Un salon de coiffure non genré. "Plus c’est court et moins c’est cher"

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Un salon de coiffure où les tarifs des coupes sont les mêmes pour les hommes et les femmes. C’est le choix qu’ont fait deux jeunes gérants d’un établissement Nantais pour plus d'égalité. Dans ce salon, c'est la longueur des cheveux qui détermine le prix. ©France 3 Pays de la Loire, Alexis Delacour, Boris Vioche et Valérie Brut

Un salon de coiffure où les tarifs des coupes sont les mêmes pour les hommes et les femmes. C’est le choix qu’ont fait deux jeunes gérants d’un établissement à Nantes. Les tarifs sont établis en fonction de la longueur des cheveux et non du genre.

C’est la longueur des cheveux qui détermine le prix. Dans le salon de Rémy et Alice, les tarifs homme ou femme ont disparu. Pour plus d'égalité, ils ont décidé de revoir leurs prix, au-delà des distinctions de genre.

Selon une enquête de l'association de consommateurs CLCV, à prestation équivalente chez le coiffeur, les femmes payent en moyenne 46 % plus cher que les hommes.

Un nouveau système

Le principe est assez simple, “plus il y a de cheveux, plus on va utiliser de produit, plus on va utiliser de temps. Et donc ça augmente le tarif" explique Rémy, cogérant du salon.

Plus c’est court, moins on passe de temps et moins c’est cher

Rémy

Cogérant du salon La baraque à cheveux

L'objectif, c'est que les clients ou les clientes payent la prestation en fonction du travail effectué et non en fonction de leur genre.

“On a dissocié ça en quatre tarifs. Très court, court, mi-long et long " détaille Rémy. Pour une prestation classique, les prix varient de 30 à 50 euros.

Une clientèle féminine convaincue

"Ce sont des tarifs très, très bien" assure une cliente."J'entretiens mes cheveux régulièrement, je viens quand même une fois par mois, c'est un budget" précise-t-elle.

Ici, la prestation lui coûte entre 70 et 80 euros. Dans un autre salon, elle estime qu'elle devrait payer 100 euros.

"La clientèle masculine, c'est divergent " explique Alice, cogérante du salon.

On a des clients qui trouvent ça chouette, qui sont OK avec le principe

Alice

Cogérante du salon La baraque à cheveux

 "Il y en a d'autres qui ont l'habitude de payer un peu moins cher, donc qui sont un peu déstabilisés par l'idée" souligne-t-elle.

La taxe rose chez le coiffeur

La plupart des coiffeurs pratiquent ce qu'on appelle la "taxe rose". C'est-à-dire que pour les mêmes produits ou le même service, les femmes payent plus cher. Une différence de prix qui est difficilement justifiable.

Pour lutter contre ces pratiques, des salons font le choix de la tarification non genrée. À Nantes, il existe plusieurs établissements qui pratiquent une tarification non genrée, Noms d'oiseaux, La Kage, Curieux ou encore Le Labo en font partie.

Des collectifs se forment également pour que la filière s'engage. Que ce soit sur le plan de l'égalité homme femme, sur l'écologie ou contre les discriminations, les enjeux de société s'invitent chez le coiffeur.

Des cheveux politiques

Des collectifs comme "Coiffure en lutte" se mobilisent pour que les pratiques des salons évoluent. Il ne s'agit pas uniquement des différenciations de genre, mais aussi de prendre en compte l'ensemble des types de cheveux dans les formations. Peu de salons savent réellement prendre soin des cheveux crépus, frisés ou bouclés par exemple.

Depuis septembre 2024, la fédération de la coiffure et le ministère de l'Éducation nationale ont créé un diplôme spécialisé dans les cheveux bouclés, frisés et crépus. Jusque-là, aucune formation professionnelle spécifique à ce type de cheveux n'était reconnue.

Lune Hornn et Alexis Delacour

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