Nantes : il y a tout juste un an, les rues passaient à 30 km/h

Alors que la vitesse dans les rues de Paris passe à 30 km/h, les rues de Nantes voyaient fleurir les panneaux 30 il y a un an de ça. Suivant de nombreuses métropoles, françaises ou européennes, qui avaient mesuré les bienfaits de la réduction de la vitesse en ville en matière d'accidents.

Passer de 50 à 30 km/h sur 80% de la voirie communale, la mesure appliquée à Nantes en 2020 entre deux confinements n'avait pas fait autant de bruit que le pass sanitaire en 2021. La ville de Nantes n'était pas pionnière en la matière, mais les expérimentations déjà faites depuis plusieurs années, et surtout les résultats obtenus en matière de sécurité routière dans d'autres métropoles, françaises ou européennes, avaient convaincu la municipalité de s'engager dans cette voie sans plus attendre.

Un an après, Bassem Asseh, adjoint à la maire de Nantes, indique qu'il est difficile de pouvoir établir un bilan juste de l'application de cette nouvelle règle de circulation. "Il est difficile de pouvoir faire un constat tant les années 2020 et 2021 ne sont pas comparables avec les années précédentes. Les confinements, le télétravail, ont profondément modifié les besoins de mobilité. Nous ne voulons pas prêter le flanc aux critiques en publiant des chiffres qui ne seraient pas comparables".

20% d'accidents en moins

Dans les villes qui ont une antériorité dans la prise de décision, comme Grenoble ou Bruxelles par exemple, Bassem Asseh souligne "une baisse de 20% du nombre des accidents et de 25% du nombre des blessés".

"La règle c'est 30 km/h, 50 km/h c'est l'exception". La ville de Nantes rappelle avoir pris cette décision pour que les usagers de la rue, piétons, cyclistes ou automobilistes se déplacent et se sentent en sécurité les uns par rapport aux autres. "Il faut plus de distance pour s'arrêter à 50 km/h qu'à 30 km/h, la circulation apaisée fait diminuer les risques d'accident et de stress". Bassem Asseh souligne aussi que les progrès en matière de confort des automobilistes ont souvent conduit à donner une, fausse, impression de sécurité aux conducteurs.

30 km/h, la responsabilité de chaque maire

Pas de chiffres d'accidentologie à Nantes pour l'instant, mais tout de même des mesures de vitesses. "On a effectué deux fois plus de verbalisations début 2021 que début 2020, mais ajoute l'élu, "le nombre, 200 PV, n'est pas considérable non plus". Un nombre qui indique bien que tous les automobilistes n'ont pas encore pris la mesure de l'enjeu de sécurité routière.

Y aura-t-il des changements à l'avenir à Nantes ? "À priori non, on ajuste en fonction de la réalité du terrain. Par principe, les rues secondaires sont à 30 km/h, les axes majeurs où circulent les Chronobus et les trams restent à 50 km/h".

Cette décision de limitation à 30 km/h relève de la responsabilité de chaque maire dans sa commune. Les décisions nantaises ne valent pas pour les autres communes de la métropole. Même si tous les maires, finalement, avancent dans le même sens. Chacun choisissant de réduire, ou pas, la vitesse en fonction de l'usage qui est fait de la voirie communale.

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