Maine-et-Loire : moins de bars à chicha, les producteurs de tabac fragilisés par la crise du coronavirus

Les producteurs de tabac ne sont plus qu'une dizaine en Maine-et-Loire. Alors que l'heure est à la récolte, les acheteurs ne se bousculent pas.
Récolte du tabac à Chemillé en Anjou, le 8 septembre 2020
Récolte du tabac à Chemillé en Anjou, le 8 septembre 2020 © Céline Dupeyrat / France Télévisions
Les producteurs de tabac en Anjou font un peu figure de derniers des mohicans. Aujourd’hui, ils ne sont plus qu’une dizaine à produire du tabac en Maine-et-Loire sur environ soixante hectares.

Pascal Socheleau, installé à Chemillé-en-Anjou est l'un d'entre eux. Une tradition, depuis que son grand-père "s’est mis à faire du tabac après la guerre", explique-t-il. "La génération de mes parents a continué. C’était du tabac brun à l’époque. On a opté pour le tabac blond en 2001."
Pied de tabac à Chemillé en Anjou (49), le 8 septembre 2020
Pied de tabac à Chemillé en Anjou (49), le 8 septembre 2020 © Céline Dupeyrat / France Télévisions
Pour cet éleveur de vaches laitières, la culture du tabac est un joli complément de revenus. Avec un rendement de quatre tonnes et demi par hectare, le chiffre d'affaires avoisine 17 000 euros par hectare. "Avec 6 à 7 000 euros de charges, cela laisse une marge confortable", confirme l'agriculteur.

Depuis la fermeture de l'usine France Tabac de Sarlat en 2019, spécialisée dans les cigarettes, la production française s'est tournée vers deux industriels allemands qui fournissent les bars à chicha du Moyen-Orient.

"Sa texture et sa chimie correspondent bien à la demande du tabac de chicha. Avec un kilo de tabac français, on peut faire six kilos de tabac à chicha alors qu’avec un kilo de tabac polonais, on n’en fait que trois", explique Pascal Socheleau.

Mais avec l'apparition du coronavirus, la plupart de ces établissements ont fermé, entrainant l'arrêt des commandes. Il y a un mois, pas un seul brin de la récolte n'était vendu. Les premiers contrats ont été finalisés il y a deux semaines, un soulagement.

"On devient vulnérable, même si nos clients ont une forte demande sur le tabac français", confirme Pascal Socheleau. Soumis aux aléas de la crise sanitaire, le marché n'a jamais été aussi incertain.

Quelle législation pour les bars à chicha ?

"Les établissements proposant à la vente et à la consommation sur place du tabac à narguilé sont encadrés par la réglementation relative à la consommation et la vente de tabac. L'article L. 3511-7 du code de la santé publique prévoit qu'il est interdit de fumer dans tous les lieux affectés à un usage collectif, quel que soit le statut juridique de l'exploitant (CA Dijon, 12 Octobre 2012). Un établissement passant outre cette interdiction est passible d'une amende prévue pour les contraventions de 3ème classe. Cependant, l'établissement peut prévoir des emplacements réservés aux fumeurs mais ces emplacements doivent alors respecter des conditions techniques spécifiques (extraction de l'air pollué, ouverture-fermeture automatique, surface…) destinées à éviter la diffusion des substances toxiques présentes dans la fumée du tabac aux autres locaux de l'établissement. Le non-respect de ces conditions d'installation est susceptible d'être sanctionné par l'amende prévue pour les contraventions de 4ème classe", peut-on lire sur le site du Sénat dans une réponse du Ministère des solidarités et de la santé publiée dans le JO Sénat du 24 janvier 2019 adressée à Pascale Borie, ancienne sénatrice du Gard.
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