"Je vais te faire mal", depuis lundi, la polémique grossit autour des propos violents du coach du Stade Lavallois, François Ciccolini, à l'encontre d'un journaliste de France Bleu Mayenne. La radio vient de dévoiler des enregistrements édifiants. Le coach s'est excusé.
Mauvaise journée pour le Stade Lavallois. Alors que l'équipe de Mayenne a lourdement cédé face à Clermont-Ferrand (0-3), mardi soir, au 1er tour de la Coupe de la Ligue, France Bleu a dévoilé dans la même soirée l'enregistrement édifiant des propos violents tenus par l'entraîneur de l'équipe, François Ciccolini, envers l'un de ses journalistes.
"Je vais te faire mal", "Tu veux que je te déboites?", "Je vais peut-être te frapper la tête par terre" : les menaces sont d'une rare violence. Sur l'enregistrement publié, ce mardi soir, par France Bleu Mayenne, on peut entendre le journaliste, Martin Cotta, avoir un échange avec François Ciccolini, coach du Stade Lavallois, à la suite du match perdu face à Boulogne-sur-Mer, vendredi 10 août.
J'ai ce qu'il faut, je vais te frapper d'un coup de crosse à la tête - François Ciccolini
La discussion tourne mal alors que le journaliste pose ses questions sur la stratégie de l'entraîneur et sur la composition de son équipe. L'ancien coach de Bastia, à Laval depuis deux mois, s'emporte : "Tu me pose toujours de mauvaises questions, je vais te parler mal". Il commence ensuite à intimider son interlocuteur, et profère des menaces verbales sur son intégrité physique pendant plusieurs minutes, face à un journaliste qui s'excuse.
► L'enregistrement complet, publié sur le site de France Bleu MayenneTu n'as jamais vu un journaliste avec des sparadraps sur la tête ? Parce que tu vas peut-être en voir un dans 3 minutes
Le journaliste a porté plainte lundi au commissariat de Laval. La société des journalistes de Radio France a apporté son soutien au journaliste, alors qu’une rencontre avec la direction du club mayennais et François Ciccolini est prévue vendredi. L'USJSF (l'union des journalistes sportifs en France), elle aussi, condamne ces menaces dans un communiqué.
La question posée a été ressentie comme une agression directe et une défiance au professionnalisme de l’ensemble du staff. - le Stade Lavallois
De son côté, le coach Ciccolini s'est excusé, ce mercredi en fin de matinée, via un communiqué du Stade Lavallois. "Ses paroles ont dépassé sa pensée", écrit le club.
Mardi, une réponse à l'article de Ouest France, qui a en premier révélé l'affaire, a également été publiée sur le site internet du club mayennais. Il y est abordé le contexte de la rencontre, une interview réalisée "en dehors du cadre protocolaire". "Ceci est une règle qui n’a pas été respectée par ces journalistes qui souhaitaient probablement récolter une réaction à chaud et à la sortie de notre match perdu sur les terres boulonnaises. (...) Le coach a donc très mal accueilli les questions posées, il est le garant des valeurs du groupe. Il l’a fait savoir laconiquement."
Le communiqué du Stade Lavallois ... #foot pic.twitter.com/SX741KL8vU
— Martin Cotta (@Cotta_Martin44) 14 août 2018
Le coach du club mayennais va également être convoqué par la commission de discipline de la Fédération Française de Football, après sa saisie par le Conseil National de l'Ethique. Celui-ci précise qu'"en ce début de saison 2018-2019", il souhaite "rappeler aux différents acteurs du football, son attachement aux principes inscrits dans la charte d’éthique et de déontologie du football, parmi lesquelles le respect, la maîtrise de soi et l’exemplarité."
Éliminés de la Coupe de la Ligue après leur défaite contre Clermont-Ferrand (0-3), de mardi, les Tangos retrouveront néanmoins le championnat national dès vendredi, à domicile, face à Bourg-en-Bresse.