Saint-Nazaire : le long parcours de Pauline, réfugiée ukrainienne handicapée de 75 ans, pour trouver un logement s'est finalement achevé dans la joie

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Écrit par Christophe François avec Fabienne Béranger

Sur le bassin de Saint-Nazaire et sur la presqu'ile guérandaise, le marché de l'immobilier est déjà très tendu. Trouver un logement pour une réfugiée seule, handicapée et sans ressource directe est donc très difficile, même quand on a une fille dévouée, francophone, avec des ressources, et qui a donc accès direct aux informations.

Un littoral sous haute pression foncière, locative et de plus saisonnière, voilà un obstacle de taille lorsqu'on est une réfugiée ukrainienne de 75 ans, handicapée.

Heureusement, depuis son arrivée à la mi-mars, Pauline peut compter sur sa fille, Anna, qui remue ciel et terre pour trouver un logement, si possible adapté. Mais....

"Même si mon mari a un salaire suffisant, qu'il a un CDI, (les bailleurs) trouvaient toujours des excuses  parce que je disais toujours la vérité, que je cherchais le logement approprié pour une personne qui se déplace mal, raconte Anna Chevschenko, traductrice ukrainienne installée à Saint-Nazaire depuis 2019, on ne peut pas louer n'importe quoi, on a besoin soit de l'ascenseur, soit que ce soit au rez-de-chaussée, et j'expliquais ça au bailleur en disant que c'est difficile de trouver mais notre dossier n'était jamais retenu".


Par chance, Anna a trouvé l'annonce en ligne de Maxime, un bailleur mais aussi un citoyen concerné.

"Pour moi c'était évident, si je pouvais faire quelque chose par rapport à ce conflit, d'aider à ma manière, explique Maxime Lemarié, je n'avais même pas pensé en mettant l'appartement en location, ça s'est fait comme ça. J'ai tout de suite validé la demande d'Anna et j'en suis hyper content".

Mais la haute saison est bientôt là et le créneau de deux mois arrive à son terme. Il faut alors trouver un autre logement.

Seulement, après deux mois d'efforts et de refus en tous genres, Anna est désespérée lorsqu'un appel en sous-préfecture porte soudain ses fruits : Pauline va pouvoir rejoindre Pen Bron et son hôtel adapté au handicap.

La préfecture y a récemment placé une petite centaine de réfugiés ukrainiens.

Quelques heures plus tard, au chant des oiseaux s'ajoutent les voix légères des deux femmes, métamorphosées.

"C'est une grande chambre. Il y a tout ce qu'il faut pour une personne handicapée, se réjouit Anna Chevschenko, j'adore le lit qui peut se relever, je trouve ça vraiment génial".

"Une pause ! une relâche !, la fille d'Anne se dit soulagée, et en plus c'est super beau, c'est très bien pour maman en tant que personne handicapée,  je doute que si je trouve un appartement ce soit vraiment aussi bon qu'ici". 

Pauline va pouvoir profiter du lieu et des infrastructures adaptées au handicap. Anna va se remettre à ses traductions. Elle est par ailleurs très sollicitée en raison de son bilinguisme et son expérience en matière de recherche de logement, pour aider d'autres compatriotes en quête d'un toit.

Selon la préfecture de région, en date du 18 mai, les Pays de la Loire comptaient 3 864 ressortissants ukrainiens arrivés depuis le début de la guerre débuté le 24 févier dernier ou ayant transité par notre région.