Coronavirus et réouvertures : à Nantes, les salles de sports s'adaptent tant bien que mal aux réglementations sanitaires

A Nantes, les salles de sport ont dû mettre en place de nouvelles pratiques pour respecter les règles et avant tout rassurer le client. Car, comme pour les restaurants, le plus dur sera de retrouver le niveau d'activité d'avant le confinement.

Dans sa salle Gymligne de Nantes, Pierre Bazin est allé plus loin que les exigences réglementaires pour rassurer les adhérents.
Dans sa salle Gymligne de Nantes, Pierre Bazin est allé plus loin que les exigences réglementaires pour rassurer les adhérents. © DR Pierre Bazin
Chez D'Sport & Co, dans la zone d'activité de Nantes Est, on applique notamment le protocole mis au point par la Fédération Française de Squash et validé par les ministères des sports et de la santé.

Dans cette salle qui compte quatre terrains de squash, on ne pourra plus pratiquer les matchs classiques. Il faudra que les deux joueurs conservent en permanence 2 mètres entre eux, plus question de se croiser.

"J'ai testé avec mes enfants, témoigne Cyril Septsault le cogérant de la salle, il y a moyen de bien se fatiguer quand même !"
 

De nouvelles règles de jeu

Bien entendu, un sens de circulation a été mis en place sur le site ainsi qu'un protocole de nettoyage des zones contacts auquel participeront d'ailleurs les adhérents.

Pour le beach-volley, que l'on peut pratiquer sur un terrain ensablé dans une salle de 150 m², on ne pratiquera plus que deux contre deux et chaque joueur doit rester dans sa zone. 
Gaëlle et Cyril Septsault, gérants de D'Sport & Co à Nantes, ont réorganisé leurs salles de sport et de restauration pour respecter les réglementations.
Gaëlle et Cyril Septsault, gérants de D'Sport & Co à Nantes, ont réorganisé leurs salles de sport et de restauration pour respecter les réglementations. © DR D'Sport& Co
Pour le cardio, la zumba, le pilate, Cyril n'a pas vraiment d'inquiétude. "On a des surfaces assez grandes, dit-il, avec des plafonds assez haut. Il n'y a aucune difficulté pour prévoir les 4 m² par personne." Heureusement, le masque n'est pas obligatoire si les distances sont respectées. 

En revanche, Cyril est plus inquiet quant à l'attitude qu'adoptera la clientèle. Va-t-elle revenir en nombre suffisant pour permettre à son équipement de vivre ?

"On est dans une situation difficile, avoue-t-il, on avait des soutiens de l'Etat quand on était fermé. Maintenant qu'on rouvre, ils vont progressivement diminuer. On essaye de négocier avec notre bailleur la gratuité pour les mois de fermeture. S'il faut payer les loyers en retard, notre trésorerie sera à zéro."
 

"Ils doivent s'inscrire pour réserver une place"

Rassurer la clientèle pour qu'elle revienne vite et en nombre. C'est le défi des restaurateurs, c'est aussi celui des gérants de salles de sport. 

"Ça fait deux mois et demi qu'on attend répond Pierre Bazin, le cogérant avec sa sœur Anne de la salle Gymligne, dans le quartier Talensac à Nantes. On a mis en place toutes les dispositions qu'on nous impose !" 

Pendant la période de fermeture, les coachs de la salle sont restés en contact avec les adhérents pour leur suggérer des vidéos en ligne et leur permettre de continuer de pratiquer. Maintenant, il faudra passer du temps à expliquer les nouvelles consignes.

"C'est une nouvelle façon de faire, explique Pierre. Avant, les gens pouvaient venir à volonté, maintenant, ils doivent s'inscrire pour réserver une place dans le cours collectif. On a un maximum de 15 personnes pour que chacun ait 5 à 6 m². Mais ça ne va pas changer grand chose, on avait rarement plus de 15 personnes par cour."

Même chose, pour la musculation ou le cardio, il faut réserver son créneau de 1h30.
Après chaque utilisation, les machines devront être désinfectées.
Après chaque utilisation, les machines devront être désinfectées. © DR Pierre Bazin Gymligne
En revanche, pour rassurer la clientèle, Pierre et sa sœur ont institué une distanciation qui accordera non pas 4 m² par personne mais 7 à 8 m². "On met énormément de sécurité pour voir comment ça se passe, explique Pierre, on reviendra ensuite à ce que demande l'Etat. On préfère partir de plus haut, quitte à être moins rentable."

Voir comment ça se passe, cela signifie voir si la clientèle est suffisamment rassurée pour revenir en nombre. L'objectif étant de retrouver le niveau de fréquentation d'avant le confinement. Et il faudra compter en plus les frais supplémentaires pour l'achat du gel, des produits d'entretien... 

Derrière l'enthousiasme de la reprise, il y a quand même de l'inquiétude. "Rendez-vous dans deux ou trois mois" conclut Pierre.


"On est délaissé"

Claude Haberzettel, lui, est en colère. "Economiquement constate-t-il, on a beaucoup moins de poids que l'hôtellerie et la restauration, on est délaissé." Le patron de quatre salles Univ'Sports Academy à Nantes emploie une vingtaine de salariés, des administratifs et des professeurs diplomés d'Etat.

30 % de son activité ne pourra pas reprendre avant septembre, ce sont les sports de contact qui sont encore interdits. 

"Ça va fragiliser les salles de sports qui n'avaient pas les reins solides, craint-il. C'est anxiogène !"

Pour respecter les règles de distanciation, il va devoir réduire l'utilisation des machines d'un tiers. Mais il faudra continuer d'en payer la location. "Pour les cours collectifs, on n'a pas le droit de mettre la climatisation, ça va être la fournaise !"

Selon Claude, ces contraintes arrivent au plus mauvais moment, à une saison où déjà, l'activité se réduit. Les clients pensent plus à financer leurs vacances que les abonnements dans les salles de sport.

Claude en veut au gouvernement d'avoir annoncé un jeudi que tout rouvrirait le mardi suivant. "J'ai eu une cinquantaine d'appels déjà ce matin, dit-il, mais il nous faut du temps pour prendre les mesures sanitaires, les sens de circulation, l'achat du gel, des visières pour les salariés..."

Et les charges qui vont rattraper tôt ou tard ces entreprises.

"Rien ne nous permet d'être serein" s'inquiète ce patron.
 
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