Affaire Dupont de Ligonnès : le procureur de la République de Nantes rétablit quelques vérités

Après les affirmations et les doutes émis par la sœur de Xavier Dupont de Ligonnès dans un livre sur l'affaire de ce quintuple meurtre, le procureur de la République de Nantes, a exposé dans un communiqué quelques éléments de cette instruction toujours en cours afin de balayer les thèses de Christine Dupont de Ligonnès.

Les déclarations faites par la sœur de Xavier Dupont de Ligonnès dans son livre, soutenant la thèse d'une "exfiltration" de la famille, soit six personnes, et niant les meurtres d'Agnès Dupont de Ligonnès et des quatre enfants du couple par le père, Xavier, apparaissaient, de toute évidence, comme parfaitement fantasques. 

Mais cette thèse, relayée dans les médias, a contraint le procureur de la République de Nantes à prendre la plume pour, dans un communiqué, donner la version judiciaire des choses.

Les faits sont sacrés, les commentaires sont libres, disait Beaumarchais. Voici donc les faits et tout d'abord un rapide rappel de cette affaire Xavier Dupont de Ligonnès.

Retour sur cette affaire

Le 21 avril 2011, au 55 boulevard Schuman à Nantes, sont retrouvés les corps de cinq personnes, une femme qui se révélera être Agnès Dupont de Ligonnès, 48 ans, et ceux de ses quatre enfants, Arthur, 21 ans, Thomas, 18 ans, Anne, 16 ans et Benoît, 13 ans.

Le mari et père, Xavier Dupont de Ligonnès, 49 ans au moment de ces faits, est introuvable, il est rapidement désigné comme le principal suspect. Il n'a toujours pas été retrouvé, même si sa présence, ou la présence d'un homme lui ressemblant, a été signalée à de nombreuses reprises en de multiples lieux.

Dans une lettre adressée à ses proches, il avait expliqué cette disparition à venir et celle de toute la famille par une opération d'exfiltration en lien avec une enquête menée par la Justice américaine dans une affaire de drogue. Xavier Dupont de Ligonnès disait avoir collaboré avec la DEA (Drug Enforcement Administration), l'administration américaine en charge de la lutte contre le trafic de stupéfiants.

"Les plus expresses réserves" de la famille

C'est cette thèse que reprend Christine Dupont de Ligonnès, la sœur de Xavier, dans son livre et dans les médias, balayant sans scrupule toute l'enquête menée depuis 13 ans par la justice française. Xavier Dupont de Ligonnès serait parti avec sa femme et leurs quatre enfants, sans laisser de trace.

Alors, qui sont les cinq cadavres retrouvés au 55 du boulevard Schumann ? 

Après l'exposition de cette thèse abracadabrantesque par la sœur du principal suspect, la famille d'Agnès Dupont de Ligonnès, née Hodanger, a fait savoir dans un courriel ce qu'elle pensait de ces affirmations.

"La famille d’Agnès Dupont de Ligonnes, écrit-elle, dont il n’est pas besoin de rappeler la douleur, constituée partie civile depuis 2011, s’est toujours refusée à toute déclaration sur le fond de l’affaire Ligonnès. En raison de l’ampleur médiatique actuelle, elle entend simplement formuler les plus expresses réserves sur les déclarations de Christine de Ligonnes et de son époux, notamment dans la mesure où l’information judiciaire est toujours en cours.  Il appartient aux autorités judiciaires et policières, auxquelles la famille d’Agnès a toujours fait confiance, de répondre aux allégations de la famille de Ligonnes si elles l’estiment opportun."

Mise au point du parquet de Nantes

C'est donc maintenant au tour du procureur de la République de Nantes de repréciser quelques points importants que Christine Dupont de Ligonnès écarte avec la plus grande des légèretés dans sa théorie.

"La thèse aujourd'hui défendue par la sœur de Xavier Dupont de Ligonnès et son conjoint, qui considèrent maintenant que Xavier Dupont de Ligonnès et toute sa famille ont pu être "exfiltrés" au profit des services secrets américains et seraient tous vivants, suppose une complicité des enquêteurs, lesquels auraient falsifié des éléments de preuve, écrit Renaud Gaudeul, le procureur de Nantes. Rien ne permet de donner judiciairement du crédit à cette version, qui implique la falsification d'actes judiciaires non seulement par des enquêteurs, mais également par les experts ayant procédé aux autopsies et aux analyses d'identification par empreintes génétiques, lesquelles ont été réalisées à partir de prélèvements musculaires opérés sur les corps découverts (au domicile des de Ligonnès, Bd Schuman). 

1 750 signalements

Le procureur de Nantes ajoute que, ni la sœur de Xavier Dupont de Ligonnès, ni son avocat, n'ont demandé à être entendus par le juge d'instruction en charge de l'affaire.

Une instruction qui est toujours en cours, précise Renaud Gaudeul : "Elle n'a pas été confiée au pôle des crimes sériels ou non élucidés du tribunal judiciaire de Nanterre, dès lors que ce dossier n‘entre pas dans les critères d'attribution de ce pôle. Contrairement encore à ce qui a pu être publié, une clôture prochaine des investigations n'est pas aujourd'hui à l’ordre du jour."

Quant aux nombreux signalements alertant les enquêteurs sur la possible présence de Xavier Dupont de Ligonnès en différents lieux de la planète, le procureur nantais ne les nie pas. Il précise même qu'on a comptabilisé 1 750 signalements ! Tous ont été exploités, "vainement à ce jour", conclut-il.

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