C'est quoi cet oléoduc Donges-Melun-Metz que l'Etat veut racheter à Bolloré ?

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Écrit par Fabienne Béranger avec Agence France Presse

L'Etat rachète à Bolloré pour 31 millions d'euros la société qui opère l'oléoduc Donges-Melun-Metz. L'ouvrage, long de 640 kilomètres, est détenu à 95% par Bolloré Energy.

L'arrêté est paru mercredi 19 janvier au Journal officiel : l'Etat va racheter la Société Française Donges-Metz (SFDM) qui exploite l'oléoduc Donges-Melun-Metz, pour un montant de 31 millions d'euros.

Cela fait 27 ans que SFDM opère l'oléoduc Donges-Melun-Metz mais également quatre dépôts pétroliers situés à Donges, près de Saint-Nazaire, La Ferté-Alais, dans l'Essonne, Vatry, dans la Marne, et Saint-Baussant, en Meurthe-et-Moselle.

L'oléoduc a une capacité totale de stockage de 900 000 m³. Chaque année, SFDM transporte par le pipeline 3,1 millions de m³ de produits pétroliers et expédie 4,2 millions de m³ par camions depuis ses dépôts, selon le site de Bolloré Energy, filiale énergie du groupe diversifié Bolloré.

"Le DMM est relié à l’appontement du Grand Port Maritime de Nantes, aux raffineries Total à Donges et à Grandpuits, au réseau des pipelines Trapil Le Havre-Paris, ainsi qu’aux réseaux ODC (oléoducs de défense commune de l’OTAN)", précise Bolloré Energy.

Dans le Journal Officiel, un arrêté fait état de "l'acquisition par l'Etat de 9.505 actions de la Société Française Donges-Metz, représentant 95,05% du capital de la société, auprès de la société Bolloré Energy [qui] s'effectue à un prix de 31. 039 176 euros".

Un second arrêté indique que l'Etat se porte également acquéreur "de 495 actions de la Société Française Donges-Metz, représentant 4,95% du capital de la société, auprès du grand port maritime de Nantes-Saint Nazaire, pour un prix de 1 616 454 euros".

En février 2021, l'actualité avait mis l'oleoduc sous les feux des projecteurs lorsqu'un engin venu prêter main forte à un tracteur embourbé dans un champ l'avait endommagé à hauteur de la commune d'Etriché, située à une trentaine de kilomètres dans le nord-est d'Angers.

SFDM avait dû fermer "les vannes de sectionnement de part et d’autre de la brèche" et mettre en place "des moyens d’excavation et de pompage pour récupérer le produit fuyard dans des citernes", avait alors indiqué le SDIS 49.