Innovations en Pays de la Loire : que sont devenues les inventions pour lutter contre le covid-19

Dès le début de la pandémie de Covid-19 en mars 2020, chercheurs, médecins, inventeurs ont mis en commun leurs savoirs. Face à ce virus contagieux et très dangereux, ils ont imaginé, inventé des moyens de s'en protéger. Certains sont toujours en développement, d'autres sont utilisés au quotidien.

Au printemps 2020, alors que la pandémie de Covid-19 contraignait le monde à se confiner, ingénieurs, makers et médecins cherchaient des moyens d'aider les hôpitaux et les malades en souffrance.

En trois semaines, le collectif MakAir concevait ainsi un modèle de respirateur artificiel, quarante fois moins cher que ceux des hôpitaux. 

Si le respirateur MakAir est toujours en cours d'essai clinique en France, des dérogations ont été acceptées pour des pays moins équipés, qui connaissent actuellement une flambée de Covid 19.

"On a envoyé des machines en Inde, à Madagascar, au Vietnam, en Tunisie, en Algérie. Ce qui est important, c'est qu'à chaque fois on répond à la demande des médecins qui connaissent leur contexte sanitaire et qui jugent que cette machine peut être utile pour eux, et à la demande des autorités administratives du pays", explique Pierre-Antoine Gourraud, professeur à la faculté de Nantes.

Les respirateurs sont fabriqués gratuitement par l'entreprise SEB et les plans du MakAir sont accessibles gratuitement sur internet en open sources.

Le MakAir poursuit son développement et ses recherches. Le collectif travaille notamment sur des modèles réduits de son respirateur ou sur des fonctionnalités nouvelles, évitant d'intuber les malades du Covid.

"Aujourd'hui, on va pouvoir traiter des patients avec un simple masque à oxygène. Pour y parvenir, on a modifié la carte électronique et le logiciel", confirme Baptiste Jamin, membre du collectif MakAir.

Des succès temporaires

Tentes de soins d'urgence ou encore dispositifs d’isolement mobiles, les entreprises ont uni leurs forces pour trouver des solutions rapides aux défis de la pandémie, comme cette bulle anti-virus.

"Là, c'est le dispositif en lui-même, qui va faire office de barrière physique aux postillons. Pour autant, pour le soignant nous avons deux ouvertures de chaque côté plus une au niveau de la tête pour permettre de faire l’intégralité des gestes techniques nécessaires à la prise en charge du patient", explique Vincent Ménard, gérant Alternatives Préventions.

Quelques dizaines de pièces ont été vendues en France auprès des services d'urgence, le SAMU et les ambulances privées. Le concepteur imagine aujourd'hui étendre son usage aux patients immunodéprimés.

Certaines innovations ont connu un succès temporaire, comme la poignée de porte en carton d’une entreprise du Mans, 200 000 ventes tout de même, en quelques mois. Le boitier qui permettait de mesurer la distance entre deux collègues de travail, imaginé à Sillé-Le-Guillaume, n’a lui jamais dépassé le stade du prototype.

Des innovations simples et toujours d'actualité

Les plus simples et les plus pragmatiques ont trouvé leur public, comme le distributeur de gel hydro-alcoolique à pédale. Au printemps 2020, une entreprise sarthoise en a écoulé 9 000 en moins d’un mois et le succès de se dément pas. Ces dernières semaines, les commandes concernent les établissements scolaires.

Les purificateurs d'air partent également comme des petits pains. Leader sur le marché, l’entreprise Natéo Santé, près de Nantes, a décuplé ses ventes. En une année, elle est passée de 9 à 18 salariés et elle recrute encore.

Enfin, la production de masques et gel hydro-alcoolique s’est relocalisée. Un cinquantaine d’entreprises restent positionnées sur ce créneau des protections jetables ou réutilisables.

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