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12 ans de réclusion pour avoir tiré dans le dos du jeune cambrioleur

Un homme de 62 ans a été condamné vendredi par la Cour d'Assises de Loire-Atlantique à douze ans de réclusion criminelle pour le meurtre, d'une balle dans le dos, d'un jeune homme de 19 ans qui tentait de le cambrioler, à Joué-sur-Erdre, en août 2014.
Le palais de justice de Nantes, en mars 2014.
Le palais de justice de Nantes, en mars 2014. © JEAN-SEBASTIEN EVRARD / AFP
Les jurés ont suivi l'avocat général, Olivier Bonhomme, qui avait demandé une "sanction dissuasive" mais tenant compte de l'âge et du peu de risque de récidive de l'accusé, Philippe Fourny, qui encourait 30 ans de réclusion. La Cour a assorti cette condamnation d'une interdiction pour l'accusé de porter ou de détenir une arme pendant quinze ans.

Le 9 août 2014, vers 05H00, cet homme "solitaire, réservé, irascible" avait été réveillé par du bruit dans la cour de sa ferme isolée. Il était sorti de son domicile en robe de chambre et en pantoufles, muni de sa carabine chargée, et avait surpris deux jeunes de 19 ans, non armés, venus pour lui voler un compresseur. Il avait alors tiré, touchant mortellement dans le dos la victime, tandis que son ami réussissait à s'enfuir.


Il ne voulait pas tuer


L'accusé avait lui-même appelé les gendarmes et dit tout au long de l'enquête et lors de son procès qu'il "ne voulait pas tuer".  "C'est un geste qui a tragiquement enlevé une vie, une jeune vie enlevée par la peur d'un vieil homme", a plaidé son avocate, Cécile de Oliveira. Pour l'accusation, ce jour là, à l'aube, "ce qui va le saisir, c'est la colère, pas la peur".

"M. Fourny est déjà dans un état de rancoeur, de ressentiment. Il s'estime victime de vols à répétition et pour lui, les gendarmes ne font rien. Il rumine depuis longtemps contre les manouches, les voleurs. Le jour du drame, il est mentalement prêt à faire justice, à punir. Il sort, sûr de lui, décidé", a souligné l'avocat général dans ses réquisitions.

Placé à l'isolement plusieurs mois pendant sa détention provisoire, Philippe Fourny avait bénéficié d'un placement sous contrôle judiciaire strict, avec un bracelet électronique, dans une abbaye, en attendant son procès.


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