Vue, Loire-Atlantique : ambiance plus que tendue au conseil municipal, les gendarmes appelés à intervenir

Ce n'est pas la première fois que les gendarmes sont appelés par la maire de Vue, à l'ouest de Nantes. Mais ce n'est pas pour des faits de délinquance sur la bourgade, c'est pour des tensions lors de la tenue du conseil municipal. La guerre est ouverte entre Nadège Placé et un de ses opposants.

Rien ne va plus à Vue entre la maire et son principal opposant.
Rien ne va plus à Vue entre la maire et son principal opposant. © capture Google Street View

Pascal Rabevolo est plus que critique envers la municipalité en place à Vue. Il est l'ancien maire de cette commune d'environ 2 000 habitants entre Nantes et Saint-Brévin-les-Pins.

Elu en mars 2019, à la suite de la démission d'un tiers des conseillers municipaux (sur 19), Pascal Rabevolo avait dû laisser son écharpe de maire un peu plus d'un an plus tard aux élections de 2020 après avoir, lui aussi, subi la démission de la moitié de son conseil, dont sa deuxième adjointe, Nadège Placé. "On n'a pas été en accord avec sa façon de gérer la municipalité, dit-elle aujourd'hui, ce n'est pas une personne qui gère mais une équipe."

C'est cette même Nadège Placé qui, avec sa liste, l'avait emporté ensuite. 

Depuis, c'est la guerre entre ces deux-là. 

Plusieurs interventions des gendarmes en un an

Ce mercredi soir, se tenait le conseil municipal et, très vite, le ton est monté entre les deux élus. Selon Pascal Rabevolo, c'est sa lecture d'un texte liminaire qui aurait mis le feu aux poudres. Bataille de procédure, la maire aurait refusé de répondre aux questions de son opposant au prétexte qu'elles n'avaient pas été envoyées par écrit en temps et en heure. Lui dit que si. 

Nadège Placé finit par exiger que son adversaire quitte la salle. Il refuse. Elle appelle les gendarmes.

Mais ces derniers arrivent en terres connues. Ce n'est pas la première fois qu'ils sont appelés à la rescousse pour éviter que ça ne dégénère au sein de ce conseil municipal houleux. C'est au moins la deuxième fois, selon les gendarmes, la troisième selon Pascal Rabevolo.

Finalement, les trois élus d'oppositions présents, Pascal Rabevolo et deux colistiers, sortent de la salle avec lui. 

Cet incident n'est donc pas le premier et il ne sera sans doute pas le dernier car Pascal Rabevolo dit avoir un dossier fourni sur les pratiques au sein de la nouvelle municipalité au pouvoir dans cette commune et il ne tarit pas de critiques non plus sur certains personnels.

"C'est l'opacité des pratiques que nous dénonçons"

Détournements de fonds publiques, faux en écriture publique, favoritisme... si l'on en croit l'ex maire de Vue et aujourd'hui meneur de l'opposition, tout est à jeter dans l'équipe en place. "J'ai mis au jour des dysfonctionnements importants, des incompétences, des manipulations financières."

L'élu affirme être lui-même l'objet d'insultes de la part de conjoints d'élus sur les réseaux sociaux et dit avoir déposé plusieurs plaintes.

"C'est l'opacité des pratiques que nous dénonçons à longueur de conseils municipaux, explique-t-il. Ce que je veux c'est une condamnation rapide et qu'on n'en parle plus. La préfecture est alertée mais elle ne réagit pas."

Evidemment, de l'autre côté de la table du conseil, on n'a pas la même lecture des faits.

"Ça fait un an que Monsieur Rabevolo fait en sorte que les choses ne se passent pas bien, témoigne la maire Nadège Placé. On subit des insultes, des préjudices, des humiliations, des menaces. Pas seulement moi mais aussi mes adjoints.On a un conseiller qui ne respecte pas le cadre du Conseil Municipal, une institution qui a son règlement. Monsieur Rabevolo coupe la parole, vocifère des propos insultants. J'ai été peut-être trop laxiste au départ. Au bout d'un moment, ça suffit, personne n'est au dessus des lois."

"Je trouve ça odieux"

Nadège Placé dit avoir, elle aussi déposé plusieurs plaintes pour outrage. "Elle sont en cours, dit-elle, mais c'est long et le temps qui passe n'arrange rien. Ça empire."

La préfecture a donc été saisie par Pascal Rabevolo qui lui a signalé des pratiques jugées illégales selon lui. Mais rien n'a été établi, selon Nadège Placé. Des accusations qui n'ont pour fondement que les déclarations de Pascal Rabevolo selon la maire de Vue.

"Il veut créer le doute chez les gens, je trouve ça odieux" se défend-elle.

La Justice ferait mieux de se pencher rapidement sur cette (ces) affaire(s). car ni la population ni les élus de Vue n'ont intérêt à laisser pourrir une situation déjà violente.

"Ça s'est bien passé mercredi soir, il n'y a rien eu de grave" dit-on chez les gendarmes. Oui, mais pour combien de temps encore ?

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