A Nantes, le cinéma Katorza fête ses 100 ans

© Cinéma Kartoza / DR
© Cinéma Kartoza / DR

Le Katorza, c'est l'histoire d'un cinéma indépendant qui a toujours misé sur l'innovation et qui garde aujourd'hui encore l'esprit de son fondateur, Salomon Kétorza. Premier clap, ce week-end, les 21 et 22 septembre.

Par Thierry Bercault

L'histoire du Katorza a vraiment commencé le 26 novembre 1898 lorsque Salomon Kétorza demande au maire de Nantes de l'époque d'installer sa baraque à foire pour l'hiver à l'opéra Graslin.


Mais qui est donc ce Salomon Kétorza ?

Il se fait ausi appeler Schlomo K'étorza mais c'est Katorza que retiendra l'histoire. C'est le nom qu'il a donné à son cinéma le 4 juin 1920. Depuis le Katorza n'a pas changé de nom, ni de lieu et il fait toujours la promotion du cinéma innovant.

Le fondateur est un juif tunisien débarqué en France, un forain itinérant qui va se sédentariser à Nantes, un génie des affaires qui va révolutionner la diffusion du cinéma d'art et d'essai et les films étrangers en version originale.
Salomon et Julia Ketorza en 1910 / © Cinéma Kartoza / DR
Salomon et Julia Ketorza en 1910 / © Cinéma Kartoza / DR
 


Un cinéma itinérant

Lorsqu'il débarque à Nantes, il ne passe pas inaperçu avec son train : 14 wagons pour transporter son cinéma ambulant, 6 écrans géants, et une salle  de 27 mètres de long sur 8 mètres de large, un orgue pour remplacer les 140 musiciens et un moteur équivalent à 50 chevaux.
 
Le cinéma Kartoza en 1908 / © Cinéma Kartoza / DR
Le cinéma Kartoza en 1908 / © Cinéma Kartoza / DR


Les successeurs

Salomon Kétorza meurt le 8 septembre 1928. Le cinéma passe aux mains des familles Gouguenheim et Heitzeberg. Le premier est déporté et meurt en camp de concentration. Le deuxième se tue dans un accident d’automobile.

C'est sa compagne, Melle Nouaille qui prend la suite. Elle fera reconstruire le cinéma après son bombardement le 16 septembre 1943 et restera directrice jusqu'en 1959. Lorsque le cinéma rouvre le 30 avril 1951, il est équipé du cinémascope.

Dans les années 1960, la famille Pineau, propriétaire l'Olympique, reprend le Katorza puis en juin 1995, c'est la Sorédic (aujourd'hui Cinéville)  qui rachète le cinéma et l'exploite dans le même esprit que son fondateur.
 
La façade du cinéma Kartoza à Nantes dans les années 60 / © Cinéma Kartoza / DR
La façade du cinéma Kartoza à Nantes dans les années 60 / © Cinéma Kartoza / DR
 

Les 3 claps du centenaire


Pour célébrer le centenaire de cette belle histoire, le Katorza a choisi tois temps forts. 

1) premier clap ce week-end , samedi 21 septembre et dimanche 22 septembre, à l'occasion des journées du patrimoine.  Un voyage dans le temps avec des ciné-concerts, du cinéma d’avant-guerre et des années 50 sans oublier des invités.

2) deuxième clap du 30 décembre au 1er janvier 1920 pour passer un réveillon devant l'écran

3) troisième clap les 19 et 20 juin 2020 pour fêter l'anniversaire de ce cinéma si apprécié des cinéphiles nantais.
 

Un livre

Et si vous voulez en savoir plus sur cette fabuleuse histoire du grand écran, vous pourrez toujours acheter en janvier 2020  le livre de 144 pages imprimé par les éditions d'Orbestier, La folle histoire du Katorza, cent ans de cinéma à Nantes
 
Un tram nommé "Désir" à Nantes / © Cinéma Kartoza / DR
Un tram nommé "Désir" à Nantes / © Cinéma Kartoza / DR

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