Coronavirus : “Nos commerces”, une appli made in Nantes pour soutenir les commerces de proximité

L'application "Nos commerces" permet aux clients d'apporter un soutien financier aux commerces qu'ils affectionnent. / © We Do Good
L'application "Nos commerces" permet aux clients d'apporter un soutien financier aux commerces qu'ils affectionnent. / © We Do Good

Soutenir financièrement les commerces du quotidien via une application, c'est l'initiative de la start-up nantaise We Do Good. L’appli "Nos commerces", lancée le lundi 20 avril, compte déjà une centaine de commerces référencés.
 

Par Chloé Giraud

Retourner dans son restaurant préféré, aller chez le coiffeur ou encore chez le libraire, tous les Français en rêvent.
Et les commerçants encore plus, car leur santé financière en dépend.

En attendant le 11 mai, voire même l’été pour les bars et restaurants, il est possible d’aider les commerces de proximité, grâce à l’application et le site web "Nos commerces".

Lancée le 20 avril, l'appli créée à l'iniative de la start-up nantaise We Do Good, recense déjà près de 100 établissements répartis dans 17 villes. Le principe est simple : donner l'opportunité à chacun de soutenir financièrement les commerces qu'il affectionne.

Via l’application ou le site web, chaque utilisateur peut ajouter les commerces qu’il veut soutenir et leur promettre une avance financière, de 10 à 10 000 euros, ou même plus.
Une fois les commerces rouverts, cette avance sera remboursée sur le chiffre d’affaires du restaurant, de la boutique ou encore du coiffeur que vous avez choisi d’aider.
 

Lorsque vous décidez de soutenir un commerçant, plusieurs possibilités s’offrent à vous.
Vous pouvez simplement demander le remboursement de la somme initialement versée, ou bien opter pour 10% de plus-value par rapport à votre avance.
Le simple don, sans remboursement, est aussi possible. Chaque commerçant décidant d’accepter l’une ou l’ensemble de ces options.

"Les commerçants ont beaucoup de choses à gérer en ce moment. On s’est dit qu'ils n'avaient pas forcément le temps de lancer un appel à l’aide. Alors on l'a fait à leur place", explique Jean-David Bar, co-fondateur de We Do Good.

5 000 euros promis en moins de dix jours


Lorsqu'un établissement commence à recevoir des promesses d'avance, la plateforme se charge de le contacter pour lui expliquer le fonctionnement de "Nos Commerces".
Neuf jours après le lancement de l'application, environ 200 engagements d'avance ont été recensés, pour une somme totale avoisinant les 5 000 euros. Mais le co-fondateur de We Do Good prévient,"si vous mettez un montant il faut que ce soit sérieux !"

Le restaurant nantais Sainbioz est totalement fermé depuis le 17 mars. Tony Marteau, gérant de l'établissement a déjà contracté un prêt bancaire pour compenser la perte de chiffre d'affaires. "Les charges continuent de tomber. Si cela dure trop longtemps, il faudra trouver des solutions. C'est là que les avances promises par les clients pourraient être nécessaires."

Même chose pour Carole de Coninck, gérante de l'espace de coworking Vacouva, dans le centre-ville de Nantes. Contrairement aux boutiques ou aux restaurants, pour elle, impossible de mettre en place de la vente à emporter, car ce qu'elle commercialise, ce sont des espaces de travail.

"Même s’il y a des solutions de report des charges, cela reste du report et je ne reçois rien en contrepartie. Cette solution d’apport permet de venir un peu soulager la trésorerie, qui en a pris un bon coup", se réjouit-elle.

"Créer une relation durable avec le commerçant"

Au-delà d'un soutien financier non négligeable en cette période de crise sanitaire, "Nos commerces" est aussi voué à créer du lien entre commerçants et clients. 
"Nous proposons aux gens de se projeter dans une relation durable avec le commerçant. Cela créé une relation très forte puisque quand j'achèterai chez mon commerçant après le confinement, une petite partie des bénéfices me reviendra", précise Jean-David Bar.

Le concept plaît aux commerçants. "Au-delà de l’aspect financier qui reste important, c’est le fait de se sentir soutenu. Toute l’année nous travaillons beaucoup, et les clients nous le rendent au quotidien. Là, on ne les voit plus, mais ils pensent quand même à nous", indique Tony Moreau. Carole de Coninck abonde en ce sens : "ça fait chaud au cœur de voir que l'on manque à nos clients, qu'ils pensent à nous et qu'ils souhaitent sincèrement que le lieu perdure".

Une affection que les clients peuvent aussi manifester sur les pages Facebook et Instagram "Commerce mon amour". Ils peuvent y laisser des déclarations d'amour à leurs commerçants.
 
À terme, les membres de We Do Good souhaiteraient que l'application "Nos commerces" permette d'apporter un soutien financier pertinent à une centaine de commerçants.

 

Sur le même sujet

Les + Lus