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Angers : le Refuge va expérimenter un dispositif d'accueil pour de jeunes réfugiés victimes de violences homophobes

Le Refuge va expérimenter à Angers le premier dispositif d'hébergement en France de jeunes réfugiés victimes de violences homophobes ou transphobes dans leur pays / © DR Le Refuge
Le Refuge va expérimenter à Angers le premier dispositif d'hébergement en France de jeunes réfugiés victimes de violences homophobes ou transphobes dans leur pays / © DR Le Refuge

Le ministère de l'Intérieur vient de confier au Refuge l’expérimentation d’un dispositif d’hébergement et d’accompagnement de jeunes réfugiés protégés victimes de violences homophobes ou transphobes dans leur pays. 30 places seront disponibles à Angers à partir du 1er octobre.

Par Fabienne Béranger

C'est une première en France, une expérimentation qui débute le 1er octobre prochain. 30 places seront mises à la disposition de jeunes réfugiés de moins de 30 ans victimes de violences homophobes ou transphobes dans leur pays.

"L’association va pouvoir mettre progressivement à la disposition de ces jeunes (...) 30 places d’hébergement situées dans six appartements à Angers, ainsi qu’un accompagnement personnalisé destiné à leur faire recouvrer une autonomie personnelle, sociale et professionnelle", précise le Refuge.

L'association disposera d’un financement à hauteur de 273 750 euros lui permettant d'assurer ce dispositif national dont "les bénéficiaires seront directement orientés par l’Office Français de l’Intégration et de l’Insertion (OFFI)".

"Ces jeunes sont déjà placés par l'Etat et c'est lui qui va les orienter vers nous",
précise le Refuge, "le budget correspond à 25 euros par jour et par personne".

Ce projet a reçu le soutien de la région Pays de la Loire par la voix de sa présidente Christelle Morançais mais aussi des préfectures de région et du Maine-et-Loire.

"Il s’agit d’un appel à projet national. Ce département était en zone blanche, c’est à dire avec peu de dispositifs pour les demandeurs d’asile", explique Nicolas Noguier, président du Refuge, "toutes nos autres délégations sont souvent constituées autour d'une grande capitale régionale et sont donc assez bien pourvues". 

La ville d'Angers va donc fournir un "local destiné au personnel éducatif et aux bénévoles, composé de trois bureaux et d’une salle commune d’accueil et de vie, où l’association pourra organiser ses réunions collectives, ses bilans mensuels et ses permanences à destination des jeunes".

Deux salariés à temps plein dans l'action sociale vont être recrutés par le Refuge ainsi qu'une secrétaire comptable dès le 1er septembre.

Le Refuge est à la recherche de six grands appartements disposant chacun de cinq places.

 

"Un lieu et un accompagnement spécifiques"

Le Refuge, créé en 2003, lutte contre l'homophobie en apportant soutien et hébergement aux personnes qui en sont victimes.

L'association accueille 30% de demandeurs d'asile. "Depuis 2015, la structure a vu leur effectif fortement augmenter, passant de 30 jeunes à 146 en 2018", précise l'association.

"Pour garantir l’intégration des jeunes réfugiés, nous devons leur proposer un lieu et un accompagnement spécifiques", explique Richard Renault, délégué régional des Pays de la Loire du Refuge, "d’une part parce que nous les accompagnons plus longtemps que les autres jeunes (de 6 mois minimum à plus d’un an, contre trois mois minimum), d’autre part parce que nous ne pouvons pas les héberger en chambre d’hôtel comme nous le faisons ponctuellement lorsque nos places en appartements ne suffisent pas à la demande".

Sur les 146 personnes en demande d’asile hébergées par Le Refuge en 2018, 40 ont pu bénéficier d’un statut de protection.

 

"Un parc multiplié par 7 en 4 ans"

Le gouvernement a lancé en octobre dernier un appel à projet national pour créer 2 000 nouvelles places en centres provisoires d’hébergement pour réfugiés. Un projet qui s'inscrit dans le cadre de sa stratégie nationale pour l’accueil et l’intégration des personnes réfugiées.

"Les centres provisoires d'hébergement permettent aux bénéficiaires de la protection internationale les plus vulnérables de bénéficier d'un hébergement temporaire avec un accompagnement renforcé avant leur accès à un logement pérenne", précise une note du ministère de l'Intérieur, en date d'avril dernier, "pour ce public, caractérisé par une fragilité psychologique et sociale, cette période est nécessaire pour acquérir une autonomie suffisante et parvenir à une intégration durable dans notre société".

Les 2 000 nouvelles places ainsi créées en 2019 porteront le parc à la fin de l' année à 8 707 places, "soit un parc multiplié par 7 en 4 ans", précise le gouvernement.

 

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