Rencontres amoureuses : après les agences matrimoniales traditionnelles et les sites de rencontre, l'amour à domicile

En période de Covid, difficile de faire des rencontres. La plupart des agences matrimoniales ont vu leur chiffre d'affaires bondir et afficher de 30%. Si aller en agence a toujours la cote, un nouveau concept, l'amour à domicile a vu le jour récemment en Vendée.

A chacun des confinements, les gens se sont retrouvés confrontés à leur solitude. Le célibat concerne 21% des Français âgés de 25 à 65 ans, hommes comme femmes, selon l’Insee. 

C’est donc naturellement que les agences matrimoniales traditionnelles ont conforté leur marché. David Bellée est directeur d’agence depuis 2012 à Nantes, selon lui, ce n’est pas un effet de mode. Son agence compte 230 adhérents.

Fort de son expérience, David réajuste ses petites lunettes et accueille Bernard, la cinquantaine. Ce nouvel adhérent est célibataire depuis 6 ans. Blasé par les sites de rencontres, il a bien l’intention de trouver la perle rare.

"Ici, on va s’occuper de moi. Sur Internet, c’est plutôt un physique qui est demandé ou des plans X ou Y. Le temps passe vite. Donc, pour mon pain, je vais chez le boulanger, pour mes légumes, je vais chez le primeur… Et là, c’est normal que je vienne ici... J’aime bien les choses carrées et droites."

Nous sommes dans un monde où le célibat augmente sans cesse

David Bellée, directeur d'une agence matrimoniale

"J’ai lu dans un article de l’ordre des avocats spécialisés que les divorces vont continuer d'augmenter. Entre 2021 et 2022, un million sont prévus, 4 fois plus que d’habitude, les gens se sentent seuls…. Ils ont revu leurs priorités" précise David Bellée, ajoutant "quand on ne sait pas ce qui va nous tomber dessus, on se dit, à deux, c’est mieux".

"Les femmes veulent des hommes d'1,80 m minimum, ça les rassure"


Olivier Javaudin en Vendée, a repéré le phénomène. En janvier dernier, il décide de créer une agence itinérante.

Ancien conseiller clientèle dans une entreprise de télésurveillance, il constate à quel point les appels de courtoisie sont une bouffée de bonheur pour les personnes seules. L'idée germe peu à peu, il fait une formation.

En août dernier, il lance Cupidon Vendée. Nul besoin de locaux, il baisse ainsi ses frais, et propose des tarifs de 20 à 30 % inférieurs aux agences classiques. Très vite, il se fait une clientèle. L'agence comptabilise une soixantaine d'adhérents.

Pour Joce, célibataire depuis deux ans, le concept est innovant : "Je n’aurais pas fait la démarche d’aller en agence, j’ai deux adolescents, une semaine sur deux et le fait qu’Olivier vienne chez moi et voit comment je vivais, m’a tout de suite donné confiance."

"C'est chaque jour différent. Les femmes sont souvent plus exigeantes que les hommes

Olivier Javaudin, créateur de Cupidon

"Les femmes veulent des hommes d'1m80 minimum, ça les rassure, je pense, remarque Olivier, il faudrait que j’aille dans un club de basket, moi, j’ai plein d’hommes petits, je ne sais pas quoi en faire, qu’elles aient 40 ou 65 ans, elles veulent des hommes de grande taille !" 

Les hommes, eux, refusent les femmes rondes

Olivier Javaudin

"J'adore ce métier. L'autre jour, je rentre de chez moi et je raconte à ma femme que j'ai parfois l'impression d'être psy, une femme s'est installée dans son canapé et au fil de la discussion, une jambe est tombée puis l'autre, ensuite elle s'est retrouvée les mains sur le ventre et moi, j'étais assis et je prenais des notes."

Avec 11 rendez-vous par semaine, Olivier s'épanouit. Il parcourt des kilomètres. Son agenda se remplit vite. Il refuse parfois de prendre certaines personnes. "Un Monsieur de 92 ans, m'a demandé une inscription, mais faute de personne à lui proposer, j'ai dû lui dire, avec tact que, c'était impossible." Empathique, le week-end prochain, Olivier pensera à un couple, me dit-il "car c'est la première fois qu'ils se rencontrent. C'est un peu ma famille."

Un dispositif qu'Isabelle va bientôt éprouver. Célibataire depuis deux ans, à 44 ans, elle cherche l'Amour avec un grand A. Pour rencontrer des personnes, il y aurait bien les discothèques et les sites de rencontres, mais ça lui déplaît. Elle préfère une agence sérieuse, conviviale et humaine.

"Je vais rencontrer quelqu’un ce week-end qui me correspond. Je n'ai pas vu de photo, j’ai juste eu sa fiche, c’est quelqu’un de simple, qui va de l’avant. Il a fait la même démarche que moi, il a 4 ans de plus" confie Isabelle, toute guillerette, "je suis partagée, excitée, c’est tout un mélange d’émotions. J’ai hâte, vraiment hâte de le rencontrer, de le connaître."

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