Angers : la petite Vanille retrouvée morte, sa mère a avoué le meurtre

La petite vanille a été enlevée le 7 février 2020 à Angers / © DR
La petite vanille a été enlevée le 7 février 2020 à Angers / © DR

La petite Vanille, une fillette de 1 an, a été enlevée par sa mère à Angers, vendredi après-midi, selon le ministère de la Justice. Le parquet a annoncé ce dimanche après-midi que la mère de l'enfant a avoué l'avoir tué. Ce lundi, elle est toujours en garde à vue pour "meurtre aggravé".

Par Fabienne Béranger

Eric Bouillard, le procureur d'Angers a annoncé dimanche en fin d'après-midi que la mère de Vanille a avoué avoir tué sa petite fille dès vendredi après-midi "entre 13 heures et 15 heures".

La mère de la fillette a également indiqué aux enquêteurs qu'elle a déposé le corps de la petite fille dans une benne à vêtements près de son foyer à Angers.

Un médecin légiste a été dépêché sur le lieu de la découverte du corps pour identifier formellement Vanille. La mère aurait indiqué aux enquêteurs avoir étouffé ou étranglé la fillette.

Très peu d'explications ont été fournies par la mère de Vanille. Sa garde à vue va se poursuivre pour tenter d'en savoir un peu plus. Après-demain, selon son état psychologique, la mère de Vanille sera placée en détention ou hospitalisée.

Le procureur d'Angers avait annoncé dimanche midi que la mère de la petite fille avait été "retrouvée dans un hôtel de la ville de Nantes mais pas la petite fille". C'est la gérante de l'hôtel qui a alerté les services de police.

L'heure était alors à l'inquiétude car "une accumulation d'éléments amènent à penser que la sécurité de Vanille peut être en jeu", a précisé le procureur, faisant notamment référence à une tentative de suicide de la mère il y a quelques mois.

Lors des recherches menées dans l'appartement de la maman, les enquêteurs ont notamment découvert des éléments "relativement inquiétants" selon le procureur, dont un mot de la mère disant "Je vous aime", qui "peut être interprété comme faisant peser un risque sur la petite Vanille".

Selon la vice-procureure Carol Dugast, la mère a été examinée par un médecin "pour comprendre l'état dans lequel elle se trouve et son psychisme".

"Il nous apparaît plutôt que c'est une maman qui est en souffrance, elle n'a jamais fait souffrir sa fille", a -t-elle ajouté.

La mère, qui tenait des propos confus, a précisé aux policiers venus l'arrêter qu'elle avait confié sa fille à une amie à Angers. Les enquêteurs de la SRPJ d'Angers, en charge de l'affaire, n'ont pas pu "attester la véracité de ses propos" a précisé Catherine Vandier, la substitut du procureur.

Le ministère de la Justice a déclenché le plan alerte enlèvement samedi après-midi pour tenter de retrouver la petite Vanille, un an.

 

Fragilité psychologique de la mère

La mère de Vanille, connue pour avoir une certaine fragilité psychologique, aurait dû ramener la fillette dans un foyer vendredi en milieu d'après-midi.

"Vanille était confiée à sa mère. L’enfant est hébergée actuellement entre une famille d’accueil et un foyer maternel, qui reçoit sa mère et qui lui permet de s’occuper de sa fille pendant un temps donné. Il était de 48h dans la semaine, au moment où la fillette a disparu", a expliqué Éric Bouillard. le procureur d'Angers, à Franceinfo.

Le parquet d'Angers précisait ce dimanche matin que Nathalie Stephan, 39 ans, la mère de la petite Vanille, "était accueillie depuis 1 an au centre maternel d’Angers", un foyer pour femmes enceintes et mères isolées accompagnées d'enfants de moins de trois ans, ayant besoin d'un soutien matériel et psychologique. 
L'ilot familles, rue Lebas à Angers / © France Televisions, Fred Grunchec
L'ilot familles, rue Lebas à Angers / © France Televisions, Fred Grunchec
"La petite fille est placée par le juge des enfants mais la solution d’hébergement lui a permis durant 1 an de voir régulièrement son enfant, par le biais de temps durant lesquels elle accueillait Vanille", a expliqué le parquet. 

Vendredi, "au moment de sa disparition, elle était libre de sortir avec sa fille mais elle devait en fin de journée la remettre à la référente de l’aide sociale à l’enfance", poursuit le parquet qui ajoute que "l'âge de l’enfant et la situation familiale justifient une prise en charge adaptée, médicale et éducative, tant pour l’enfant que pour la mère".

Sa prise en charge au foyer devait se terminer lundi. La maman de Vanille devait quitter les lieux pour un autre hébergement chez une connaissance, mais cette personne est sans nouvelles de la mère et de l'enfant.

Ce serait la perspective d'un nouveau départ qui aurait précipité la fuite de Nathalie Stephan. La mère a été placée dès dimanche midi en garde à vue à Nantes, dans un premier temps pour soustraction de mineur par ascendant.

"La garde à vue, dès lors qu'elle avait débuté des aveux, et que ceux-ci étaient corroborés par les investigations des enquêteurs avaient déjà basculé du chef de meurtre aggravé" du fait de la minorité de l'enfant et du fait que l'auteur est l'ascendant de la victime, a précisé le procureur d'Angers.

Nathalie Stephan encourt la perpétuité. Elle est également la mère d'une fille de 10 ans. 
 

L'alerte déclenchée 24 heures après la disparition de Vanille

"C'est un délai qui est adapté aux circonstances de cet événement", a précisé dimanche matin Catherine Vandier, la substitut générale à la cour d'appel, "nous avons une maman qui à priori ne présentait pas de danger particulier".

"Ce n'est pas un enfant qu'on aurait soustrait à une personne qui n'aurait pas l'autorisation de la voir", a-elle poursuivi, expliquant ainsi pourquoi l'alerte n'a été déclenchée qu samedi après-midi.

"Ensuite, le temps de s'inquiéter, le temps que les personnes qui devaient récupérer l'enfant se manifestent", puis le temps des premières recherches par l'entourage et les forces de l'ordre qui étudient "toutes les pistes, l'environnement de la maman, son histoire, les pistes de ses proches, on leur téléphone, on va vérifier chez eux", "ça demande beaucoup de temps", a expliqué Catherine Vandier.

Toutes ces investigations effectuées, "l'alerte enlèvement est déclenchée quand on se dit "ça y est, il y a un danger puisqu'il y a ce passé de la maman qui a des difficultés de santé mentale".

Inspiré du dispositif "Amber Alert" en action aux Etats-Unis (1996) et au Canada (2003), le plan Alerte enlèvement a été mis en place en France en 2006 où il a été déclenché pour la première fois le 9 juillet après la disparition de Emeline et Mélissa, deux soeurs âgées de 8 et 10 ans. 

Cette affaire s'était révélée être une alerte sans objet, les deux fillettes ayant regagné leur domicile une quinzaine d'heures après leur disparition.

Les critères de déclenchement du dispositif :
  • Il s’agit d’un enlèvement avéré et non d’une disparition, même inquiétante
  • La victime est mineure
  • La vie ou l’intégrité physique de l’enfant est en danger
  • Le procureur dispose d’informations dont la diffusion peut permettre la localisation de l’enfant et/ou de son ravisseur

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