Loire-Atlantique : la commune du Pellerin s’engage contre les perturbateurs endocriniens

La commune du Pellerin, sur les rives de la Loire / © Ville du Pellerin
La commune du Pellerin, sur les rives de la Loire / © Ville du Pellerin

En signant la charte "Villes et Territoires sans perturbateurs endocriniens", la commune du Pellerin veut réduire l’exposition de la population à ces substances chimiques, suspectées d’interférer dans le fonctionnement du système hormonal.
 

Par Fabienne Even

La commune du Pellerin, près de Nantes, est la première des Pays de la Loire à signer la charte d’engagement "Villes et Territoires sans perturbateurs endocriniens". Elle rejoint ainsi le réseau Environnement Santé qui regroupe déjà 200 villes françaises et 3 régions, toutes engagées dans la réduction de l’usage des produits chimiques.

Patrick Gavouyère, maire du Pellerin, est ravi de se poser en chef de file dans la région. "Il faut absolument adhérer à ce réseau. On aura à la fois une lutte contre les pesticides, sans montrer forcément du doigt les agriculteurs, et aussi une lutte contre tous ces perturbateurs endocriniens, dont tout le monde ignore l’existence et qui font partie de notre quotidien", explique-t-il.

Première action symbolique, les brocs en plastique de la cantine ont été remplacés par des brocs en matière végétale. Avec l'instauration d'une liaison chaude entre la cuisine centrale et les trois écoles de la commune, les barquettes en plastique qui servaient auparavant à réchauffer les plats ont été bannies. 

"Autrefois les enfants n’avaient pas de maladies comme l’asthme ou des allergies… J’ai pris conscience au fil des années que c’est peut-être l’environnement qui expliquait ces problèmes de santé", confie Patrick Gavouyère. Par ces actions concrètes, dans le cadre scolaire, il souhaite sensibiliser ses administrés et montrer qu'il est possible de réduire les polluants.

"Quand on me dit qu’avec nos petits bras on va changer le climat, j’ai du mal à y croire. Par contre, quand on me dit qu’avec nos petits bras on va réduire les polluants de notre environnement, j’y crois."

La municipalité s'est également engagée à développer la part des aliments bio dans les repas servis à la cantine. Actuellement de 41%, la part devrait atteindre 46% en 2020.
 

800 substances suspectées ou avérées

Pesticides, insecticides, bisphénol A, phtalates … la liste est longue. Près de 800 substances chimiques, d’origines naturelles ou artificielles sont aujourd’hui identifiées comme perturbateurs endocriniens. Ces substances interfèrent dans le fonctionnement du système hormonal, explique l'ANSES sur son site.

Les conséquences sur la santé, en particulier l'effet cocktail, font l'objet d'études scientifiques. L'INSERM identifie plusieurs conséquences potentielles pour l'organisme, comme l'altération des fonctions de reproduction, la malformation des organes reproducteurs, la perturbation du fonctionnement de la thyroïde ou encore le développement de tumeurs cancéreuses.

Dans l'air, dans l'eau, dans les aliments, les sources de contamination sont multiples. "Ils sont pour la plupart issus de l'industrie agro-chimique (pesticides, plastiques, pharmacie…) et de leurs rejets. Beaucoup sont rémanents : ils persistent dans l'environnement de longues années", souligne l'INSERM.
 

Trouver des chaises sans phtalates, pas facile !

Depuis 2011, la ville du Pellerin s'est engagée dans une gestion durable de ses espaces verts, avec la fin de l'usage des pesticides dans les jardins et cimetières. Cette fois, elle va encore plus loin : "l’objectif de la commune à court et moyen terme c’est de supprimer tous les produits d’entretien chimiques d’ici 2020 et de les remplacer par des produits naturels, à l’exception de la cuisine centrale", explique Alain Morinière, directeur général des services.

Avec la signature de la charte Environnement Santé, "la démarche est plus globale, c'est une belle aventure", car c'est l'ensemble des procédures de la commande publique qui doit être repensée. 

Un casse-tête par exemple pour "remplacer les chaises bourrées de phtalates" du nouveau pôle associatif et culturel. Finalement, le choix s'est porté sur des chaises en aluminium. "Cela nous demande de revoir de fond en comble la procédure de la commande publique", confirme Alain Morinière.

La commune signera officiellement la charte le 3 décembre prochain.

 

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