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A Saint-Nazaire, Emmanuel Macron dessine l'avenir du chantier STX

Emmanuel Macron, le Président de la République lors du lancement du paquebot Meraviglia à Saint-Nazaire, le 31 mai 2017 / © Franck Dubray, MaxPPP
Emmanuel Macron, le Président de la République lors du lancement du paquebot Meraviglia à Saint-Nazaire, le 31 mai 2017 / © Franck Dubray, MaxPPP

Généraliser les accords d'entreprise, mieux encadrer les travailleurs détachés, et réviser le pacte d'actionnaires. Mercredi, Emmanuel Macron a dressé les grandes lignes pour l'avenir du chantier naval.

Par Eleonore Duplay

Le nouveau président connaît bien le chantier naval : en février 2016, Emmanuel Macron, alors ministre de l'économie, s'était déjà rendu à Saint-Nazaire, pour la cérémonie des pièces du MSC Meraviglia.
Alors que la réforme du code du travail fait partie de ses priorités, le chef de l'Etat a présenté comme un symbole, l'accord d'entreprise qui depuis 2014, a permis au chantier d'engranger 14 commandes de paquebots....
Suite au dialogue social, au sein de l'entreprise, les salariés avaient notamment accepté le gel de leurs journées de RTT.

"Plus de dialogue social sur le terrain pour négocier des accords intelligents, qui parfois ne peuvent être trouvés au niveau national. C'est cela que je veux voir généraliser. Avec aussi un vrai partage de la valeur ajoutée quand les choses vont mieux", a-t-il plaidé.



Assouplir, mais aussi protéger...


Le Président de la République a rappelé son engagement à pousser pour une réforme de la directive européenne sur les travailleurs détachés, pour contrer le dumping salarial : "Quand cela revient à utiliser des salariés payés la moitié ou le tiers des salariés français pour le même travail, ce n'est pas l'esprit de l'Europe. Donc, dans les prochaines semaines, nous allons mener une action européenne pour une vraie refondation de la directive, et avoir partout à travail égal salaire égal. Nous vous le devons"


L'actionnariat remis à plat


Enfin, Emmanuel Macron a annoncé une remise à plat de la structure actionnariale pour le rachat des chantiers par l'italien Fincantieri.
"Le ministre de l'économie aura, dans les prochaines semaines, avec l'ensemble des parties prenantes de ce dossier, à négocier ces équilibres"

"Je souhaite que cette nouvelle structure actionnariale permette d'abord de consolider le plan de charge industrielle. En aucun cas l'actionnariat futur ne doit fragiliser la capacité à acquérir de nouveaux contrats et à avoir de nouveaux clients. Je veux ensuite que cette structure puisse garantir la pérennité des emplois."

Des propos accueillis avec soulagement aux chantiers de Saint-Nazaire. Les garde-fous annoncés par le Président de la République rassurent notamment Christophe Morel, délégué syndical CFDT : "C'était un montage un peu bancal, on va dire. Je vois que le président veut revenir dessus, nous ça nous va plutôt bien. Nous appelons depuis des années à la participation des citoyens dans le capital de l'entreprise que ce soient les salariés, que ce soient les entreprises ou les collectivités territoriales, donc cette révision nous va plutôt bien."

La défiance demeure 


Hier, les syndicats ont été reçus au Conseil Régional des Pays de la Loire. Pour Nathalie Durand, déléguée syndicale Force Ouvrière, l'annonce d'Emmanuel Macron ne suffit pas à dissiper le climat de défiance autour du mariage avec l'italien Fincantieri.
"C'est un premier pas, malgré tout, c'est pour ça que nous avons rappelé à son conseiller que Force Ouvrière serait particulièrement attaché à la nationalisation même temporaire, pour se donner la possibilité de retrouver un autre actionnaire majoritaire, qui soit plus industriel, et qu'il y ait surtout une véritable volonté de maintien du site"

De même, Bruno Retailleau, président Les Républicains du Conseil Régional des Pays de la Loire s'inquiète de la montée au capital de Ficantieri, qui, avec l'apport de la fondation de Triestre, formerait un front majoritaire d'actionnaires italiens, avec 54% du capital.
"Derrière Fincantier, il y a l'Etat italien, et si demain la conjoncture se retourne, qu'est-ce que demandera l'Etat italien à Fincantieri? Il lui demandera de faire travailler le chantier italien, avant de faire travailler le chantier français, bien évidemment."
 
Le syndicat Force Ouvrière devait être reçu, ce vendredi, à sa demande, à Bercy par Bruno Lemaire, ministre de l'économie...

►Le reportage de notre rédaction

 

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