Cinq mois de prison avec sursis pour un membre de l'Action française auteur d'une agression transphobe

Le tribunal correctionnel d’Angers vient de condamner à cinq mois de prison avec sursis l’auteur de violences physiques sur un.e jeune non binaire de 25 ans L'agresseur, un jeune homme de 18 ans, est membre du groupuscule royaliste d'extrême droite Action française.

Ce 15 octobre 2022, Sam, jeune non binaire de 25 ans, passe la soirée dans un bar de la rue Beaurepaire dans le centre-ville d’Angers.

Sorti.e fumer une cigarette avec des amis, le groupe est abordé par plusieurs personnes qui interrogent Sam sur sa possible transitude. Selon Sam qui ne se laisse pas faire, les propos sont déplacés et intrusifs. Iel préfère retourner dans le bar.

Plus tard, en fin de soirée, Sam et ses amis sont poursuivis puis rattrapés par le groupe de jeunes transphobes sur le pont du Centre. Sur la promenade Jean Turc, Sam se fait tirer les cheveux par son agresseur, est jeté.e à terre et est frappé.e. Des caméras de surveillance filmeront toute la scène.

L'agresseur s'est dit non homophobe

Le jeune agresseur, âgé de 18 ans, futur papa, est connu pour un être membre de l’Action Française. Un mouvement politique français nationaliste et royaliste d’extrême droite.

Lors de l’audience, il a assuré  "qu’il n’était pas homophobe et il a présenté ses excuses à la victime ". En revanche, il est resté mutique sur l’identique de ses complices. Ses propos n’ont pas vraiment convaincu le tribunal correctionnel d'Angers. Il a été reconnu  "coupable des faits de violences sans incapacité à raison de l’orientation sexuelle et à l’identité de genre de la victime ".

Il est condamné à cinq mois de prison avec sursis, avec cinq ans de mise à l’épreuve. Il a également interdiction d’entrer en contact avec Sam pendant trois ans et interdiction de porter une arme pendant cinq ans. Il détenait une arme blanche au moment de l’agression.

À l’annonce de ce jugement, Sam s’est dit "  satisfait de ces interdictions prononcées, mais très surpris de l’absence de l’obligation de suivre un stage de citoyenneté ".

Rares sont les victimes à déposer plainte  

En France, seules 5 à 10% des victimes osent déposer plaintes pour des faits d’homophobie ou de transphobie.

Dans un communiqué, l’association Quazar, centre lesbien, gay, bi, trans et intersexe +  d’Angers " se félicite que la circonstance aggravante ait été retenue par le tribunal à l’encontre de l’auteur des faits. Pourtant, bien que le motif d’identité de genre ait été évoqué à l’audience, le terme d’homophobie été mainte fois répété. Dans cette affaire, c’est bien une condamnation pour des faits de violences transphobes dont Sam a été victime ".