Colère des agriculteurs. Annonces gouvernementales, "une régression environnementale et sociale" pour la Confédération Paysanne

Ce jeudi 1er février, quelques heures après les dernières annonces de Gabriel Attal, la FNSEA et les Jeunes Agriculteurs ont appelé à suspendre les blocages. Un retour à la normale de la circulation est attendu dans les villes et endroits stratégiques bloqués depuis plusieurs jours. Réactions de quelques responsables syndicaux.

C'était un point de blocage stratégique et symbolique. Le pont de Cheviré, à Nantes, traversé chaque jour par plus de 100 000 véhicules. Mais en fin d'après-midi, jeudi, les agriculteurs ont levé le blocus.

Une suspension intervenue, à l'appel de la FNSEA et des JA, suite aux dernières annonces de Gabriel Attal.

Le pont de Cheviré a donc rouvert en fin d'après-midi vers 17h30 pour retrouver une circulation normale dès ce jeudi soir.

Mais les syndicats ne sont pas au diapason. Pour la confédération paysanne de Loire-Atlantique qui bloque la SCA Ouest à Saint-Etienne-de-Montluc depuis mardi, c'est en revanche une grosse déception.

Un combat et une lutte qui ne s'arrêteront pas demain. "Nous ne lèverons le camp que lorsque nous aurons obtenu quelque chose", explique Jean-François Guitton, de la Confédération paysanne 44.

"Toutes les annonces nous déçoivent, et nous rendent perplexes. C'est une régression tant environnementale que sociale. Toutes les mesures qui concernent l'allègement des normes sont en fait des mesures d'allégement des normes environnementales. On n'avançait déjà pas vite sur le sujet, mais là, on fait un gros pas en arrière", lance-t-il amer.

"Quant à l'exonération des cotisations sociales, pourquoi nous, paysans, aurions-nous une protection sociale au rabais ? Il n'y a aucune intention d'intégrer nos coûts de production dans les prix qui nous seront payés ! Les cadeaux n'ont été faits qu'aux riches, pas pour les petites fermes d'élevage".

"Enfin, quant à la loi Egalim, le problème est pris à l'envers. On va sanctionner par des amendes les grands distributeurs qui n'ont pas respecté la loi l'année passée au lieu de reprendre les négociations maintenant ou de les prolonger pour qu'on touche un prix juste en 2024 ! Là, on va devoir attendre un an les nouvelles négociations ? C'est incompréhensible".

Quid du fait que les deux syndicats FNSEA et JA aient eux choisi de lever les blocages ? Le paysan joue la carte de la résilience : "On est un peu plus seuls certes, mais cela nous laisse plus de champ médiatique pour être entendus et compris".

Retour à la normale

Pour Brice Guyau, président de la FDSEA de Vendée, le mot d'ordre national de son syndicat sera respecté et appliqué. "D'ici la fin de la journée, vous ne verrez plus d'agriculteurs de notre syndicat dans les rues. Ce sera un retour à la normale".

Le président de la FDSEA 85 explique qu'il "arrête les blocages pour passer d'une action physique à une action bureaucratique". Avec un intérêt certain.

"Nous allons enfin pouvoir mettre sur la table l'ensemble de nos contraintes locales, échanger de visu avec le préfet pour tendre vers plus de simplification administrative". 

Il donne un exemple très concret des attentes des agriculteurs vendéens : "Un collègue a mis trois ans pour obtenir un permis de construire d'un bâtiment agricole. Ça n'est plus possible. Il faut désormais que soient instaurées des dates butoirs".

Brice Guyau ne cache pour autant pas ses fortes attentes vis-à-vis de l'État et d'Emmanuel Macron.

"On attend avec impatience de voir si le président de la République va pousser l'ensemble de nos attentes au niveau européen. Nos enfants ne peuvent pas manger des produits qui ne sont pas faits en France. Il faut qu'il y ait des clauses miroir qui s'appliquent entre la France et les autres pays européens."

Malaise profond

Dans le Maine-et-Loire, le rassemblement et l'opération escargot organisée par près de 700 agriculteurs de la FDSEA 49 et des JA 49 a été surprise par l'annonce des deux syndicats nationaux de lever les blocages. 

Pour le président de la FDSEA 49, Emmanuel Lachaize, le temps est à la surveillance. Quitte à repartir de plus belle. Ici aussi, l'État et le gouvernement sont attendus au tournant.

"Le malaise est profond. On n'a pas vu chez nous un mouvement d'une telle ampleur depuis 2015. On reste déterminés. Mais on va faire en sorte de suivre, d'observer le terrain, pour voir ce qui va réellement changer dans les prochains jours pour nous. On attend beaucoup des hautes instances de l'État, qu'il s'agisse des maires, du préfet, des parlementaires".

Quant à Nathalie Pichaud, la présidente des JA 49, "on attend beaucoup, c'est un défi pour le renouvellement de notre profession, que les transmissions d'exploitation soient facilitées et les revenus dignes".

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