REPLAY. Municipales 2020 à Laval : ce qu'il faut retenir du débat Bercault-Pillon d'avant-second tour

Deux candidats se disputent la mairie de Laval pour ce second tour des élections municipales 2020. Sur le plateau de France 3 ce 24 juin, Florian Bercault (DVG) et Didier Pillon (DVD) ont vertement débattu de leurs projets pour le chef-lieu de Mayenne, en compagnie de Virginie Charbonneau.

Florian Bercault et Didier Pillon s'affrontent au second tour pour gagner la mairie de Laval (Mayenne). Réponse le 28 juin !
Florian Bercault et Didier Pillon s'affrontent au second tour pour gagner la mairie de Laval (Mayenne). Réponse le 28 juin ! © Sandrine Quéméneur / FTV

La campagne municipale à Laval est tout sauf un long fleuve tranquille. Pourtant, à l’automne 2019, tout semblait en place pour permettre la réélection du maire (UDI) François Zocchetto, élu en 2014.

Mais début décembre, un coup de tonnerre a frappé le paysage politique mayennais : rattrapé par une affaire d’agression sexuelle présumée, François Zocchetto est contraint de jeter l’éponge. On recherche alors un candidat parmi les adjoints pour reprendre le flambeau à trois mois des élections. C’est finalement l’un de ceux qu’on attendait le moins qui est choisi : Didier Pillon, en charge de la culture.

Un casting inédit

La campagne est relancée avec un casting totalement inédit. Chez EELV, on change de tête de liste en cours de campagne : Isabelle Eymon, connaisseuse des dossiers mais très peu à l’aise pour les défendre en public, porte les couleurs vertes. À gauche, Florian Bercault, non encarté au PS mais proche du parti, est désigné tête de liste. Inconnu à Laval, il laboure le terrain et tente de combler son déficit de notoriété.

Au premier tour, Didier Pillon arrive en tête (40,8 %) mais ne crie pas victoire. Car les listes de Florian Bercault et Isabelle Eymon, respectivement arrivées 2e (33,8 %) et 3e (17,6 %), se sont entendues pour fusionner dès le lendemain des résultats, fusion réalisée à partir "de deux tiers de ma liste et un tiers de celle de Mme Eymon" explique Florian Bercault sur le plateau de France 3 ce 24 juin. Même si la politique n’est jamais de l’arithmétique, le cumul de leurs deux scores les met en position de l’emporter.

Difficile pronostic

Le Covid-19 met entre parenthèses la campagne, qui reprend immédiatement fin mai. Les deux têtes de liste encore en lice, Didier Pillon et Florian Bercault, ne se font pas de cadeaux. Aux échanges acides sur les réseaux sociaux et aux affiches taguées se sont ajoutées des accusations de vouloir soutirer une procuration à un Lavallois âgé, suite au témoignage de sa fille sur France Bleu Mayenne. La campagne est tendue et le second tour risque d'être très serré.

Sur l'affaire des procurations, Didier Pillon se justifie : son équipe a mené une campagne d'appels téléphoniques à défaut de pouvoir faire du porte-à-porte pour des raisons sanitaires. Mais "jamais quelqu’un de la liste ne peut faire cette procuration, il faut aller à la police, rappelle-t-il. On a proposé à son père de l’emmener, s’il le souhaitait, aller faire sa procuration au commissariat." Florian Bercault a saisi le préfet de Mayenne. "Ce qui est important pour moi, c’est que les votes soit issu d’un libre consentement," explique-t-il.

L'après-Covid-19

Pour soutenir l'emploi, face au chômage qui a augmenté de 30 % en avril en Mayenne, Didier Pillon veut créer une maison pour l’Emploi dans le quartier Saint-Nicolas, destinée à instaurer un "lien direct entre les entreprises et les jeunes", et un parcours pour l’emploi à destination des jeunes. Il préconise aussi la mise en place de "cahiers de vacances" pendant l'été, un service municipal gratuit qui se déroulerait en classe avec des accompagnants bénévoles pour rattraper les cours manqués pendant deux mois.

Pour son concurrent de gauche, la relève ne peut s'effectuer qu'en mobilisant "les services de l’État, de l’agglomération pour trouver aux jeunes des stages, des apprentissages". Il souhaite mettre en place "une cantine à un euro", "organiser une veille éducative pour lutter contre le décrochage scolaire", mais aussi un meilleur accompagnement de la Ville pour lutter contre l’isolement des plus âgés.

Adapter les bus, plus de vélo

S'il est élu, Florian Bercault entend expérimenter les transports en commun gratuits le week-end. Didier Pillon ne trouve pas cette promesse utile, et préfère "des bus à la demande". Il s'explique : "c’est adapter les bus en fonction des besoins de la demande. Il faut imaginer des petits bus que les chauffeurs conduiraient aux heures creuses. Il faut plus de fréquences, améliorer les horaires et étendre les lignes dans l’agglomération".

Les deux candidats s'entendent sur le développement du vélo à Laval. Florian Bercault attaque l'adjoint sortant. "Il faut écouter les utilisateurs de vélo, sortir de la politique de la bande cyclable à contre-sens faite à la va-vite, souligne le jeune candidat. Il faut aux Lavallois de nouvelles pistes cyclables sécurisées".

Les chantiers du centre ville

Le grand projet de Florian Bercault, c'est de rénover la place du 11-novembre. Le chantier, estimé à 12 millions d'euros, doit faire du point névralgique de Laval un carrefour pour vélos et automobiles, "mais aussi un endroit agréable, avec un kiosque à informations touristiques, un petit ponton et des halles commerçantes. C'est un projet solide et finançable". Il compte notamment sur 5 millions accordé par l'État à travers le programme Coeur de ville.

Son adversaire le tempère. À cause de la crise sanitaire, lui et sa liste compte réaliser "des halles plus petites que ce qui était envisagé à la base, des halles évolutives en fonction de la santé des commerces. Construire qulque chose de nouveau me paraît aujourd’hui inopportun. J’ai choisi avec mes colistiers de réduire la voilure sur les projets. (…) Tant qu’on n’a pas l’argent de l’État, il ne vaut mieux pas engager de travaux." Lui préfère concentrer le budget travaux publics sur la réfection des trottoirs, demande constante, selon lui, des Lavallois.

La ville, habituée à basculer de gauche à droite et vice versa d’une élection à une autre, choisira-t-elle la continuité avec l’héritier de François Zocchetto ? Ou le retour à la gauche avec Florian Bercault, soutenu très activement par l’ancien maire et actuel député socialiste Guillaume Garot ? Même les plus fins observateurs lavallois ne s’aventurent pas à un pronostic.

Le débat en intégralité

Les candidats en plateau

Les résultats du premier tour

Didier Pillon en tête à Laval
Didier Pillon en tête à Laval © France Televisions

 

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