CHU d'Angers : apprendre à soigner par la simulation

Soigner, prodiguer les gestes d'urgence, ça s'apprend en faculté de médecine, mais aussi, pour les étudiants et les praticiens diplômés, dans des centres de simulation. Le plus ancien de France est celui du CHU d'Angers. 

Monsieur Deschamps, le mannequin du CHU d'Angers pour apprendre à soigner
Monsieur Deschamps, le mannequin du CHU d'Angers pour apprendre à soigner © France Televisions

Depuis une dizaine d’années, la simulation médicale, qui permet à des étudiants en santé mais aussi des médecins en exercice de s'entraîner dans des conditions toujours plus réalistes, se développe à vitesse grand V avec l'essor des nouvelles technologies et des possibilités de la réalité virtuelle : mannequins haute fidélité dont les organes réagissent aux gestes chirurgicaux, casques d’immersion, jeux vidéo d’apprentissage, avatar médecin... Les possibilités semblent infinies pour compléter et améliorer les cursus classiques des professionnels de santé.

Depuis 11 ans, le CHU d'Angers, en partenariat avec l'université d'Angers, abrite un centre qui a été en première ligne avec l'épidémie de covid pour former les soignants à prendre en charge les patients. Avec un maître mot : mieux gérer la communication entre les équipes, et à l'égard des patients.
 

Soudain, la fréquence cardiaque s'emballe….

Monsieur Deschamps est un mannequin dernier cri, ses organes réagissent aux gestes du chirurgien.

Le scénario de simulation est commandé par ordinateur. Comme au bloc, les professionnels aguerris doivent faire les bons choix : le patient fait un arrêt cardiaque, chaque seconde compte.

"C'est surtout les interactions qui sont permises avec les micros qui sont intéressantes, explique Pierre Baconnais, interne en cardiologie, au niveau de l'auscultation, c'est pas mal également".

Des opérations plus vraies que nature, ont lieu toute l'année dans ses murs. Mais aussi, au même moment, dans cet amphithéâtre, un jeu de rôle : ces élèves infirmières se préparent à intervenir devant des collégiens.

Elles pensent animer un atelier sur les écrans, mais une question d'actualité va les prendre de court.

"J'ai entendu dire que le vaccin Astra Zeneca donnait des caillots sanguins aux plus vieux, est-ce que c'est vrai ou faux ?", lance un collégien présent dans la salle.

Savoir réagir aux fake news dans le domaine de la santé : c'est l'objectif de cet exercice de simulation réalisé avec la complicité des collégiens.

Monsieur Deschamps, un mannequin dernier cri dont les organes réagissent aux gestes du chirurgien
Monsieur Deschamps, un mannequin dernier cri dont les organes réagissent aux gestes du chirurgien © France Televisions


Plus performants dans la prise en charge des patients

Mieux gérer sa communication auprès du grand public, une mission prise très à cœur par ces futures infirmières.

"Il faut quand même avant tout transmettre de bonnes informations surtout dans le cadre de notre futur métier", explique Léa Besnard, étudiante infirmière.

Pendant ce temps-là, Monsieur Deschamps, le mannequin, a été opéré avec succès. Et dans la salle de débriefing, les soignants refont le film de l'intervention. Aucune erreur technique n'a été commise, Mais des progrès sont possibles dans le travail en équipe.

On se rend compte que lorsqu'on est très clair avec tout le monde et que chacun sait ce qu'il doit faire, on est plus performant dans la prise en charge des patients

Antoine Poirier, interne en cardiologie au CHU d'Angers

Répéter des situations d'urgence, sans risques : c'est la formule gagnante du centre de simulation médicale au CHU d'Angers, le plus ancien de France.

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