Insécurité à Nantes : les associations reçues par la préfecture et la mairie

C'était en janvier dernier, une association de professionnels de la nuit poussait un cri d'alarme contre l'insécurité dans le centre-ville de Nantes. Depuis, les agressions restent quotidiennes et le ras-le-bol est général. Ce vendredi matin, ils ont été reçus par la préfecture.

Jeudi, une soixantaine de personnes était rassemblée devant la mairie de Nantes pour dénoncer l'insécurité.
Jeudi, une soixantaine de personnes était rassemblée devant la mairie de Nantes pour dénoncer l'insécurité. © Association S2N
Cyril nous appelle à la sortie de sa réunion avec la préfecture. Le fondateur de l'association S2N (Sécurité Nocturne Nantes) est légèrement agacé : "Au final, ils nous disent merci pour les infos mais en terme de solutions, il n'y a pas grand chose. Ils nous répondent qu'ils font avec les moyens du bord et que l'insécurité est en augmentation partout en France, on ne peut pas se satisfaire de ça".

Depuis 8 mois, ce barman et responsable d'établissement milite pour agir contre l'insécurité dans le centre-ville de Nantes. "On avait la chance d'être une métropole avec des statistiques en dessous de la moyenne, mais là, les agressions sont en constante augmentation". 

Jeudi, une soixantaine de commerçants et de riverains s'était rassemblée devant la mairie de Nantes. Sur leurs pancartes, on pouvait lire : "Il m'a ouvert lecrâne pour mon sac à dos", "J'ai reçu des coups de couteau pour mon téléphone", "Il a voulu me planter avec un tesson de bouteille", autant d'agressions dont ils ont été victimes ces dernières semaines ou ces derniers mois.

"On ne peut pas travailler comme ça, reprend Cyril, de l'association S2N, à un moment il faut faire quelque chose. On nous demande si on a des solutions à proposer mais si les effectifs de police sont trop faibles, ce n'est pas de notre ressort !"

Olivier Dardé, président de Plein Centre, l'une des associations des commerçants du centre-ville de Nantes, confirme : "Nous, notre boulot c’est de faire du commerce. Le reste, c’est le travail de la justice, de la municipalité et de la préfecture. On n'est pas entendu par eux donc on parle aux journalistes. On ne le fait pas de gaieté de coeur parce que ça ne nous fait pas plaisir de médiatiser ce sujet."
Selon l'association, les agressions à l'arme blanche sont de plus en plus fréquentes dans le centre-ville de Nantes.
Selon l'association, les agressions à l'arme blanche sont de plus en plus fréquentes dans le centre-ville de Nantes. © Association S2N


Des chiffres en constante augmentation

Le directeur de la tranquilité publique à la mairie de Nantes, Lionel Edmond, rappelle que beaucoup de choses ont été mises en place ces dernières années. "On est passés de 104 à 134 caméras de vidéosuveillance, on a augmenté de 20% les effectifs de la police municipale, on a mis en place des permanences dans le secteur Commerce/carré Feydeau tous les jours pour dissuader les dealers, il y a des patrouilles mixtes de la police municipale avec la police nationale..."

Bref, selon lui, les actions sont menées. Résolvent-elles le problème de la délinquance pour autant ? "C'est un autre problème, poursuit Lionel Edmond. On ne se voile pas la face. Il y a une vraie problématique de sécurité en centre-ville et les choses se sont aggravées ces dernières années. Il y a une convergence pour dire qu'il n'y a pas assez de policiers municipaux mais ça n'est pas la seule réponse à apporter".

Lundi prochain, la municipalité recevra elle aussi l'association de Cyril. "Le but, c'est de leur rappeler ce qui a été fait mais aussi de préciser que la compétence sécurité dans notre pays, c’est l’Etat et le ministère de l’Intérieur".
 
L'année dernière, les vols avec violence ont augmenté de 22,2% à Nantes, après deux années consécutives de hausse. Les règlements de comptes avec arme sur fond de trafic de stupéfiants sont eux aussi plus nombreux : 27 faits criminels en 2017, 45 en 2018 et 68 en 2019.

En novembre dernier, le procureur de la République Pierre Sennès, invité du 19/20, reconnaissait une augmentation de la violence et "une aggravation de la situation notamment dans les quartiers, avec une recrudescence des règlements de compte avec arme".

 

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