Angers-Trélazé : "là on entre vraiment dans une phase active", une nouvelle prison de 850 places à l'horizon 2027

"Le plan prison ", voulu par Emmanuel Macron, affiné ce mardi 20 avril. Le gouvernement présente les sites retenus pour la construction de nouvelles prisons. Trélazé dans le Maine-et-Loire en fait partie. Le projet verra bien le jour mais pas avant 2027.

Huit nouvelles prisons dont celle de Trélazé dans le Maite-et-Loire ouvriront à l'horizon 2027.
Huit nouvelles prisons dont celle de Trélazé dans le Maite-et-Loire ouvriront à l'horizon 2027. © Maxppp

L'annonce n'est pas nouvelle pour la commune de Trélazé. Mais elle tarde à se concrétiser. Le projet est dans les tuyaux depuis des années. Il ne devrait voir le jour qu'à l'horizon 2027.

Le site de Trélazé fait partie des huit nouvelles constructions qui doivent être annoncées ce 20 avril. mardi, pour des livraisons dans 6 ans : Nîmes (Gard, 700 places), Le Muy (Var, 650 places), Pau (Pyrénées-Atlantiques,250 places), Noiseau (Val-de-Marne, 800 places), Crisenoy (Seine-et-Marne, 1.000 places), Vannes (Morbihan, 550 places) et une dans le Val-d'Oise sur un site encore en cours d'identification (750 places). 
 

"On attend depuis 10 ans"

Pour le maire de Trélazé c'est une nouvelle d'importance.

Cela fait dix ans que ça dure. On en a vu passer des ministre de la Justice, mais cette fois l'affaire semble sur les rails enfin !

Marc Goua, maire de Trélazé

"Aujourd'hui,  nous sommes beaucoup plus confiants. On a vu chez le ministre une attitude différente de ses prédecesseurs. Il a cadré l'opération. On nous avait dit qu'avec seulement 400 places le prix du coût d'hébergement moyen serait trop élevé. Il a donc plus que doublé et passe à 850. Nous voulions des dates précises de démarrage. Nous savons désormais que le chantier démarrera en 2022.", se satisfait Marc Goua.

Economiquement pour la commune c'est une opération forte.

En appel d'entreprises extérieures cela représente 5 millions d'euros.

Marc Goua, maire de Trélazé

"Et puis en général ça fait marcher le commerce local, poursuit l'élu, il y a toutes les personnes qui travaillent et qui voudront potentiellement se rapprocher de leur lieu d'exercice professionnel. Et puis les fammilles qui viennent de tant à autre pour les visites au parloir font marcher les boutiques de la commune."
 

Un développement économique et une densification du réseau de transports

Cette construction va aussi nécéssiter un renforcement des transports en communs qui arrange bien la municipalité. "On va denssifier les transports publics. Et nous avons une gare ouverte depuis un peu plus d'un an à proximité donc tout cela va dans le bon sens", se félicite le maire de Trélazé.

Un développement qui ne coûtera pas un centime d'euros à la municipalité. "Tout est pris en charge par l'agglomération et le département pour les réseaux. Le reste est à la charge exclusive de l'Etat. Pour la commune, ce ne sont en fait que des retombées économiques", explique Marc Goua.

Le maire n'a désormais plus aucun doute, "de toutes façons cela s'inscrit dans un plan global où l'Etat français était séverement épinglé par les organismes internationaux, sur le manque de places et les conditions de détention. Là on entre vraiment dans une phase active", se réjouit le maire.

Le site a déjà été identifié et acheté par l'Etat mais "il faudra sans doute des hectares supplémentaires", précise l'élu. 

 

Des prisons expérimentales

Trois prisons expérimentales centrées sur le travail et la formation de 180 places chacune doivent aussi être construites à Arras, Toul (Meurthe-et-Moselle) et Donchery (Ardennes), pour une livraison en 2025-2026.

"Les nouveaux établissements favoriseront le développement du travail en détention, en offrant un plus grand nombre de postes dans les ateliers ainsi que des équipements permettant la diversification des activités professionnelles et de formation", a souligné une source ministérielle, alors que l'entourage du Premier ministre a mis en avant "le projet de Lutterbach, conduit de manière exemplaire, avec une architecture qui renouvelle l'immobilier carcéral, très inséré dans les paysages et les territoires".

Le "Plan 15 000 places", voulu par Emmanuel Macron en 2018, se décline en deux phases : 7 000 places mises en chantier d'ici 2022, "c'est-à-dire livrées ou avancées à un stade de construction", selon une source gouvernementale, et  8 000 supplémentaires qui doivent être lancées d'ici 2022, pour une livraison finale à l'horizon 2027.

Le plan prévoit en tout 18 000 créations de places, mais également la suppression de 3 000.

Le Premier ministre, Jean Castex, s'est rendu mardi sur le chantier de construction d'un centre pénitentiaire à Lutterbach (Haut-Rhin), où il a annoncé les sites retenus pour la construction de nouvelles prisons. IL était accompagné d'Eric Dupont, garde des Sceaux.

"Une large place aux peines alternatives"

Le chef du gouvernement a défendu une politique pénale "qui laisse une large place aux peines alternatives" mais aussi "qui n'a de sens que si la société assume la réponse carcérale commeune peine certaine pour des faits les plus graves et les plus intolérables".

"C'est sur la certitude de la peine et non sur sa sévérité que repose l'efficacité et l'effectivité de la justice", a encore lancé Jean Castex en paraphrasant le théoricien classique Beccaria, selon lui "plus que jamais d'actualité face aux violations de tous ordres de la loi républicaine".


    

"C'est l'ensemble de la chaîne - de l'indispensable prévention jusqu'à l'emprisonnement nécessaire - dont nous devons nous assurer qu'elle fonctionne de manière efficiente", a-t-il ajouté en considérant en outre que "la confiance des Français dans l'État pour les protéger de l'insécurité commence d'abord par une réponse systématique à la petite délinquance"

Le programme global est doté d'un budget d'environ 4,4 milliards d'euros, "le plan le plus important depuis quinze ans", selon le ministère de la Justice.

La France compte aujourd'hui 61 100 places de prison.

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