Nantes : 42 policiers supplémentaires pour veiller sur la ville, un nombre insuffisant selon les syndicats de police

L'annonce de l'arrivée de policiers supplémentaires par le préfet de Loire-Atlantique fait réagir les syndicats de police, pour eux le compte n'y est pas.
La police s'est postée pour des contrôles dans un quartier de Nantes.
La police s'est postée pour des contrôles dans un quartier de Nantes. © France Télévisions Luc Prisset
Voilà longtemps que Johanna Rolland, maire de Nantes et présidente de Nantes Métropole, réclame des renforts de police. Ses appels répétés ont-ils enfin été entendus ?

Didier Martin, préfet de la région Pays de la Loire, préfet de la Loire-Atlantique a accueilli, mardi le 1er septembre les 69 nouveaux personnels de police affectés à la Direction départementale de la sécurité publique de la Loire-Atlantique. Ils sont ainsi 48 policiers supplémentaires, dont 42 pour la circonscription de Nantes.

L’insécurité à Nantes est un sujet important, selon les données de la Préfecture de Loire-Atlantique, même si les chiffres de la délinquance sont en diminution depuis le début de l’année, la pression exercée par les délinquants reste très forte, malgré le nombre croissant d’interpellations et de gardes à vue effectuées :Didier Martin, le préfet de la région Pays de la Loire, a également souligné qu'"il y a une forte attente de nos concitoyens en termes de sécurité et de tranquillité publique en particulier, mais pas seulement à Nantes."  

Cette arrivée de forces de police supplémentaires est-elle suffisante ? 

Pour les syndicats de police, la réponse est clairement non !

Régis Herrouin, secrétaire départemental du syndicat Alliance à Nantes, commente les chiffres concernant les effectifs supplémentaires annoncés.
"Satisfait oui, on ne peut que se satisfaire d’avoir des collègues qui viennent à Nantes parce que nous avons besoin d’effectifs, maintenant ça ne suffit pas, ça ne suffit pas du tout, car les arrivées vont combler en partie les départs et, résultat, l’augmentation des effectifs est infime au vu du travail à effectuer sur la circonscription de Nantes. Sur le département, il y a également les villes de La Baule et de Saint-Nazaire de concernées".
 
"On a 50 arrivées à Nantes, sur ces 50 collègues, on a 3 techniciens, 1 administratif, 1 officier et 2 motocyclistes après, on a 43 policiers dit "de terrain" plus 12 adjoints de sécurité, ce sont des contractuels qui n’ont pas du tout les mêmes prérogatives que mes collègues de voie publique,
poursuit Régis Herrouin, il faut aussi compter 16 départs en mutation et on a, entre septembre 2019 et septembre 2020, 25 départs à la retraite sur 12 mois glissants, je vous laisse faire le calcul ! Il poursuit, "nous, on a fait un calcul il y a trois ans, on demandait 97 policiers de plus, ce chiffre comprend tous les services". 

On est quand même les grands oubliés, on est quand même une très grosse ville de France, on n'a toujours pas assez d’effectifs. Nantes est une ville qui grossit énormément et on n'a pas en proportion une augmentation de policiers sur le terrain.

Régis Herrouin, secrétaire départemental Alliance

"Tout l’été, on avait entre à minima entre 15 et 25 gardes à vues tous les jours, en plein mois de juillet et août, avec des pics à presque 40 des fois, continue Régis Herrouin, on en parlait avec nos collègues, on a l’impression qu’il y a beaucoup de communication, quand on vend des chiffres comme ceux-là, il faut regarder ce qu’il y a derrière, oui, on a du monde qui arrive, mais c’est juste pour boucher les trous".

 

Un constat partagé par les syndicats

Ce que nous confirme Stéphane Léonard de l’unité SGP Police FO : "tous syndicats confondus, on devait être à 90 ou 100 effectifs manquants sur Nantes. Vu l’augmentation criante de la délinquance sur Nantes, le compte n’y est pas, mais on est quand même satisfait, car on a quand même une petite augmentation d’effectifs".

"Malheureusement, on ne peut plus dire que Nantes est une ville où il fait bon vivre, mais avec l’augmentation constante de la population, nous, on voit une diminution des effectifs, l’adéquation n’est pas bonne car l’insécurité monte et croît de plus en plus sur Nantes. On a des effectifs de police qui ne suivent la même augmentation que la population",
poursuit Stéphane Léonard.

Johanna Rolland, la maire PS de Nantes, annonce une augmentation des policiers municipaux, pour créer notamment une brigade dans les transports en commun et renforcer les effectifs sur la voie publique.

 
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