Nantes : une scène de commando aux urgences du CHU

La scène s'est déroulée durant la nuit du 21 au 22 janvier, Un groupe cagoulé est entré aux urgences du CHU pour y "récupérer" violemment une personne admise en traumatologie, en dépit de la présence policière et de la sûreté de l'hôpital. Un assaillant a été arrêté, les autres ont réussi à fuir.

L'entrée du service des urgences du CHU de Nantes
L'entrée du service des urgences du CHU de Nantes © Romain Boulanger / MAXPPP

Les personnels du CHU ont déjà vécu des situations d'agressions tendues aux urgences du CHU de Nantes, mais celle qui s'est déroulée la nuit dernière, du jeudi 21 au vendredi 22 janvier, vers 1 heure du matin, les a particulièrement choqués. C'est le syndicat Force Ouvrière qui communique sur cette incroyable scène de commando.

Un groupe de huit hommes cagoulés est entré violemment dans le service de traumatologie des urgences pour venir y chercher une personne qui venait d'y être admise. La personne arrivée une heure plus tôt était gardée par un équipage de police.

La présence policière, ni celle des quatre agents de la sûreté du CHU, ne les ont dissuadés d'agir. Police et agents du CHU se sont interposés et ont reçu de coups de poings et coups de pieds particulièrement violents. Le patient et sept de ses complices sont alors sortis en forçant les portes automatiques du sas d'accueil. La police est partie à leur poursuite, pendant que trois des agents de la sûreté du CHU plaquaient au sol l'un des comparses. Ce jeune homme de 21 ans a été emmené au commissariat par des renforts de police. 

Le syndicat FO indique que la zone des soins a été mise en sécurité et que les agents ont été pris en charge médicalement et psychologiquement. Leur déclaration d'accident du travail a été établie, une plainte déposée au commissariat.

La police judiciaire a réquisitionné les vidéos de surveillance et procède aux relevés ADN des personnes qui ont pénétré dans les box du service de traumatologie.

FO ajoute que "des arrêts de travail sont potentiellement attendus tant chez les soignants, que pour les agents de la sûreté du CHU".

Les personnels soignants des urgences sont particulièment choqués par cette action de commando : "nous sommes dans un lieu de soins, cette violence est intolérable, il y a un local de police sans effectifs la nuit, nos équipes de sûreté étaient formés par la police avant la mise en place du plan vigipirate, et ne le sont plus". "L'équipe de nuit est rentrée chez elle pour se remettre, pas certain qu'ils aient envie de revenir", ajoute un syndicaliste.

Trois plaintes de fonctionnaires de police, dont l'un a été blessé au genou, ont été déposées ainsi que cinq par le personnel hospitalier pour violences.



Ce qui s'est passé avant cette opération commando

Jeudi soir, les policiers repèrent une Mercedes roulant à vivre allure dans la ville, utilisant notamment une herse ("stop stick") pour l'arrêter. Le conducteur de 23 ans perd le contrôle du véhicule et est interpellé après avoir tenté de fuir.

Le passager est également arrêté, selon la Direction départementale de la sécurité publique (DDSP) de Loire-Atlantique.
    
Se plaignant de douleurs au ventre, le conducteur est amené aux urgences du CHU de Nantes. Vers 1 heure du matin, des individus entrent dans l'hôpital et prennent à partie des membres du personnel hospitalier et des personnes qui surveillaient le blessé dans un box de traumatologie.

En outre, à l'extérieur du CHU, "une quinzaine d'individus ont protégé la fuite" de cet homme, qui fait par ailleurs l'objet de plusieurs fiches de recherche, d'après la même source. 

Dans un communiqué, l'Unsa-police a déploré "une fois de plus que des policiers soient blessés dans l'exercice de leurs fonctions à Nantes", estimant que les fonctionnaires ont été confrontés "à un commando qui n'a pas hésité à s'en prendre violemment aux policiers pour libérer l'un des leurs".

"Il est grand temps que nos gouvernants, au vu de la dégradation du climat ambiant sur la sixième ville de France, dotent enfin la police nationale de moyens humains et matériels à la hauteur des enjeux", estime le syndicat de policiers.
 

 

 

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