Pays de la Loire : mars et avril sous le signe de la sécheresse, les agriculteurs s'inquiètent

Même confinés, nous nous en sommes tous rendus compte, il n'a pas beaucoup plu depuis le début du mois de mars. Hormis quelques ondées mi avril, le ciel est resté avare de pluies et la profession agricole s'inquiète pour les fourrages.

Sur Nantes, on a constaté 80 % de déficit de pluie sur mars et avril.
Sur Nantes, on a constaté 80 % de déficit de pluie sur mars et avril. © France Télévisions Olivier Quentin

Les seules pluies importantes que l'on a connues sur les Pays de la Loire depuis le 1er mars datent maintenant d'il y a deux semaines. C'était les 9, 10 et 11 avril avec, par exemple, 13 mm sur la Loire-Atlantique et 21 mm sur le Maine-et-Loire. Mais si l'on excepte cette perturbation, le temps a été très sec depuis deux mois. 

La Loire-Atlantique est le département le plus touché par cet épisode de sécheresse avec, relevé à la station de Nantes, un déficit de 80 % de pluie. Lors d'années normales, on peut espérer en moyenne 118 mm, il n'en est tombé que 23,8 sur mars/avril 2021.

La Mayenne moins touchée

En Vendée, on n'est pas loin de ces chiffres avec un déficit de 73 %.

C'est la Mayenne qui s'en tire le mieux, mais ce département cumule tout de même un déficit de plus de 50 % sur les deux mois.

Tous les départements affichent un déficit de pluie d'au moins 55 %.
Tous les départements affichent un déficit de pluie d'au moins 55 %.

Certes, on a connu des mois d'avril plus secs. Sur la station Météo France de Nantes, en avril 1984, on n'avait totalisé que 2 mm de pluie. Sur la station de Beaucouzé (Angers), c'est le mois d'avril 1955 qui fait référence avec seulement 4/10ièmes de mm !

L'agriculture déjà impactée

"A la sortie de l'hiver, les conditions étaient bonnes, note Denis Laizé, le président de la Chambre d'Agriculture du Maine-et-Loire. Il y avait de l'herbe. mais c'est devenu compliqué."

Les premières conséquences de cette sécheresse précoce se voient en effet au niveau des prairies. Pour le mois de juin, on craint que les potentiels de rendement ne commencent à être fragilisés. L'herbe repousse peu. Les éleveurs commencent à attaquer l'herbe qu était en cours d'ensilage.

"A moyen terme s'inquiète Denis Laizé, on peut craindre une pénurie de fourrages pour les mois à venir."

"La sécheresse est généralisée en France"

Les cultures d'hiver qui devraient être en plein développement sont impactées. Le président de la chambre d'agriculture du Maine-et-Loire qui préside aussi la direction du végétal à la chambre régionale, voit déjà arriver des conséquences sur la production de paille cet été.

"La sécheresse est généralisée en France, constate-t-il, la tension sur la paille va être importante. Si l'été est pluvieux, ça se passera bien mais on ne le sait pas encore."

Pour ceux qui peuvent arroser, le problème se situe au niveau des cours d'eau. "Les nappes sont à peu près rechargées, pense Denis Laizé, mais pour les cours d'eau, comme il ne pleut pas assez depuis novembre, la Loire commence à baisser sérieusement."

Le problème varie d'une zone à l'autre mais déjà, des restrictions d'usage de l'eau ont été prises dans le sud-ouest de la Loire-Atlantique.

"Ça dépend de la capacité des sols à retenir l'eau" explique Denis Laizé. En effet, les sols caillouteux, sableux, peu argileux souffriront plus. Chaque terroir réagira différemment.

Les agriculteurs redoutent cette "hâle de mars", période de sécheresse qui peut avoir de lourdes conséquences sur les cultures. "Avec le vent d'est, c'est encore plus sec, ça n'aide pas" ajoute Denis Laizé.

Des pluies pour les prochains jours

Justement, le vent va tourner. "On attend un changement de régime, nous dit un prévisionniste de Météo France, avec un flux qui va s'orienter à l'ouest et un passage perturbé qui devrait apporter un peu d'eau."

Une bonne nouvelle et si on se reporte à la même période de 2020, l'année avait déjà commencé avec de la sécheresse. Les pluies étaient ensuite arrivées.

Les syndicats sollicitent les collectivités locales et les particuliers

Inquiets du manque annoncé de fourrages, les syndicats FDSEA et Jeunes Agriculteurs du Maine et Loire, sollicitent les pouvoirs publics.  Ils demandent que "les collectivités locales et le Département de Maine-et-Loire à mettre à disposition toutes les zones en herbe (délaissées, abords de zones d’activités, terrains non exploités, banquettes de bords de route…) qui pourraient être fauchées et récoltées par les éleveurs dans le besoin. Cet appel s’adresse également aux particuliers qui ont des parcelles en herbe afin de les mettre à disposition."

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