Prostitution des mineurs en forte hausse. Pour Sarah El Haïry, "ne pas avoir honte et demander de l'aide"

La prostitution des mineurs est en pleine expansion en France. Sarah El Haïry, la ministre déléguée chargée de l'Enfance, de la jeunesse et des familles, était l'invitée de notre édition régionale dimanche 10 mars à ce sujet.

La prostitution des mineurs explose en France. Près de 10 000 jeunes vendraient leur corps, selon les associations. Un plan de lutte avait été déjà lancé il y a près de trois ans. Mais pour autant, ce chiffre ne baisse pas.

"Ce chiffre ne baisse pas parce qu'il y a d'autres formes aujourd'hui de prostitution qui touchent les enfants en particulier, explique Sarah El Haïry, je pense à l'arrivée sur les réseaux sociaux de nouveaux sites internet, Onlyfans ou MYM".

Des réseaux qui existaient déjà, il y a trois ans, mais "pas avec cette ampleur-là".

"On ne se rend pas compte et on se retrouve dans un engrenage qui amène jusqu'à de la prostitution. Alors qu'au début, on a l'impression de donner une photo de nous dénudé, plus ou moins d'ailleurs, une vidéo".

Alerter et se faire aider

Pour Sarah El Haïry, il faut alerter. "Il faut alerter les parents, bien sûr, en premier, en leur disant, brisez ce tabou, ayez ces discussions à la maison parce que la prostitution, ce n'est pas exclusivement des réseaux de la traite humaine. Il y en a et nous luttons contre".

"D'ailleurs, on a démantelé un réseau il y a quelques jours à Orléans, mais ça peut toucher toutes les familles, de toutes les classes sociales, de tous les territoires. Et derrière peut-être ce malaise de discuter de sujets comme ceux-là, et bien, on se retrouve parfois démunis".

Les parents sont parfois démunis, il ne faut pas avoir honte, il faut demander de l'aide et surtout être aux côtés des enfants.

Sarah El Haïry

Ministre déléguée chargée de l'Enfance, de la jeunesse et des familles

"Alors si on est parents et qu'on voit qu'il y a une situation qui nous préoccupe, il ne faut pas hésiter à commencer la discussion et à demander de l'aide".

Et cette aide peut se trouver en composant le 119, 24 heures sur 24. 

Il ne faut pas oublier qu'un enfant ou un mineur qui se prostitue, c'est d'abord un enfant et un enfant victime. Il faut être à ses côtés.

Sarah El Haïry

Ministre déléguée chargée de l'Enfance, de la jeunesse et des familles

Identifier les signes

Face à ce fléau de la prostitution des mineurs, comment faire pour faire baisser ce chiffre ?

La ministre annonce vouloir "lancer un appel à projet pour permettre à des associations de faire des maraudes numériques, de parler à ces jeunes filles et ces jeunes garçons sur les réseaux sociaux".
Ces maraudes existaient déjà "mais on va le renforcer", dit-elle.

Sarah El Haïry souhaite également outiller enseignants ainsi qu'associations sportives et culturelles, "parce qu'il faut créer une sorte de chaîne, de chaîne de protection".

"Il faut permettre d'identifier des signes. Par exemple, un téléphone portable qui arrive, un sac, un changement de look, parfois de l'isolement, un changement d'amis, poursuit Sarah El Haïry, tous ces petits signes doivent nous permettre aujourd'hui de dire attention, il se passe peut-être quelque chose alors, il faut demander de l'aide ou en tout cas à minima commencer cette discussion".

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La prostitution des mineurs est en pleine expansion en France. Sarah El Haïry, la ministre déléguée chargée de l'Enfance, de la jeunesse et des familles, était l'invitée de notre édition régionale dimanche 10 mars à ce sujet. ©France 3 Pays de la Loire

Propos recueillis par Siegrid de Misouard

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