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Assassinat de Marion : l'accusé reste mutique au premier jour de son procès

"Pourquoi restez-vous silencieux?" ...  Un homme de 29 ans, accusé de l'assassinat et du viol de Marion, une adolescente de 14 ans en 2012 près de Nantes, est resté mutique mardi, au premier jour de son procès devant les assises de Loire-Atlantique.

Par FB avec AFP

"Vous connaissez déjà l'affaire. Si je l'ai fait, vous savez pourquoi. Moi en tous cas, je ne réponds pas. (...) Je ne suis pas venu pour parler", lance d'emblée Yannick Luende Bothelo, un Angolais corpulent, crâne rasé et barbe fournie, gardant ses bras le long de son pull rayé, avant de se murer dans le silence.

Ni les sollicitations répétées de la présidente de la cour d'assises Karine Pontchateau, ni les questions des avocats des parties civiles, ni celles de sa propre avocate ne le feront sortir de sa bulle. Il ne réagira pas non plus au témoignage de son père dans l'après-midi, gardant tout au long la tête baissée, assis dans le box.

Seule la venue à la barre de sa soeur cadette, en milieu de matinée, fera sortir, pour une courte durée, Yannick Luende Bothelo du silence dans lequel il s'est enfermé, malgré son assurance à l'ouverture de son procès qu'il entendait s'exprimer.

Yannick Luende Bothelo avait été interpellé le 19 mars 2012, l'après-midi même de la découverte du corps de Marion, frappée de 68 coups de couteau, dans des toilettes publiques à Bouguenais, dans l'agglomération nantaise. En possession du téléphone portable de la victime et d'un couteau, il avait reconnu le meurtre, expliquant être le "Messie" et demandant à parler au président de la République
de l'époque, Nicolas Sarkozy.

Au juge d'instruction, il avait réitéré les mêmes propos, disant avoir agi pour attirer l'attention de la France entière. Il avait refusé ensuite son extraction de la prison où il était placé à l'isolement dès son incarcération, et tout soin médical.

Un silence 'calculé'?


"Je pense qu'il n'est plus lui-même, depuis longtemps, depuis qu'il a commencé à délirer", dit la soeur de Yannick Luende Bothelo, arrivé en France à l'âge de 16 ans. "Son cerveau était touché par des drogues, il tenait des propos délirants, on peut supposer (qu'il est atteint d'une maladie psychique), mais ça reste à confirmer par des examens", déclare son père.

L'accusé se taisant en réponse à des questions "anodines" sur son enfance, ses expériences professionnelles ou encore ses précédentes incarcérations, notamment pour des violences, avant même l'examen des faits, "nous allons être obligés de considérer que votre silence est calculé", lui lance Yvon Chotard, l'avocat du père de Marion.

"J'ai tenté de vous rencontrer vendredi dernier, pourtant vous avez refusé de nous voir. Pour quelle raison? Vous refusez également de répondre à mes questions?", tente à son tour l'avocate de l'accusé, Carole Le Roux. "Vous attendez visiblement quelque chose de cette audience, ce matin vous vous êtes présenté (...). Pourquoi venir si c'est pour rester silencieux?"
"Votre procès ne commence qu'aujourd'hui, il est prévu pour durer jusqu'à vendredi de la semaine prochaine (...). Votre attitude, à un moment, va avoir des limites", prévient également la présidente de la cour d'assises.

Les débats devraient aborder dès mercredi la question, centrale pour la défense, de la responsabilité pénale de l'accusé, avec les dépositions des experts psychiatres.
Un premier collège d'experts désigné par la justice avait diagnostiqué une "schizophrénie paranoïde" chez Yannick Luende Bothelo et conclu à l'abolition de son discernement au moment des faits, ce qui le rendait inapte à être jugé.

D'autres experts avaient au contraire estimé qu'il pouvait être renvoyé devant les assises, ce qui avait été confirmé en décembre 2015 après une quatrième expertise psychiatrique.
Yannick Luende Bothelo, qui comparaît également pour l'agression de deux hommes âgés, encourt la réclusion criminelle à perpétuité. La décision de la cour est attendue le 18 novembre.

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