TEMOIGNAGE. Nantes : "il y a une perte de confiance, il y a une usure", la police entre découragement et révolte

Les policiers manifestent pour se faire entendre, violence sociale de plus en plus forte, manque de considération généralisée, déclaration présidentielle inopportune, le syndicat Alternative Police CFDT met des mots sur les maux de la police nationale.

La police entre découragement et révolte manifeste devant le grand éléphant de Nantes
La police entre découragement et révolte manifeste devant le grand éléphant de Nantes © Olivier Quentin / France Télévisions

La police nationale va mal, de plus en plus montrée du doigt, par des citoyens qui lui reprochent sa brutalité, ou d'autres une forme d'inefficacité, par le pouvoir politique qui ne prend pas la mesure de ses difficultés et jusqu'au président de la République qui pratique une forme d'amalgame qui a profondément choqué les policiers, jusque parmi les plus modérés.
 

Une agression criminelle

Thierry Audouin du syndicat Alternative Police CFDT revient sur l'agression dont à été victime l'un de ses collègues lors d'un jet de cocktail molotov à Nantes. "Nous sommes extrêmement choqués par la violence de l'agression, une agression criminelle ce n'est pas anodin, et puis choqués par le fait que les manifestants présents criaient qu'ils étaient contents de voir un -poulet griller-, c'est dramatique ! Il y a une perte de confiance, il y a une usure et rien n'est fait. On ne peut pas travailler comme ça indéfiniment. La police tient, mais elle peut aussi craquer de l'intérieur"
 

Revoir l'organisation du travail

Alternative Police CFDT milite pour une réorganisation en profondeur des cycles de travail. "Il va falloir revoir les choses en profondeur, les conditions de travail sont matérielles mais sont aussi beaucoup dans les cycles".

"Un cycle pour faire simple c'est deux fois douze heures, on l'appelle le 12h08 dans la police nationale, soit douze heures de nuit douze heures de jour ça permet 50% de capacité opérationnelle de plus sur le terrain. À Nantes, l'insécurité dont les Nantais ne cessent de faire état ne peut pas se passer de cette réorganisation".
 

Une déclaration présidentielle comme un électrochoc

La déclaration d'Emmanuel Macron, le président de la République, sur les contrôles au faciès a touché les plus républicains des policiers. "Dire qu'il y a des contrôles au faciès systématique, ça voudrait dire que c'est un objectif ? Qui serait fixé par qui ? Il n'y en a pas !"

Certes mais tous les policiers sont-ils irréprochables ? "Il y a des enquêtes administratives et judiciaires qui aboutissent à des sanctions, donc de fait, il y a des manquements ici ou là. Mais il faut savoir dissocier les manquements personnels et ne pas les mettre en lien avec une institution en sous entendant que c'est l'administration ou la formation qui feraient qu'on nous formerait pour être violents. C'est faux".

Nantes : la police entre découragement et révolte

 

 

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