Angers : un protocole sur mesure pour les personnes touchées par le cancer

Au CHU d'Angers une étude très précise des tumeurs cancéreuses permet de proposer un protocole sur mesure / © France 3 Pays de la Loire
Au CHU d'Angers une étude très précise des tumeurs cancéreuses permet de proposer un protocole sur mesure / © France 3 Pays de la Loire

Chaque année en France le cancer tue 400 000 personnes, mais les traitements s'améliorent. Au CHU d'Angers une étude très précise des tumeurs cancéreuses permet de proposer aux patients un protocole sur mesure.

Par FB avec Vincent Raynal

Loïc Babin a 52 ans. En 2016, cet ouvrier viticole consulte pour un simple mal de tête. verdict doublement brutal :  tumeur cérébrale, et cancer du poumon. Loïc  est un battant, mais très vite, les séances de chimiothérapie conventionnelles  posent problème : ses plaquettes sanguines sont en chute libre, il faut changer de traitement. Ce sera l'immunothérapie.

"Pour ne pas que le corps puisse se défendre, le cancer développe des mécanismes qui lui disent "il n'y a pas de soucis, tu peux m'accepter, j'ai ma place ici" explique le docteur François Pinquié, pneumologue au CHU Angers, "l'immunothérapie vient réveiller l'immunité en lui disant "pas du tout, il n'a pas sa place, il faut nettoyer ce cancer." C'est ce qu'on appelle les inhibiteurs de tolérance immunitaire, les inhibiteurs de checkpoint, qui vont venir démasquer le cancer pour que l'immunité s'attaque de nouveau à lui"

Une méthode moins lourde, et efficace dans le cas de Loïc, qui ne présente aujourd'hui plus de signe de la maladie.
"De temps en temps fatigué mais très rarement, et autrement, physiquement ça va. Je bricole toujours, je vais à la pêche, à la pétanque. C'est très important tout ça" Loïc Babin.

Ce traitement a été élaboré sur mesure, et sur place, dans une unité dédiée à la préparation des chimiothérapies,  Une salle totalement stérile, où tout est contrôlé, vérifié, à plusieurs stades, et par plusieurs personnes.
Des doses adaptées au cas par cas. Et même fabriquées, pour près de 40 % des patients, à partir de recherches ADN sur les cellules cancéreuses.

"L'étape 1 c'est d'abord d'étudier les cellules tumorales, leur ADN. De rechercher les mutations au niveau de certains gênes importants pour la croissance des cellules tumorales, du fait des mutations identifiées à ce niveau-là"

explique le professeur Philippe Guardiola, responsable du service de génomique onco-hématologique au CHU d'Angers. Cela permet ensuite au clinicien "de prescrire un médicament qui cible le gêne avec cette mutation".

Depuis quelques années,  il est également possible de rechercher ces mutations directement sur l'ADN circulant dans les liquides du corps humain, par simple prise de sang par exemple. Des actes beaucoup moins invasifs pour les patients.

Un décès sur 4 avant 65 ans chez les hommes


Selon les chiffres de l'INSEE, un décès sur quatre se produit avant 65 ans chez les hommes (soit 4 000 décès en moyenne par an) contre un décès sur neuf (soit 1 800 décès) chez les femmes.
Un écart qui peut s'expliquer par le fait que les hommes ont des modes de vie plus défavorables (alcool, tabac, prise de risque). Les femmes sont également moins exposées à des conditions de travail pénibles et font plus fréquemment appel à des professionnels de santé.

Dans notre région, le cancer reste la cause de mortalité la plus fréquente chez les 55-74 ans, puisqu'elle concerne la moitié des décès de cette tranche d'âge.

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