Ségur de la Santé : l'Adapei de Loire-Atlantique, qui accueille des handicapés mentaux, recherche désespérément des salariés

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Écrit par Christelle Pineau

L'Adapei de Loire-Atlantique n'arrive plus à recruter. Le nombre de salariés démissionnaires n'a jamais été aussi élevé. Plusieurs causes mais surtout un fait a déclenché ce mouvement de colère : l'exclusion de ces personnels des hausses de salaire du Ségur de la santé.

Situation alarmante pour l'Adapei 44, en pénurie de personnel, depuis de longues semaines. La structure associative privée, fait à face à d'énormes difficultés de prise en charge des personnes handicapées, certaines doivent rentrer dans leur famille. Plusieurs facteurs sont liés à cette situation dont l'exclusion des personnels soignants du Ségur de la Santé.



Exclusion au motif que c'est une structure associative privée, avec délégation de service public, pas un service public ou un Ehpad. Aucune revalorisation salariale avec pour conséquence 38 démissions ce dernier trimestre...Un véritable détonateur dans un secteur malmené depuis des années.

700 enfants en liste d'attente

"On ne crée plus de places dans les établissements depuis de nombreuses années, donc on a de nombreuses personnes en liste d'attente, explique Arnaud Goasguen, directeur de l' Adapei de Loire-Atlantique, par exemple, on a 1 000 offres secteur enfance, on a 700 enfants en liste d'attente en Loire-Atlantique". 

Face à cette situation de crise, l'Adapei n'a d'autres choix que d'ouvrir la profession à des personnels non formés.

"On lance un appel à des personnes non formées, on organise du job dating avec Pole Emploi, énumère Arnaud Goasguen, tout au long du mois de novembre, on en organise plusieurs, on est en capacité par la suite d'étayer l'accompagnement des futurs professionnels qui intégreront l'Adapei".

Pour les parents, qui se battent aux côtés de l'association, c'est une source supplémentaire d'inquiétude.

Chez soi c'est pas possible, souvent d'ailleurs les maisons ne sont pas adaptées au handicap de nos gamins

François Belin, maman

"Les parents, dont je suis, vieillissant, redoutent de devoir récupérer leurs enfants chez eux, Françoise Belin, maman, l'avantage quelque part dans une institution c'est qu'il y a un roulement dans le personnel, je ne dis pas qu'il ne souffre pas le personnel, on est d'accord, mais il y a un roulement dans le personnel qui fait que ça peut tourner".

Rozenn et Astrid sont éducatrices dans cette maison depuis 14 ans. Elles aussi, au front pendant les confinements avec les résidents, fournissant le même travail que les soignants mais elles n'auront pas droit à la prime Covid de l'Etat. L'épuisement les gagne.

"Nous, on est complètement désertés, donc on se retrouve à travailler avec des personnes qui sont intérimaires, qui viennent souvent à la journée, et qui n'ont pas le même degré d'implication", explique Rozenn.

Les professionnels s'usent, les titulaires s'usent et les résidents vivent de moins en moins bien la situation parce qu'ils n'ont plus la continuité d'accompagnement qu'ils ont d'habitude

Rozenn, éducatrice spécialisée

"Il n'y a plus de stabilité comme on a pu connaître, dit à son tour Astrid, donc il y a moins de vie sur la maison aussi".

Pour rendre visible l'urgence de la situation, personnels, résidents et parents manifesteront ensemble le 17 novembre devant la Préfecture de Loire-Atlantique.

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