Angers : au procès du meurtre de Frédéric Guittard, les accusés campent sur leurs positions

Sixième jour d'audience devant la cour d'Assises d'Appel d'Angers du procès évoquant le meurtre de Frédéric Guittard. Meurtre qui avait eu lieu au Mans en juin 2015. Les proches des deux accusés sont venus témoigner ce lundi.

Touria Rafjaoui (à gauche) et Jean-François Ornano (à droite) dans le box des accusés au dessus de leurs défenseurs respectifs.
Touria Rafjaoui (à gauche) et Jean-François Ornano (à droite) dans le box des accusés au dessus de leurs défenseurs respectifs. © Valentin Pasquier

"Ça fait 18 ans que je le connais, je ne l'ai jamais vu se bagarrer".

Depuis Ajaccio, une femme, une proche de l'accusé témoigne. Cet homme qu'elle a bien connu avant qu'il ne refasse sa vie, qui est le père de sa fille, est soupçonné d'être derrière le meurtre de Frédéric Guittard. Le 29 juin 2015,cet homme de 51 ans était retrouvé mort, tué de trois balles dans le corps et la tête. "Je suis intimement convaincue que ce n'est pas lui qui a fait ça" affirme cette femme.

La défense de Jean-François Ornano n'a pas varié depuis le début de ce procès en appel à Angers. L'accusé répète qu'il n'a été que complice de ce meurtre, et que c'est son ex-compagne, Magalie Pinardaud, qui l'a perpétré. Elle n'est pourtant plus présente pour en parler : elle s'est suicidée avant le premier procès au Mans en 2019. Son absence en fait désormais l'accusée parfaite pour la défense.

Jean-François Ornano avait été condamné à 15 ans lors du procès en première instance pour le meurtre de Frédéric Guittard.
Jean-François Ornano avait été condamné à 15 ans lors du procès en première instance pour le meurtre de Frédéric Guittard. © Valentin Pasquier

Magalie Pinardaud était une jeune femme atteinte d'une maladie qui la fragilisait. C'est ce que ne cesse de rappeler l'accusation : comment cette jeune femme qui ne connaissait rien aux armes aurait-elle pu faire le poids face à Frédéric Guittard, un homme de plus d'1m80 pour quasiment 100 kilos ?

"Depuis quelques jours, on nous décrit Magalie comme une petite chose fragile, lance Maître Pascal Rouiller, l'avocat de l'accusé corse. Est-ce que c'est la vision que vous aviez d'elle ?" demande-t-il à cette femme qui garde une relation forte avec Jean-Fançois Ornano.

Cette dernière répond de façon affirmée, prête à défendre son ex-compagnon. "Si Jean-François ne me l'avait dit, je n'aurais jamais imaginé qu'elle avait un quelconque problème de santé."

Les avocats des parties civiles.
Les avocats des parties civiles. © Valentin Pasquier

L'une des témoins (une proche de Touria Rafjaoui, compagne de la victime et accusée de complicité) raconte quant à elle sa surprise quand Touria retrouve Mélissa, la fille qu'elle a eu avec la victime. C'est Mélissa qui a retrouvé Frédéric Guittard, mort dans l'appartement. Sa mère la mitraille alors de questions plutôt que de la réconforter.

Pendant les six mois qui ont suivi, Touria Rafjaoui n'a jamais évoqué l'existence du couple corse. Elle faisait en revanche part régulièrement de son inquiétude sur les questions d'argent, raconte la temoin.

L'avocat de l'accusée tente de lui faire dire qu'il s'agit d'un détail anodin. Il est vite repris par la Présidente : "Maître Noachovitch, prévient la présidente, je vais poser la question de façon neutre car à force de vous voir souffler les réponses, ça se voit !"

Ce mardi, les experts viendront éclairer les juges et les jurés sur la personnalité des accusés.

voir notre reportage au palais de Justice d'Angers

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Procès du meurtre de Frédéric Guittard devant la Cour d'Appel d'Angers

 

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