Eau potable : faut-il craindre une pénurie ?

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Émission spéciale sur l'eau potable en Pays de la Loire ©France Télévisions

Après un été historiquement sec, et malgré quelques gouttes de pluie ces derniers jours, la situation des cours d’eau est encore préoccupante dans notre région, avec des conséquences sur l’approvisionnement en eau potable. Particuliers, agriculteurs, industriels, collectivités, chacun est appelé à faire un effort en diminuant sa consommation. Alors après l’essence, l’électricité et le gaz, faut-il craindre à l'avenir un risque de pénurie en eau potable ? Retrouvez Dimanche en Politique, ce dimanche 16 octobre à 11h30.

C’est un geste que nous faisons tous les jours : ouvrir le robinet pour avoir de l’eau potable chez soi, à moindre coût et de manière illimitée. Mais pour combien de temps encore ?

Car la ressource en eau pourrait manquer de plus en plus dans notre région.

Nous avons tous en tête ces images de la Loire en partie à sec cet été, avec son plus bas niveau depuis 50 ans. Cette vague de sécheresse se poursuit encore aujourd’hui à l’approche de l'hiver.

Malgré quelques gouttes de pluie ces derniers jours, la région est toujours en état d’alerte, le niveau de crise reste même activé pour une partie de la Loire-Atlantique et de la Vendée.

La Loire en alerte

L’eau qui coule des robinets de la métropole nantaise vient principalement de la Loire. Elle est pompée à Mauves-sur-Loire, à 15 km au nord de Nantes, puis traitée à l’usine de la Roche, à Nantes, après avoir voyagé dans d’énormes canalisations de 1,40 m de diamètre. Cette usine, sous haute surveillance, alimente la moitié des foyers du département de Loire-Atlantique. Mais quand l’eau se raréfie, des phénomènes en cascade la rendent plus difficile à traiter.

L’eau qui coule de notre robinet vient de la Loire. Elle est pompée à Mauves sur Loire, à 15 km au nord de Nantes, puis traitée à l’usine de la roche, à Nantes. Une usine protégée qui alimente la moitié des foyers du département de Loire Atlantique. Mais quand l’eau se raréfie, des phénomènes en cascade la rendent plus difficile à traiter. ©France Télévisions - V. Raynal, A. Ropert, M. Gaudin

Alors y a-t-il eu un risque de rupture d’approvisionnement pour les 600 000 habitants de la métropole début septembre, quand les grandes marées et le faible débit de la Loire ont rendu difficile le captage de l’eau dans le fleuve ?

On n'a clairement jamais frôlé la catastrophe, grâce à la mobilisation des agents du service public. Notre mission a consisté à sécuriser ce point de captage.

Robin Salecroix

vice-président (PC) de Nantes métropole en charge de la politique de l’eau

Mais à l’avenir, si la station de Mauves-sur-Loire devenait inopérante temporairement, la métropole ne dispose que de vingt-quatre heures de stock en eau potable.

"Nos châteaux d’eau et nos réservoirs nous garantissent une journée de stockage, mais nous avons d’autres outils de production de secours qui peuvent prendre le relais, comme le captage dans l’Erdre. En revanche, il faut vraiment économiser la ressource, c’est le sens des messages que nous passons à la population depuis cet été", complète Robin Salecroix.

Un propos qui ne rassure pas Yoann Morice, paysan bio et militant de défense des zones humides. "En 2019, on est déjà passé pas loin de la catastrophe à Nantes, dire que la crise est bien gérée, ce n’est pas vrai. On voit bien que la Métropole insiste fortement sur les petits gestes individuels, car il y a bien un problème de pénurie, le préfet lui-même le reconnaît".

L'eau, une ressource limitée

Dans son dernier rapport, le GIEC (Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat) prévoit une baisse de débit de la Loire de 50 % à 60 % d'ici 2100.

Mais dès cette année, la sécheresse a laissé des traces.

Yoann Morice, paysan bio, technicien en agroforesterie, militant pour la préservation de la Loire et qui a dernièrement participé à l'écriture d'un article sur le blog de Médiapart, sur la pénurie d'eau potable en Loire-Atlantique, nous explique les effets irréversibles de l'été 2022.

Yoann Morice, paysan bio, technicien en agroforesterie, militant pour la préservation de la Loire ©France Télévisions

La remise en cause des usages

En 7 ans la quantité d'eau prélevée à augmenter de 16 %. Les usages agricoles sont souvent pointés du doigt. On nous demande de prendre moins de douches, d'utiliser des toilettes sèches.

Mais quel est l'état des canalisations de la métropole nantaise ? À l'échelle nationale, 1 litre d'eau sur 5 est perdu.

Nantes Métropole investit 400 millions d'euros pour la gestion de l'eau potable et son premier chantier est le renouvellement des canalisations.

comment ne plus perdre une goûte d'eau allant au robinet ©France Télévisions

Quelles solutions pour demain ?

Des solutions sont dors et déjà proposées.

En Vendée d'anciennes carrières servent à capter l'eau l'hiver pour ensuite servir à l'irrigation des cultures.

Aux Sables-d'Olonne, on utilise le recyclage des eaux usées pour l'agriculture.

Selon Morgan Priol, directrice de la délégation Maine Loire-Océan à l’Agence de l’eau Loire Bretagne, c'est la combinaison de plusieurs solutions qui permettra de réduire les effets de la sécheresse.

3 solutions proposée par Morgan Priol ©France Télévisions

Pour en parler Maxime Jaglin reçoit en plateau :

  • Morgan Priol, directrice de la délégation Maine Loire-Océan à l’Agence de l’eau Loire Bretagne
  • Yoann Morice, paysan bio, technicien en agroforesterie, militant pour la préservation de la Loire
  • Robin Salecroix, vice-président (PC) de Nantes métropole en charge de la politique de l’eau

► Dimanche en Politique, eau potable : faut-il craindre une pénurie ? C'est ce dimanche 16 octobre à 11h30 et en replay sur notre plateforme france.tv

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