Coronavirus : incompréhension à Saint-Nazaire - les marchés fermés, alors que les supermarchés restent ouverts

Ce mardi 24 mars, il ne restait que trois commerçants sur le marché ouvert, aux Halles de Saint-Nazaire. En fin de matinée, Julien remballera ses pommes et ne reviendra plus avant plusieurs semaines / © France Televisions C.François
Ce mardi 24 mars, il ne restait que trois commerçants sur le marché ouvert, aux Halles de Saint-Nazaire. En fin de matinée, Julien remballera ses pommes et ne reviendra plus avant plusieurs semaines / © France Televisions C.François

Le Premier ministre a annoncé lundi 23 mars au soir la fermeture des marchés jusqu'à nouvel ordre tout en laissant ouvertes les portes des supermarchés aux consommateurs. Un chamboule-tout qui a surpris les commerçants, condamnés désormais à rester chez eux ou à livrer. Sauf dérogation du préfet.

Par Christophe François

Ce mardi matin, au marché des Halles de Saint-Nazaire, les infos circulaient vite mais parfois se croisaient ou s'emmêlaient au point de dérouter clients et commerçants. Qui va fermer alors ? Les marchés ouverts ? Les marchés couverts ? À priori, tous ! En application de l'état d'urgence sanitaire.

La mort dans l'âme, les commerçants regardaient passer les quelques clients de passage et pensaient déjà à l'organisation des heures et jours à venir.
Ils avaient pourtant tout bien fait, avec les placiers, la commune, la clientèle. Tout le monde respectait les consignes, ne serait-ce que dans le but de pouvoir revenir la prochaine fois et trouver des produits frais de qualité. Et bien sûr de rester en bonne santé.
L'état d'urgence sanitaire renvoie les commerçants des marchés chez eux, leur stock d'invendus sur les bras / © France Televisions C.François
L'état d'urgence sanitaire renvoie les commerçants des marchés chez eux, leur stock d'invendus sur les bras / © France Televisions C.François
Julien, producteur de pommes à Donges, en Loire-Atlantique, se console en disant qu'il lui reste son magasin dans sa commune, qu'il ne doit pas tout arrêter, mais il sent quand même que la dynamique du marché est en train de s'éteindre.

Idem pour Franck, son étal de fruits et légumes bio a beau s'éclaircir en fin de marché, il s'interroge. Comment gérer la production de légumes au lendemain de l'arrivée du printemps avec quasiment zéro débouché ? La liste des charges défile dans sa tête et le total est vite fait : des dépenses mais plus de recettes, sa trésorerie ne tiendra pas un mois.
Son étal sera bientôt vide, mais Franck se demande surtout comment gérer sa production qui va démarrer sous peu / © France Televisions C.François
Son étal sera bientôt vide, mais Franck se demande surtout comment gérer sa production qui va démarrer sous peu / © France Televisions C.François
 

Et à l'intérieur, au marché couvert ?

En entrant à l'intérieur des Halles de Saint-Nazaire, ce mardi 24 mars, on entend surtout le calme voire le silence. Plus d'éclats de voix, les rares clients achètent leurs produits et repartent comme ils sont arrivés, masqués.
Les commerçants remballent de bonne heure, pas une blague ne fuse, mais plutôt des points d'interrogation : qui ferme alors ? Les marchés ouverts ou les marchés couverts ? Ou les deux ?

''Ce matin, à la radio, ils ne parlaient que des marchés ouverts, mais là, je viens de recevoir un mail sur mon portable, qui me dit que c'est les deux qui vont fermer. Faudrait savoir!'' confie ce fromager du Croisic. Qui croire ? 
A l'intérieur, les producteurs de Terroir 44 ont joué le jeu en sensibilisant la clientèle, mais rien n'y a fait. / © France Televisions C..François
A l'intérieur, les producteurs de Terroir 44 ont joué le jeu en sensibilisant la clientèle, mais rien n'y a fait. / © France Televisions C..François
 

Marchés fermés sauf dérogation...

Le Premier Ministre, lors de ses déclarations du 23 mars au soir, sur les mesures de cet état d'urgence sanitaire, a concédé des dérogations possibles à ces fermetures de marchés, que les maires doivent adresser en préfecture.

Autant vous dire que de bon matin, ils étaient quelques édiles de la Presqu'ile de Guérande à faire une demande officielle. Guérande, La Baule, Pornichet, Saint-Nazaire, le sous-préfet a eu à étudier chacune d'entre elles.

''Parce qu’ils sont essentiels pour beaucoup de Nazairiennes et Nazairiens et parce que les mesures de sécurité sanitaires y étaient garanties et respectées, David Samzun, maire de Saint-Nazaire, suite aux annonces du Premier Ministre hier soir, a demandé au Préfet de Loire Atlantique une dérogation pour le maintien de l‘ouverture des marchés de Centre-ville et de Méan''. Extrait du courrier adressé au sous-préfet de Saint-Nazaire.

A Mesquer, le maire n'a pas fait la demande : la gendarmerie lui a dit qu'elle serait refusée en raison de l'existence d'une supérette.
 

C'est non !

La Préfecture vient d’opposer un refus conformément aux consignes gouvernementales. Tous les marchés de Saint-Nazaire sont donc désormais fermés jusqu’à nouvel ordre.

Il reste qu'un questionnement met tous les commerçants, tous les élus d'accord, et revient dans toutes les discussions : quel est le motif sanitaire pour fermer les marchés, ouverts ou couverts, et envoyer toute la population vers les supermarchés ?

Pas facile de répondre. Juste que c'est l'état d'urgence sanitaire ?
Un marché à une seule entrée, une seule sortie pour limiter les croisements de personnes n'a pas suffi. On ferme. / © France Televisions C.François
Un marché à une seule entrée, une seule sortie pour limiter les croisements de personnes n'a pas suffi. On ferme. / © France Televisions C.François

Notre reportage à Pornichet, trois jours avant la fermeture des marchés. Stéphanie Pasgrimaud et Christophe François
 
A Pornichet, samedi 21 mars 2020, le maire vient sur le marché vérifier la bonne observation des consignes sanitaires

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