L'Arbre aux Hérons à Nantes : François Delarozière sort de sa réserve et répond à l'association Anticor

Publié le Mis à jour le
Écrit par Fabienne Even

Alors que la ville de Nantes doit délibérer prochainement sur l'achat de l'Arbre aux Hérons, l'association Anticor44 alerte sur les conditions de mise en concurrence des marchés publics. François Delarozière, directeur artistique des Machines répond à ces allégations par un communiqué.

"Il nous semble que le groupement Delarozière-Orifice-Association la Machine (organisme qui n’opère pas dans les conditions normales du marché, poursuit un but non lucratif, ne supporte pas les pertes de ses activités) peut être assimilé à un organisme de droit public soumis aux règles de la commande publique", écrit Anticor44 dans un communiqué concernant la réalisation et le financement de l'Arbre aux Hérons.

Le budget de cette œuvre gigantesque, imaginée par François Delarozière et Pierre Orefice, les créateurs du Grand Éléphant et du Carrousel des mondes marins, est estimé à 52,40 millions d'euros. L'Arbre est financé pour un tiers par Nantes Métropole, un autre tiers par le Conseil départemental, le Conseil régional et l'Etat, le dernier tiers par des mécènes. Située sur l'ancienne carrière Misery, l'oeuvre devrait être achevée en 2027.

"Je ne fais pas de politique; je ne suis pas un homme d’affaires"

Alors que Nantes Métropole doit prochainement décider de l'acquisition de l'Arbre aux hérons, considérée comme une œuvre d'art, Anticor44 alerte sur le manque de transparence dans l'attribution de certains marchés. 

Une dizaine de lots de travaux seraient concernés précise Anticor44, qui demande que "les lots pour la construction soient attribués après une mise en concurrence afin de retenir les entreprises les mieux-disantes, d’autant que certains lots ( gros-œuvre, gardiennage, bureau d’études techniques, contrôle SPS etc..) ne demandent pas de compétences “artistiques” particulières."

"Je ne fais pas de politique; je ne suis pas un homme d’affaires", a réagi François Delarozière. "Je n’attends aucun passe-droit, La Machine ne bénéficie d’aucune dérogation. Les œuvres qui nous sont commandées depuis des années par différentes collectivités le sont toujours dans le respect des règles de la commande publique. Et oui, les artistes ne sont pas mis en concurrence, parce que les œuvres d’art ne se font pas de concurrence entre elles".

L'association Anticor craint également que les nombreux mécènes finançant l'oeuvre bénéficient d'un avantage dans l'attribution des marchés. Pour plus de transparence, "Anticor 44 suggère qu’une charte éthique soit édictée au sein du Fonds de Dotation pour l’Arbre aux Hérons et du Jardin Extraordinaire pour savoir si les dons provenant d’entreprises ayant été attributaires de marchés avec Nantes Métropole et Nantes métropole Aménagement ou de contrats avec le groupement Delarozière – Oréfice – l’association la Machine sont acceptés ou pas et dans quelles conditions."

"En aucun cas, cette charte n’aurait vocation à interdire l’accès à la commande publique ou privé des mécènes, mais à fixer des règles éthiques et transparentes pour que ces entreprises puissent être considérées comme mécènes et ainsi bénéficier d’une réduction fiscale conformément à la charte de mécénat du ministère de la culture", ajoute Anticor.

"Les marchés passés par la Machine avec des collectivités locales, dès lors qu’ils portent sur la création ou l’acquisition d’une œuvre d’art ou d’une performance artistique unique, sont passés dans les conditions définies par l’article R2122-3 du code de la commande publique", précise pour sa part le communiqué de La Machine.