Grève des urgences à Laval, en Mayenne : "ne rien dire c’est consentir"

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Écrit par Fabienne Even
Le service des urgences de l'hôpital de Laval est en grève depuis le 9 octobre 2021
Le service des urgences de l'hôpital de Laval est en grève depuis le 9 octobre 2021 © France Télévisions

Sur les réseaux sociaux, ses vidéos "ma vie aux urgences" dénoncent la dégradation des conditions de travail en raison de la pénurie de médecins et de lits. Les mots de la chef des urgences de l’hôpital de Laval s’adressent directement au ministre de la Santé, Olivier Véran. Elle lui demande d’agir.

"Ne rien dire, c’est consentir, et vous Monsieur Véran, à votre niveau ne rien faire c’est de l’abandon de population, de la non-assistance à personne en danger. S’il vous plait, ayez le courage de relever le défi de la santé. Merci".

Les mots sont forts, à la hauteur de l’inquiétude des soignants du centre hospitalier de Laval. Plus étonnant, ils sont prononcés par la responsable du service des urgences de l’hôpital, Caroline Brémaud, médecin urgentiste.

Depuis quelques jours elle poste sur les réseaux sociaux des vidéos décrivant le quotidien des soignants du service des urgences de l’hôpital, qui doivent en permanence jongler avec le manque de médecins et de lits pour accueillir les patients.

"Aujourd’hui, cette vidéo, monsieur Véran, est pour vous", dit-elle en préambule d'une vidéo publiée le 17 octobre dernier, dans laquelle elle demande notamment "l’activation de la réserve sanitaire pour les services des urgences les plus démunis. Je demande aussi de revenir sur la liberté d’installation, je demande l’ouverture de lits dans les hôpitaux et dans les Ehpads."

La Mayenne, troisième désert médical de France

En grève depuis le 9 octobre, le service des urgences de Laval, fait face à une carence de moyens mais aussi à la spécificité du département de la Mayenne, troisième désert médical de France où un tiers de la population n’a pas de médecin traitant.

"On ne peut pas considérer la problématique des urgences sans prendre en considération le flux d’amont et le flux d’aval, donc le nombre de lits. Les déserts médicaux expliquent que l’on a un flux plus important aux urgences, parce que les patients n’ont pas de recours à leur médecin traitant", confirme Caroline Brémaud.

Cet été, la fermeture de certains services d'urgences avait contraint à une réorganisation des SMUR en Pays de la Loire. Si l'une des raisons invoquées pour expliquer la pénurie de médecins, était leur mobilisation sur les centres de vaccination contre la Covid-19, celle-ci n'est plus d'actualité en ce début d'automne.

Le manque de personnels dans les structures hospitalières, notamment en zone rurale, devient criant et les premiers à en pâtir sont les patients.

Lors des questions d’actualité au Gouvernement mardi 19 octobre, Guillaume Garot, député socialiste de la Mayenne, a interrogé le ministre de la Santé.

"Nos territoires, nos hôpitaux, nos urgences ont un besoin absolu de médecins, pas dans cinq ans, pas dans deux ans, maintenant, aujourd’hui. Monsieur le ministre, quand le gouvernement va-t-il enfin prendre à bras le corps cette inégalité majeure des citoyens face à la santé ?"

Caroline Brémaud en appelle au courage des hommes et femmes politiques pour engager des réformes au long cours.

"Il faut des réformes à court terme pour nous aider à sortir la tête de l’eau et il faut aussi des réformes à moyen et long terme pour changer les choses. Il ne faut pas des mesures pansements, il faut une réforme totale et complète du système de santé en France."

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