travaux".

Avec AFP

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