A Saint-Viaud, en Loire-Atlantique, un agriculteur teste la fertilité de son sol avec un slip

Jérôme Leduc, agriculteur à Saint-Viaud en Loire-Atlantique, s'est livré à une expérience pour le moins ludique : enterrer un slip sous terre pour observer comment se comporte le sol.

Avec "Plante ton slip", Jérôme Leduc a pu connaître l'état de santé de son sol facilement.
Avec "Plante ton slip", Jérôme Leduc a pu connaître l'état de santé de son sol facilement. © Jérome Leduc
Jeudi 28 mai, Jérôme Leduc, éleveur de porc et producteur de céréales à Saint-Viaud, dans le sud Loire, en Loire-Atlantique, déterrait une semence bien particulière : un slip. Le sous-vêtement ne s'est pas retrouvé dans son champ par hasard. Il a été placé là dans le cadre d'une expérience atypique sur le comportement du sol.

"Le but du jeu était d’implanter une matière en coton bio dans le sol. On enterre le slip à 20 centimètres sous terre. Au bout de deux mois, on le déterre pour voir ce qu’il en reste", explique l'agriculteur.
 

Tester la fertilité du sol

L'expérience s'inscrit dans l'opération "Plante ton slip" lancée par l'Agence de la transition écologique (ADEME).
Au total, une centaine d'agriculteurs des Pays de la Loire ont planté un slip dans leurs parcelles. L'objectif : tester la fertilité du sol. Si le tissu ressort intact ou presque, il y a peu de vie dans le sol. Si les organismes du sol ont "consommé" le slip, la terre est en bonne santé. 

Au début du mois d'avril, Jérôme Leduc se lance dans l'expérience. Résultat deux mois plus tard. "Il restait 50% du tissu, donc l'activité du sol plutôt bonne." Le test a été réalisé sur une parcelle de terre qui n'a pas été labourée depuis près de dix ans. L'agriculteur entretient la surface à l'aide d'un couvert végétal. L'expérience réussie du slip le conforte donc dans ses pratiques.
Après deux mois sous terre, 50% du tissu a été consommé par des organismes du sol.
Après deux mois sous terre, 50% du tissu a été consommé par des organismes du sol. © Jérôme Leduc
Mais au fait, pourquoi un slip ? "Il y a toujours un élastique ou une étiquette qui ne seront jamais consommés et qui permettront de le retrouver même si le tissu a intégralement disparu", indique Jérôme Leduc.Pendant la période de confinement, l'agriculteur a invité les élèves des communes alentours à tenter eux-aussi la plantation de slip dans leur jardin. "C'est un exercice assez ludique, assez facile et peu coûteux. Tout le monde peut le reproduire chez soi."

D'autres agriculteurs ont également décidé de se lancer dans l'aventure. La FDSEA et la chambre d'agriculture de la Marne ont ainsi lancé un appel aux agriculteurs à enterrer un slip.
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