Audrey Dufeu, députée LREM de Saint-Nazaire, dépose une proposition de loi pour lutter contre "l'âgisme"

Audrey Dufeu, députée LREM de Loire-Atlantique, a déposé une proposition de loi contre l'âgisme, le rejet des aînés, 16 propositions pour garantir les droits des plus âgés, intégrer la question du vieillissement dans le fonctionnement normal de notre société.

Audrey Dufeu, députée de Loire-Atlantique, auteure d'une proposition de loi destinée à lutter contre l'âgisme
Audrey Dufeu, députée de Loire-Atlantique, auteure d'une proposition de loi destinée à lutter contre l'âgisme © Vincent Isore / MAXPPP

"J'ai travaillé 20 ans dans le soin aux personnes âgées et j'ai pu observer que nous vivons dans le déni de notre propre vieillissement. La société ne veut pas vieillir, or nous ne pourrons pas y échapper". Audrey Dufeu, la députée de Saint-Nazaire en Loire-Atlantique, veut changer le regard porté collectivement sur le vieillissement. Elle porte cette proposition de loi avec conviction. 

 

Des droits pour les personnes âgées

"La société va vivre le vieillissement comme un choc, la crise sanitaire a démontré que l'âgisme, ce refus de regarder le vieillissement avec lucidité, menaçait notre cohésion sociale notre solidarité envers les plus faibles". Il est donc de la responsabilité des politiques de prévenir cette difficulté.

Audrey Dufeu constate que 95% des personnes âgées vivent à domicile, et qu'il convient d'affirmer leur choix de vie. "On ne peut pas forcer les gens à aller en Ehpad. Trop souvent la décision est prise par la famille au détriment de la personne, entre contrainte et résignation". Et d'ajouter, "les droits de l'homme ne sont pas liés à l'âge !"

Le renforcement des droits des personnes âgées pour lutter contre l'âgisme est devenu dans le contexte de crise du Covid-19 une nécessité. "Il faut changer le regard porté sur le vieillissement, préserver notre société de dérives âgistes, discriminantes"

 

Une proposition de loi en 16 points

La proposition de loi comporte 16 articles pour renforcer les droits des personnes âgées, préparer la société à la transition démographique et améliorer leur représentation dans la société.

Audrey Dufeu souhaite organiser tous les trois ans une Conférence nationale du Grand âge ou prévoir la possibilité pour les bénéficiaires de l'allocation personnalisée d'autonomie (APA) ou de la prestation de compensation du handicap (PCH) de demander l'accompagnement d'un tiers pour faire valoir leurs droits.

 

Revaloriser la représentation des personnes âgées

En outre, elle plaide pour l'inscription de la transition démographique et la longévité dans les programmes scolaires, et pour encourager les chaînes de télévision à proposer des programmes qui respectent une perception plus réaliste de la longévité.

"J'ai entendu des choses abjectes sur les plateaux télé ces derniers jours, y compris dans la bouche de sommités intellectuelles ou médicales, on ne peut pas accepter cela ! La Loi du plus fort de la performance économique n'est pas une fin en soi. Ces personnes auraient-elles, elles-mêmes, un problème avec leur propre représentation de la vie ?" Et de proposer un renfort des pouvoirs de contrôle du Conseil supérieur de l'audiovisuel.

 

Reconnaître le rôle des personnes âgées

La proposition de loi n'élude pas cette question de la fin de vie. La France va être confrontée à cette question très rapidement, la génération des "baby boomers", celle qui est née après 1946, et qui va commencer à s'éteindre.

"Il nous faut organiser des funérailles républicaines.Mourir n'est pas qu'un acte d'État-civil froid. La République a créé le baptême républicain, le mariage, elle doit aller plus loin, rendre hommage à celles et ceux qui ont œuvré pour elle, faire que les vivants soient reconnaissants de cette action", poursuit la députée.

 

Premières réactions positives

Dans un communiqué, l'association des directeurs au service des personnes âgées (AD-PA), qui œuvre depuis plusieurs années contre l'âgisme, a salué cette initiative, insistant toutefois sur "la nécessaire mise en œuvre de la grande loi autonomie promise par le président Macron", plusieurs fois reportée et vivement attendue par un secteur durement touché par la crise.
 

Cette proposition de loi est co-signée par une cinquantaine de députés (LREM, AGIR et MODEM), et n'est pas encore inscrite au calendrier parlementaire, "j'ai rencontré Christophe Castaner sur ce sujet, il y a une niche en mai, j'espère qu'il aura été convaincu".

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